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Qui sont ces fanatiques absolus qui ne peuvent pas se passer de leur compteur de pas ?

Publié le

par Julie Morvan

10 000 par jour, MI-NI-MUM.

Qui sont ces fanatiques absolus qui ne peuvent pas se passer de leur compteur de pas ?

© Naruto Shippuden/Studio Pierrot

Il y a quelques jours, on vous a demandé si vous utilisiez votre compteur de pas, et si oui, pour quoi faire. “Pour compter mes pas”, ont répondu certain·e·s – merci Sherlock. Mais d’autres, y compris dans la rédaction, nous ont avoué entretenir une relation très particulière avec leur podomètre de poche.

Sur les applications comme Samsung Health pour Android et Santé pour Apple, ou sur les montres connectées, surveiller son nombre de pas peut vite devenir un passe-temps quotidien, un réflexe, un geste indispensable. Pour mieux comprendre ces aficionados du compteur pédestre, on est allés leur demander ce qui les attirait tant là-dedans. Comme on adore les enquêtes très sérieuses chez Konbini techno, on a distingué plusieurs groupes.

Le clan des 10 000 pas par jour

C’est bien connu : le mieux dans le meilleur des mondes serait de parcourir l’équivalent de 10 000 pas par jour. Cette légende, popularisée dans les années 1960 au Japon selon The New York Times, motive aujourd’hui encore bon nombre de serial marcheur·se·s qui ne jurent que par ce chiffre.

Quand Coumbis a décidé de perdre du poids, son copain et préparateur sportif lui a recommandé de commencer doucement en marchant 30 minutes tous les jours. “J’ai lu que 10 000 pas par jour étaient l’équivalent d’une bonne séance à la salle”, nous raconte-t-elle. Équipée de son appli Podomètre, elle s’applique donc à faire ses 10 000 pas chaque jour, quitte à ressortir pour faire les courses si le score n’est pas atteint à la fin de la journée.

“Au quotidien, j’essaie d’en faire 8 000”, explique Marie. Si elle ne parvient pas à atteindre son objectif tous les jours, elle remonte la moyenne en se lançant dans des randonnées de temps en temps. Dont une mémorable en septembre 2020, dans le Yorkshire. Résultat des courses de la marche : 40 km de trajet, soit… 60 388 pas. Le record dont elle est le plus fière.

Mais pour rester en bonne santé, pas besoin de se mettre la pression avec cette histoire de 10 000 pas par jour. Selon une étude américaine publiée en 2020 dans le Journal of the American Medical Association, 8 000 pas suffiraient déjà amplement pour doubler sa longévité.

Ceux qui ont des trous de mémoire

Sur certaines applis, l’historique de pas peut conserver plusieurs années de données – on a réussi à remonter jusqu’à 2015. Certain·e·s s’en servent pour se rappeler ce qu’elles ou ils ont fait pendant la journée. Si le nombre de pas est élevé, c’est qu’on est sorti. S’il est bas, c’était sûrement une journée sous le signe du canapé et, plus généralement, de la glandouille. Il en faut aussi !

L’enregistrement de l’heure des déplacements peut aussi s’avérer très utile. Ces chiffres permettent même d’éclairer les souvenirs brumeux d’une gueule de bois. “Je l’utilise pour savoir à quelle heure je suis rentrée en lendemain de soirée”, confie une certaine Hélène. Le petit plus : “Savoir combien de tour de la Terre j’ai faits en dansant à la dernière soirée”, écrit une autre. On n’y avait pas pensé.

Les futurs milliardaires

Nombreux·ses sont les petit·e·s malin·e·s qui en ont profité pour nous balancer leurs codes de parrainage WeWard. Si on ne divulguera rien – sorry, bien essayé –, ça nous a encore permis de distinguer une autre catégorie : les adeptes des applis de motivation pécuniaire.

En gros, avec elles, quand on marche, on est récompensé avec un petit pactole, à s’offrir ou à reverser à des associations. Sur WeWard par exemple, chaque pas permet d’accumuler une somme virtuelle, des “Wards”. Il suffit ensuite de les convertir en récompenses pour se faire plaisir. Bon, sur le papier, ça fait rêver, mais le montant reste dérisoire : on a constaté que six mois de marche revenaient à… 3,21 euros. Pas encore de quoi mettre la daronne à l’abri.

Les bonnes consciences

Sans se fixer de nombre précis de pas à faire chaque jour, d’autres consultent leur podomètre de poche pour se rassurer et se donner bonne conscience : “Voir si je suis un gros tas ou pas”, nous résume-t-on poétiquement.

Ce chiffre peut être la source d’une grande satisfaction. Au festival de Dour, Julian a par exemple réussi à effectuer 59 488 pas, soit 43,9 kilomètres, en une journée. “C’est un sentiment de fierté, nous écrit-il. On est bien satisfait d’avoir éliminé les toxines de la junk food ou de l’alcool. Un extrême en équilibre un autre !” On n’aurait pas dit mieux.

“J’ai arrêté parce que l’Apple Watch disait que j’étais un feignant”

Car l’équilibre est au cœur de cette quête numérique et physique. À force de se faire remonter les bretelles par un algorithme un peu trop insistant, facile de se décourager. Beaucoup d’ancien·ne·s accros du compteur ont même fini par désactiver le décompte de leurs pas après les remarques de leur podomètre.

“Vous êtes resté deux heures sans rien faire”, “Plus que 2 000 pas pour compléter votre objectif quotidien”… Sous couvert d’encouragement, ces remarques peuvent sembler inquisitrices et provoquer l’effet inverse. Un peu comme Duolingo et sa chouette – pas si chouette que ça – verte qui harcèle littéralement ses utilisateur·rice·s pour compléter leur leçon d’espagnol. Résultat : on finit par ne plus utiliser son podomètre… et compter sur d’autres indicateurs moins culpabilisants.


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