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Étudiant algérien en Ukraine réfugié en France, Alaedine risque l’expulsion

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Il y a 4 mois

Jusqu’au mois de mars 2022, Alaedine Ayad était doctorant en microélectronique-photovoltaïque à l’université de Kyiv, en Ukraine. Lorsque les Russes sont entrés dans Irpin, où il vivait, il a décidé de fuir vers la France.

Le jeune homme justifie son choix d’expatriation dès les premiers échanges : “En Algérie, je ne pouvais pas continuer dans mon domaine [d’études], parce qu’il n’existe pas. J’étais obligé de partir.” Vers l’Ukraine, donc, où il obtient sa carte de résident à l’automne 2021 et l’acceptation de sa thèse par l’université de la capitale.

Interviennent alors les premiers bombardements. Fuir vers la France semble la solution la plus raisonnable, qu’il croit nécessaire de justifier à nouveau : “J’ai de la famille ici, en France. Mon grand-père y a vécu toute sa vie. Il est même enterré dans un cimetière français.”

Administrativement, l’accueil des étudiants étrangers venus d’Ukraine relève du feuilleton. Arrivés en mars, Alaedine et plusieurs autres étudiants ont obtenu de la préfecture la protection temporaire d’une durée d’un mois (à la différence des réfugiés de nationalité ukrainienne qui disposent d’une protection de six mois). Il ne leur est pas possible d’obtenir un permis de travail. Au bout d’un mois, Alaedine et ses camarades ont dû signer un refus de prolongation de protection temporaire. On leur a demandé, pour tenter d’obtenir un visa, de revenir en possession de promesses d’embauche ou d’inscriptions à une université pour l’année 2021-2022.

Il a obtenu de la Sorbonne cette inscription, dans un programme de diplôme universitaire de retour aux études supérieures des personnes exilées. En la justifiant à la préfecture, on lui demande de nouvelles preuves administratives, pour l’année à venir : “Personne n’avait parlé de ces papiers. La préfecture me demande maintenant de ramener une inscription universitaire de l’année 2022-2023, la preuve d’un revenu, une adresse…”

Alaedine s’est vu donner un mois seulement pour l’obtention d’une inscription universitaire pour la rentrée prochaine. Ce qu’il décrit comme un paradoxe administratif : “J’ai essayé de contacter les universités, les inscriptions ne sont pas encore ouvertes. […] La préfecture demande l’inscription, et les universités disent qu’ils ne peuvent pas la fournir maintenant.”

Sans ces documents, Alaedine craint de recevoir une OQTF, soit une obligation de quitter le territoire français. Plusieurs étudiants étrangers arrivés d’Ukraine ont déjà reçu ce document.

Le Poing Levé, organisation étudiante parisienne qui accompagne ces étudiants, qualifie cet accueil de tri raciste. Les militants réclament l’inscription sans délai des étudiants étrangers exilés d’Ukraine, au même titre que les étudiants d’origine ukrainienne.

Alaedine Ayad, quant à lui, demande sa régularisation et celle de ses camarades, alors que le mois de délai octroyé par la préfecture pour obtenir une inscription universitaire arrive à échéance.

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