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Votre prochain tweet pourrait bien être le dernier

Publié le

par Julie Morvan

La fin de Twitter approche peut-être à grands pas…

Votre prochain tweet pourrait bien être le dernier

© Akshar Dave/Unsplash

Quoi, Twitter se meurt ? Bientôt la fin des threads instructifs, des partages de mèmes, de mystérieux émojis et autres craquages en général pour à peu près n’importe quelle raison ? En tout cas, du côté des twittos, ça boude de plus en plus la plateforme… qui se retrouve quasi désertée. C’est le constat de l’étude “Where Did the Tweeters Go?” (en français : “Où sont passé·e·s les twittos ?”), relayée par Reuters.

Le cœur de Twitter ne bat plus pareil

Cette étude prend le pouls des “gros twittos”, celles et ceux qui se connectent pratiquement tous les jours et tweetent trois à quatre fois par semaine. Le drama, c’est que ces dernier·ère·s sont en “déclin absolu” depuis le début de la pandémie.

Pire encore : des thèmes comme la cryptomonnaie ou le contenu pour adulte – 13 % de tout le contenu partagé sur Twitter – ont pris le dessus sur l’actualité, le (e-)sport et le divertissement chez les anglophones sur la plateforme. Idem du côté de la mode et de l’actu people : exit les fans de la famille Kardashian, tou·te·s parti·e·s de Twitter pour rejoindre Insta ou TikTok.

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La “crise de la quarantaine” des réseaux sociaux

Alors, pourquoi la plateforme de microblogging est-elle en train de se transformer en “Où est Charlie ?” géant ? Parce que les réseaux sociaux en général sont en train de traverser une phase très délicate à base de crise existentielle, ou “crise de la quarantaine”, comme l’écrit Ryan Broderick dans sa newsletter GarbageDay.

En bref, nos réseaux sont en train de changer et se divisent progressivement en deux camps : les applications sociales, pour rencontrer de nouvelles personnes, et les applications de réseau, où l’on reste entre proches. C’est d’ailleurs le génie d’applis comme BeReal ou TikTok, qui se basent sur les contacts de notre répertoire et ont un contenu immédiatement identifiable entre mille, explique Broderick.

À première vue, c’est aussi le cas de Twitter : les tweets se font peut-être plus rares mais on les repartage toujours autant, compilés sur TikTok, screenés pour Instagram, parcourus en live sur Twitch, utilisés à gogo par Squeezie pour ses threads horreur légendaires, et même sélectionnés par nos soins pour notre format mythique du “grand n’importe quoi”… Et avec ses codes graphiques et textuels ultra-reconnaissables, sa messagerie, on pourrait penser que Twitter aussi vieillit bien.

Au boulot, les modos !

Qu’est-ce qui empêche donc Twitter de vivre une belle vie de quadra ? Tout simplement la modération, affirme Broderick : “Twitter n’a jamais été capable de gérer le fait que ses utilisateur·rice·s détestent l’utiliser et se détestent aussi entre eux.” Outch.

Il faut dire que de nombreuses personnes ont dénoncé une certaine “toxicité” de Twitter, et l’ont délaissé pour d’autres plateformes, jugées plus “bienveillantes”. Cette impression s’explique par l’absence de frontière entre les twittos. Si personne n’a le même feed dans ses “Pour toi” sur TikTok, et que les utilisateur·rice·s de Reddit filtrent aussi leurs contenus en automodérant à coup de upvotes et downvotes, sur Twitter, c’est le néant. Tout le monde tombe sur les mêmes publications, les mêmes hashtags en tendance… sans aucune contextualisation.

On se transforme alors en véritable détective, à remonter les traces du tweet viral, à retrouver la source de telle ou telle trend, sérieuse ou totalement loufoque. Et ça, beaucoup en ont eu assez, surtout lorsqu’il devient impossible de se renseigner sur l’actualité sans se perdre dans les méandres de délires incompréhensibles.

Alors, oui, Twitter est encore privilégié par certaines professions dans le secteur des médias, par exemple, mais soyons honnêtes : c’est surtout lorsqu’une panne frappe un autre réseau social que l’on se rue sur la plateforme pour vérifier ce qui se passe. Twitter devient lentement un éternel “numéro 2”, la cinquième roue du carrosse social… et pourrait bien connaître le même – tragique – destin que notre regretté Vine. Vole haut, petit ange.


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