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Bah super : 91 % des utilisateurs de BeReal n’ont rien compris à l’appli

Publié le

par Julie Morvan

Seuls 9% d’entre eux postent la première photo prise sur l’appli, cafte une étude.

Bah super : 91 % des utilisateurs de BeReal n’ont rien compris à l’appli

© Apostolos Vamvouras/Unsplash

“C’est l’heure du BeReal !” Les deux désormais célèbres émojis d’un panneau triangulaire jaune détonnent dans ma barre de notifications. Le compte à rebours est lancé : j’ai 2 minutes top chrono pour capturer un double cliché avec ma caméra selfie et ma caméra arrière sur l’application BeReal. Résultat : je clique direct. Problème : je n’ai rien d’intéressant à capturer. Après un premier essai décevant, je convaincs donc mon cher collègue François de mettre une clémentine sur sa tête, et j’obtiens LE BeReal de ma journée.

Cette situation, je suis loin d’être la seule à la vivre. Soyons honnêtes une minute : nous sommes nombreux·euse·s à tricher le temps d’un BeReal. En proposant à ses 3 millions d’utilisateur·rice·s actif·ive·s de prendre un cliché par jour à une heure aléatoire, l’application française fondée en 2020 se vante pourtant d’être le réseau social de l’authenticité par excellence, l’anti-Instagram et ses stories m’as-tu-vu. D’ailleurs, tout comme sur WhatsApp, il faut détenir le numéro d’un·e utilisateur·rice pour l’ajouter en ami sur l’appli. Malgré cela, BeReal ne serait donc pas si “real” que ça ?

C’est ce que révèle la dernière étude de Sortlist, une plateforme belge de mise en relation entre marques et agences. Et là, c’est la cata : elle nous apprend que seulement 9% des BeRealers postent la première photo qu’ils ont prise sur l’appli. La majorité, soit 35,6% d’entre eux, font carrément trois essais avant de publier enfin leur cliché. Cramé·e·s.

Pire : la majorité des utilisateur·rice·s (53,80%) préfère ne pas cliquer tout de suite sur la notification et attendre de faire quelque chose d’intéressant avant de publier une photo. Quitte à se faire estampiller d’un label “late” (“retardataire” en français) à côté de leur photo.

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Et au fond, ça nous étonne très peu. Le concept d’un réseau social reste le même, peu importe sa promesse : exposer une vitrine de sa vie, de moments choisis et isolés, aux autres, qui font de même. Si BeReal, de par son principe, propose une touche de “réel” dans une mer de photos retouchées ou de punchlines travaillées sur d’autres applis, son utilisation est détournée et revient à celle que l’on retrouve sur d’autres réseaux sociaux. Chassez le naturel, et il revient au galop. Avec une crinière bien soignée, le poil fraîchement brossé et les sabots rutilants.

Mais si l’on troque l’injonction au naturel de BeReal contre un pacte tacite d’illusion du réel, l’appli prend un tout autre sens. L’occasion de mettre sa vie en scène, en un temps éclair, de jouer avec l’absurde à fond et de proposer une nouvelle facette, plus drôle et délurée, de sa vie. Des compilations des BeReal les plus déjantés sont d’ailleurs reprises sur d’autres réseaux sociaux : sur ce son, les TikTokers partagent les réactions (ou “RealMojis” dans le jargon BeRealien) de leurs proches face aux photos les plus étonnantes.

Ce qui explique le succès grandissant de l’appli : ses téléchargements ont explosé de 350% depuis le début de l’année. En mai dernier, Business Insider rapportait même que sa valeur avait quadruplé suite à une nouvelle levée de fonds. On l’évalue désormais à plus de 600 millions de dollars – bien réels, ceux-ci.


Vous avez déjà mis une clémentine sur votre tête pour un BeReal ? On est entre nous, confiez-vous à : hellokonbinitechno@konbini.com.