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Selon Oxford, le jeu vidéo serait bénéfique pour votre santé mentale

Selon Oxford, le jeu vidéo serait bénéfique pour votre santé mentale

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Par Pierre Bazin

Publié le

Bon après si vous jouez à Amnesia et Phasmophobia, c'est pas dit.

Elle semble loin l’époque où l’Organisation mondiale de la santé pointait du doigt la supposée “addiction aux jeux vidéo”. Tandis que la distanciation physique est de rigueur depuis des mois tout autour du globe, l’OMS fait marche arrière : le loisir vidéoludique est désormais vu comme un bienfaiteur.

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Aujourd’hui, c’est une étude de l’université d’Oxford qui vient soutenir le jeu vidéo. Cette collaboration académique et scientifique est inédite car… elle s’appuie sur des données de jeu réelles et empiriques – ce qui laisse planer de gros doutes sur la légitimité des autres “études” sur la pratique.

Animal + Crossing = Bonheur²

Les universitaires se sont particulièrement penchés sur le titre Animal Crossing: New Horizons sur Nintendo Switch cet été. Avec plus de 26 millions de copies écoulées, le jeu devrait bientôt dépasser Mario Kart 8 Deluxe, qui reste pour le moment le plus vendu sur Switch. Sur une autre ambiance, Oxford a également étudié les pratiques sur le jeu édité par Electronic Arts, Plants vs. Zombies: Battle for Neighborville.

Les résultats semblent être particulièrement flagrants puisque les personnes ayant déclaré jouer ont exprimé beaucoup plus de signaux de “bien-être” que celles ne jouant pas. Le professeur Andrew Przybylski, chercheur principal du projet, explique ainsi à The Guardian :

“C’est avant tout pour introduire les jeux dans le giron de la recherche en psychologie sans que ce ne soit un feu de poubelle. […] Cela nous permet d’expliquer et surtout de comprendre les jeux comme une activité de loisir.”

La tâche n’est pas si simple puisque le professeur a été lui-même surpris du peu de données de joueurs et joueuses auxquelles les sociétés éditrices avaient accès. Les données empiriques sont manquantes et, de fait, toutes les études portées sur le jeu vidéo seraient, jusque-là, lacunaires, selon Przybylski. Il précise ainsi que les premiers résultats de leurs travaux ne sont pas destinés à donner carte blanche aux jeux vidéo :

“Je suis convaincu que si la recherche se poursuit, nous en apprendrons davantage sur ces choses que nous considérons comme toxiques dans les jeux vidéo.”

Pour le moment, l’étude a été portée sur des jeux assez “familiaux”, mais elle devrait être élargie aux titres plus populaires, y compris les titres dits “violents” (FPS, jeux de combat, etc.). L’équipe d’Oxford espère faire bénéficier toute la communauté scientifique de leurs travaux, y compris pour démêler des sujets aussi complexes que la prétendue “addiction aux jeux vidéo” consacrée par l’OMS.

Sur cette question, Przybylski est d’ailleurs assez sceptique. Il estime que cela dessert la légitimité de l’OMS quand des conclusions aussi hâtives sont faites sans données réelles pour les corroborer : “D’un coup, ils se réveillent et se disent ‘Tiens, cette chose que font 95 % des adolescents ? Ouais, c’est addictif en fait ! Ah non, on n’a pas de données…’ Ça n’a pas de sens !”