Pierre Ménès, accusé d’agressions sexuelles, sera jugé en juin 2022

Pierre Ménès, accusé d’agressions sexuelles, sera jugé en juin 2022

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© FRANCK FIFE / AFP

Il a été libéré de garde à vue jeudi dans la soirée.

L’ex-chroniqueur vedette Pierre Ménès, qui avait quitté Canal+ après la diffusion au printemps d’un documentaire sur le sexisme dans les rédactions, sera jugé le 8 juin à Paris pour des “agressions sexuelles” qu’il dément, après une journée de garde à vue jeudi.

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Pierre Ménès, 58 ans, a été placé jeudi matin en garde à vue au 1er district de police judiciaire (1er DPJ), du chef d’agression sexuelle, avant d’être remis en liberté dans la soirée.

À l’issue du match PSG-Nantes du 20 novembre à Paris, une femme a signalé à la police des faits d’agression sexuelle dont Pierre Ménès serait responsable, sans porter plainte. Selon le Parisien, il aurait touché la poitrine d’une hôtesse. Des accusations qu’il dément.  Le jour même, le parquet de Paris avait ouvert une enquête.

À l’issue de sa garde à vue, jeudi soir, son avocat Me Arash Derambarsh a indiqué à l’AFP que M. Ménès s’est vu délivrer une convocation par officier de police judiciaire (COPJ) et qu’il sera jugé le 8 juin. Il “est convoqué devant le tribunal correctionnel pour être jugé pour des faits d’agressions sexuelles”, a confirmé le parquet de Paris à l’AFP.

Pour son avocat, Me Arash Derambarsh, il n’y a dans ce dossier “ni plainte ni preuve ni victime, ni le début du commencement de la moindre photo, vidéo ou témoignage”. Pour lui, “c’est évidemment révoltant et une aberration juridique”. “Nous nous battrons pour rétablir l’honneur de Pierre Ménès devant des juges du fond indépendants”, a-t-il indiqué. L’avocat dit disposer de “six témoignages qui dédouanent Pierre Ménès”

M. Ménès a porté plainte pour dénonciation calomnieuse, et produit trois attestations de personnes “confirmant unanimement qu'(il) a passé l’intégralité de son temps à leur côté dès son arrivée pour le cocktail en loge, durant le match et le cocktail d’après match”, selon cette plainte consultée par l’AFP.

Interrogé sur l’indication du parquet de Paris selon laquelle M. Ménès serait jugé pour plusieurs agressions sexuelles, son avocat a confirmé que son client serait également jugé pour “l’affaire dite ‘Nike’, qui avait pourtant déjà été jugé par un simple rappel à la loi. C’est incompréhensible”.

Dans un article de mars, Mediapart avait indiqué que M. Ménès avait fait l’objet d’une plainte pour “agression sexuelle” en octobre 2018 déposée par une employée d’un magasin Nike parisien. D’après le site d’investigation, cette plainte avait été classée sans suite le 17 janvier 2019 après un rappel à la loi par le parquet de Paris, une orientation pénale qui peut être révisée en cas de faits nouveaux.

“Comportement irréprochable”

Mis sur la touche fin mars après des accusations d’agressions sexuelles, l’ex-chroniqueur vedette du “Canal Football Club” a quitté le 1er juillet dernier la chaîne cryptée, mettant fin à près de 12 ans de collaboration.

Ce départ est la conséquence de la diffusion le 21 mars sur Canal+ d’un documentaire sur le sexisme dans les rédactions sportives et la révélation de séquences l’incriminant, coupées au montage à la demande de la chaîne, soupçonnée de l’avoir protégé. Pierre Ménès est notamment accusé d’avoir soulevé hors antenne en 2016 la jupe de la journaliste Marie Portolano, co-réalisatrice du documentaire. Il assure ne pas s’en souvenir en raison de graves problèmes de santé à l’époque : une cirrhose non alcoolique qui l’a éloigné des plateaux pendant sept mois et a nécessité une double greffe du foie et d’un rein.

Il est aussi critiqué pour avoir embrassé de force à la télévision la journaliste Isabelle Moreau en 2011, ainsi que la chroniqueuse Francesca Antoniotti en 2016.

Des faits qui se sont déroulés avant la vague #MeToo, depuis laquelle “on ne peut plus rien dire, on ne peut plus rien faire”, avait-il déploré dans l’émission de Cyril Hanouna sur C8. M. Ménès avait exprimé des “profonds regrets”.

En onze ans de collaboration avec Canal+, M. Ménès dit avoir été convoqué une seule fois en 2018 pour y aller “mollo” sur ses “réflexions”, et avoir écopé d’un avertissement l’an dernier pour une interview donnée, sans autorisation, sur YouTube.

En octobre, le chroniqueur a lancé une plateforme numérique dédiée au foot avec Reworld Media, le “Pierrot Football Club”. 

AFP