Je ne crois pas à l’astrologie et pourtant j’utilise l’appli Co-Star au quotidien

Je ne crois pas à l’astrologie et pourtant j’utilise l’appli Co-Star au quotidien

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© CoStar application

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Par Emma Couffin

Publié le

Je vous explique comment ce réseau social de l’astrologie a (un peu) changé ma vie.

C’était un mardi soir a priori banal, au beau milieu de l’année 2021. C’était donc un mardi plutôt triste. La pandémie, la déprime liée aux cours, et pour ne rien arranger le stress du mémoire. En pleine conversation déprimante, Laura, une amie, retrouve un peu d’énergie : “Vous en pensez quoi de l’appli d’astrologie Co-Star ?” Hugo, un autre ami, répond qu’il ne peut plus s’en passer. Noé, le dernier compère, ne connaît pas l’appli et ne veut rien savoir : “L’astrologie, c’est de la merde, ça ne sert à rien.”

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De mon côté, je ne sais pas quoi dire. L’astrologie, je n’y crois pas trop. Mais toutes les solutions sont bonnes pour égayer 2021. Je n’ai rien à perdre à tenter le coup. À rebours de mes convictions, je décide d’installer Co-Star, dont je n’avais jamais entendu parler.

Premiers pas dans l’univers parallèle de Co-Star

Après avoir renseigné mon pseudo, ma date, mon lieu et mon heure de naissance, mon profil est instantanément créé. D’un coup, me voilà catapultée dans mon horoscope et dans Co-Star. Il s’agit d’un réseau social basé sur l’astrologie. Il permet de consulter quotidiennement son actualité astrologique, mais pas que ! On peut ajouter ses proches, consulter leurs actualités et voir si on est compatibles ou non. On le décrit souvent comme le Facebook de l’astrologie.

Je ne vais pas vous mentir, ce qui m’a attirée en premier lieu, c’est le design épuré de l’application. Rien que l’icône, déjà. Oubliez le rose flashy d’Instagram ou le bleu ciel de Twitter ! Oubliez le kitsch généralisé. Quelques dessins de planètes, d’oiseaux et de pierres précieuses habillent sobrement les différentes thématiques. Des graphismes monochromes qui donnent de la crédibilité aux données astrologiques.

Une fois Co-Star ouverte, l’utilisateur peut naviguer entre deux sections principales. D’un côté, on a le “profil”, qui correspond à un horoscope quotidien personnalisé dans six catégories distinctes : “self” (le rapport à soi), “sex & love”, “thinking & creativity”, “routine” (le rapport au quotidien), “spirituality”, “social life”. Vous l’aurez remarqué, tout est en anglais.

Côté “amis”, je peux voir si je suis compatible ou non avec eux dans ces différentes thématiques, en fonction de leurs signes respectifs, (et selon l’alignement des astres, obviously) ! Aujourd’hui, par exemple, on m’informe que ma philosophie de vie est plutôt compatible avec celle de mon amie Laura. En revanche, je ne suis pas du tout compatible en matière de communication avec Hugo. Terrible sentence.

Apporter de la crédibilité à une science décriée ?

L’application prétend remplacer un astrologue personnel : “Les prédictions sont désormais à la portée de tous”, revendique-t-elle. Il faut bien admettre que les updates quotidiens sont très détaillés. On jubile de ne pas devoir appeler de numéro payant pour consulter une voyante à l’autre bout du monde…

Co-Star se targue aussi de jouer une carte plus scientifique. L’application utiliserait “les données de la Nasa associées aux méthodes d’astrologues professionnels” pour générer les informations astrologiques. Paradoxalement, Co-Star dit aussi vouloir inciter ses utilisateurs à s’éloigner du tumulte des nouvelles technologies. En d’autres termes, l’application veut permettre à l’irrationalité “d’envahir nos modes de vie techno-rationalistes”.

L’application a cependant un gros défaut : comme évoqué précédemment, il faut parler anglais pour comprendre. Pour ne rien arranger, certains termes sont alambiqués. Seule l’élite anglophone atteindra la science des astres.

Comment Co-Star a fini par s’immiscer (malgré tout) dans mon quotidien

En moyenne, ces derniers mois, j’ai dû passer cinq à dix minutes par jour sur l’appli. Ce n’est pas beaucoup. Ce n’est pas anodin non plus. Suis-je passée de l’autre côté ? Est-ce que je crois maintenant à l’astrologie ? Très honnêtement, non. Je ne peux pas m’empêcher de me souvenir du fameuxeffet Barnum“. C’est un biais cognitif auquel nous sommes tous confrontés : nous nous reconnaissons dans des messages généralistes et universels, domaine dans lequel l’astrologie excelle.

Co-Star ne déroge pas à la règle. Mais, au fond, je comprends l’intérêt que beaucoup y trouvent. Je comprends le regard de Laura qui s’assombrit en apprenant que Mars rétrograde. Je comprends qu’elle appréhende de recevoir son mantra du jour (envoyé systématiquement par l’application) et espère qu’il n’apporte pas de mauvais présage pour la journée à venir.

Car même si je ne crois toujours pas à l’astrologie, contre toute attente, Co-Star me fait du bien. J’aime recevoir ce message quotidien personnalisé qui tente de quadriller mon mood en une phrase. Cette sentence ne va pas influencer mon comportement. Elle ne bouleversera pas le cours de ma journée. Mais alors de quoi s’agit-il exactement ?

Comme le dit si bien Laura, Co-Star est une “application inspirante à laquelle on fait attention dans les moments où on en a besoin pour prendre une direction ou une autre”. En gros, si je suis de mauvaise humeur, je consulte mon application pour me réconforter et je me persuade que le souci ne se trouve pas chez moi mais bien dans les étoiles. Je prends ce qui m’arrange. On délocalise les problèmes. C’est très pratique.

Bien loin du brouhaha des Twitter, Facebook, Instagram et autres usines à likes, Co-Star s’apparente bel et bien à un petit havre de paix. Une escapade hors du monde qui permet de se retirer momentanément du réel pour se réconforter dans les astres.

Pour nous écrire : hellokonbinitechno@konbini.com