La nomination à Matignon d’Édouard Philippe, ancien d’Areva, inquiète les écolos

La nomination à Matignon d’Édouard Philippe, ancien d’Areva, inquiète les écolos

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Par Cyrielle Bedu

Publié le

Le dossier des mines d’Areva au Niger

Comme le rapportait en 2009 une enquête de Charlie Hebdo (que remet en avant le site de l’association Sortir du nucléaire), Édouard Philippe était à l’époque où il travaillait pour Areva “chargé des relations avec les élus”. Il était donc lobbyiste pour le groupe nucléaire français – dont l’État est en grande partie actionnaire. C’est dans ce cadre qu’il a travaillé auprès d’élus de l’Assemblée nationale chargés du dossier des mines d’Areva au Niger. [Édouard Philippe] a donc défendu les actions d’une entreprise qui, au Niger, a pollué irréversiblement les territoires des peuples autochtones et baigné dans les scandales financiers”, rappelle un communiqué de Sortir du nucléaire.
Édouard Philippe n’aurait cependant pas été mouillé dans le scandale Uramin (une affaire complexe et passionnante à découvrir dans son intégralité dans ce webdocumentaire très complet d’Arte, ou dans ce dossier de Mediapart). “Jamais je n’ai vu surgir le nom d’Édouard Philippe dans ce dossier, assure à Reporterre Vincent Crouzet, auteur de l’enquête Un scandale atomique : UraMin/Areva, l’hallucinante saga d’un scandale d’État. Même son de cloche du côté du JDD : “Les services [de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique] ont notamment vérifié si, à cause de ses fonctions de directeur des affaires publiques d’Areva, entre 2007 et 2010, Édouard Philippe avait été cité dans le cadre de l’enquête judiciaire en cours sous la présidence d’Anne Lauvergeon. Réponse négative”.
Pour autant, selon Vincent Crouzet,“il était au contact du directoire et de [la présidente d’Areva] Anne Lauvergeon pendant trois ans. Il a nécessairement eu connaissance de certains détails de cette affaire et de ses conséquences”.

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Contre la loi de transition énergétique

Sur France Info, Charlotte Mijeon, porte-parole de Sortir du Nucléaire, s’interroge sur la future politique environnementale du nouveau Premier ministre :

“En tant que député du Havre, [Édouard Philippe] a voté contre la loi de transition énergétique et contre la loi sur la biodiversité”.

La loi énergétique, adoptée le 22 juillet 2015, était pourtant LA loi environnementale de François Hollande, l’un des grands chantiers de son quinquennat. Comme l’indiquait à l’époque Le Monde, les 66 articles de cette loi qui a été difficile à faire passer “dessinent pour le milieu du siècle un système énergétique plus sobre, plus durable et moins nucléarisé”.
En tant que Premier ministre, Édouard Philippe appliquera-t-il donc avec entrain le programme environnemental d’Emmanuel Marron, qui prévoit notamment de passer d’une énergie qui dépend à 75 % du nucléaire à une énergie qui en dépend à 50 %, ou encore de confirmer la fermeture de la centrale de Fessenheim ?


À lire -> Qui est Édouard Philippe, le Premier ministre d’Emmanuel Macron ?