L’ex-nageur français Yannick Agnel, inculpé de viol et agression sexuelle sur une mineure de 13 ans, a reconnu la « matérialité » des faits, mais il conteste avoir exercé toute « contrainte », a expliqué lundi la procureure de Mulhouse.
À voir aussi sur Konbini
« Yannick Agnel reconnaît la matérialité des faits reprochés », a déclaré la procureure Edwige Roux-Morizot, au cours d’une conférence de presse, deux jours après son inculpation dans le dossier ouvert après une plainte de Naome Horter, la fille de son ancien entraîneur. « Il précise que pour lui, il n’avait pas le sentiment qu’il y a eu contrainte », a ajouté la magistrate.
« Si les faits sont constitutifs de viol ou agression sexuelle, c’est qu’il existe une différence d’âge importante » entre la victime, âgée de 13 ans à l’époque des faits en 2016, et le nageur, alors âgé de 24 ans, a spécifié la procureure. Elle a rappelé que la loi interdit en France toute relation sexuelle entre un majeur et un mineur de moins de 15 ans, même si celui-ci est consentant.
Elle a également indiqué que « la personnalité » de Yannick Agnel avait « pu rentrer en ligne de compte » : « C’est quelqu’un qui est un champion, qui avait une personnalité forte ».
Les faits se seraient déroulés « sur toute l’année 2016 », à Mulhouse (est de la France), ville d’entraînement du nageur, mais « également à l’étranger, en Thaïlande (où le Mulhouse Olympic Natation se rend régulièrement en stage, ndlr) ou à Rio » de Janeiro, ville hôte des Jeux olympiques de 2016.
La procureure n’a pas souhaité en revanche préciser si les entourages du nageur et de la victime présumée avaient connaissance de ces faits.
« Episode dépressif » de la plaignante
« En ce qui concerne les faits de viol, il a pour certains d’entre eux un problème de souvenirs », même si ces souvenirs pourraient « très bien revenir ensuite », a ajouté la magistrate.
Malgré les réquisitions de détention provisoire formulées samedi par le parquet, Yannick Agnel a été placé sous contrôle judiciaire, assorti de nombreuses interdictions.
L’ex-nageur a ainsi interdiction de quitter Paris et sa proche banlieue, de se rendre à Mulhouse, sauf convocation judiciaire, d’entrer en contact avec la famille de la victime, ou d’entrer en contact avec son agent. Il devra également remettre son passeport à la justice. Sollicitée, l’avocate du nageur n’a pas souhaité répondre aux questions de l’AFP.
Naome Horter, âgée de 13 ans en 2016, avait déposé en juillet une plainte « très circonstanciée », selon Mme Roux-Morizot, qui avait entraîné fin août l’ouverture d’une information judiciaire, une enquête confiée à un juge d’instruction.
La jeune femme, désormais âgée de 19 ans, allait « très mal depuis un certain temps », a précisé la procureure de Mulhouse à l’AFP. « Elle est entrée dans un épisode dépressif, elle a repensé à tout ça, et c’est ce qui a entraîné chez elle cette volonté de déposer plainte ».
AFP












