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The Last of Us : pourquoi le jeu vidéo d’origine ne pourra jamais être surpassé

Publié le

par Pierre Bazin

Ou pourquoi n’importe quelle manette sera plus immersive que le meilleur plan-séquence.

The Last of Us : pourquoi le jeu vidéo d’origine ne pourra jamais être surpassé

C’est probablement la série la plus attendue de ce début d’année : The Last of Us s’est enfin dévoilée au grand public, et qui plus est, juste à temps en France sur Prime Video. Adaptée du célébrissime jeu culte éponyme sorti il y a dix ans, la série est dirigée par Neil Druckmann, déjà directeur créatif de la franchise vidéoludique.

Le premier épisode est sorti et les critiques sont d’ores et déjà dithyrambiques, qu’elles viennent de la presse ou du public. Et c’est honnêtement mérité : les acteurs excellent dans leur rôle, les décors sont superbes, l’histoire fait parfaitement sens et les enjeux sont très bien posés dès le premier épisode.

Dix heures de série valent-elles dix heures de jeu ?

Ceux qui ont joué au(x) jeu(x) composent probablement la frange la plus exigeante de l’audience, surtout quand on sait que l’adaptation de franchises vidéoludiques sur petit ou grand écran a fait de sacrées taches dans l’histoire du 7e comme du 10e art.

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Mais là encore, Neil Druckmann ne s’est pas trompé. L’adaptation est parfaite, presque trop même oserions-nous dire. Et en même temps, l’avantage de s’attaquer à un jeu comme The Last of Us, qui est de base extrêmement cinématographique et linéaire, c’est éminemment plus naturel qu’adapter un jeu de plateforme comme Sonic ou un rail shooter comme The House of the Dead – plus jamais le film d’Uwe Boll, plus jamais.

Le premier épisode de The Last of Us, d’un peu plus d’une heure, est presque une copie, mot pour mot, image par image de la… première heure de jeu. Un parallélisme que les fans n’ont pas manqué de relever :

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Il y a évidemment des ajouts, un peu plus de contextualisation, de renforcement de caractères et relations, mais grosso modo, la série semble avancer au quasi même rythme que le jeu. C’est d’ailleurs là-dessus qu’on s’interroge. Pour finir le jeu The Last of Us, si vous foncez tout droit, que vous ne passez pas les cinématiques et que vous n’avez aucun game over, vous mettrez une dizaine d’heures. La série HBO, elle, est divisée en neuf épisodes pour une durée finale équivalente – voire peut-être même un peu plus longue.

Pourtant, le jeu vidéo restera toujours plus efficace pour vous happer dans l’histoire – et les émotions, comme dirait Zizou.

Le meilleur acteur ne remplacera pas une manette

Attention, les lignes qui suivent contiennent des spoilers du premier épisode de la série et a fortiori de la première heure du jeu The Last of Us.

La scène d’introduction, parlons-en. Redoutée par ceux qui avaient joué au jeu, la mort de Sarah a été adaptée en live action. La fille de Joel qui se fait abattre par un soldat est un événement qui marquera à jamais le personnage incarné par Pedro Pascal. Dans la série, la scène arrive après plus de trente minutes d’intrigue.

Dans le jeu, c’est directement au bout de quatorze petites minutes, deux fois moins de temps de s’attacher aux personnages pour qu’on assiste finalement, impuissants, à cette traumatisante cinématique – et juste avant que le titre du jeu apparaisse. Et pourtant… le jeu reste toujours aussi efficace, si ce n’est plus.

Les ajouts dans la série sont pourtant bienvenus, que ce soit la scène d’intro qui anticipe et explique scientifiquement l’infection au cordyceps chez les êtres humains ou ces petites scènes de vie quotidienne dans la dernière journée de Sarah. L’empathie doit être créée et une demi-heure est bien nécessaire dans une série pour pouvoir ensuite tirer quelques larmes – vrai gamer pleure dix minutes avant.

Mais le jeu vidéo a fondamentalement quelque chose que n’aura jamais la série : c’est un jeu. Le médium est actif contrairement au visionnage d’une série (et ne me parlez pas de Bandersnatch). Lorsque vous contrôlez, manette de PS4 en main, Joel portant Sarah, que vous vous démenez avec quelques QTE contre les premiers infectés dans une ville en feu, l’immersion fait déjà effet. Vous êtes directement lié au personnage car vous le contrôlez, vous jouez votre personnage.

Alors bien sûr, quand, au bout de quatorze minutes, vous perdez le contrôle de la situation et assistez au meurtre de votre jeune fille tout en martelant votre manette désormais inutile : vous deviene fou. Car c’est ça la force du jeu vidéo : vous donnez le contrôle et vous le retirez violemment au gré du créateur.

Soyons clairs, n’y voyez aucun reproche à la série. Pour le moment, le premier épisode semble rendre grâce à l’œuvre originelle, et les ajouts ici et là sont parfaitement intégrés. J’ai très hâte de voir les partis pris de la série tout comme chaque explication supplémentaire, même si j’ai platiné le jeu et donc que j’ai lu absolument toutes les petites entrées de journal facultatives qui nous en apprenaient plus sur le lore de The Last of Us.

En réalité, regarder The Last of Us, c’est aussi se remémorer toute la beauté du jeu de base et même du jeu vidéo en général, de la puissance immersive qu’apporte le fait de tenir une simple manette. Et pour ça, merci.