Le gouvernement pourrait-il vraiment couper les réseaux sociaux ?

Le gouvernement pourrait-il vraiment couper les réseaux sociaux ?

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© Onur Binay/Unsplash

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Par Konbini avec AFP

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Après les propos du président de la République, le gouvernement plaide pour des restrictions ponctuelles.

Le gouvernement pourrait envisager de « suspendre des fonctionnalités » sur les réseaux sociaux en cas de nouveaux heurts mais n’a pas l’intention de procéder à un « black-out généralisé » des plateformes, a assuré mercredi l’exécutif, après des propos présidentiels qui font polémique.

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« Ça peut être des suspensions de fonctionnalités », a déclaré le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, en évoquant les outils à disposition lors de situations telles que les révoltes déclenchées par la mort du jeune Nahel le 27 juin.

« Vous avez par exemple des fonctions de géolocalisation, sur certaines plateformes, qui permettent à des jeunes de se retrouver à tel endroit, en montrant des scènes, comment mettre le feu, etc. C’est des appels à l’organisation de la haine dans l’espace public et là, vous avez autorité pour pouvoir suspendre », a-t-il dit en rendant compte du Conseil des ministres.

Olivier Véran était invité à clarifier des propos tenus la veille par Emmanuel Macron devant quelque 300 maires de communes victimes de violences. Selon l’entourage du chef de l’État, le président Emmanuel Macron « n’a à aucun moment dit qu’il envisageait de couper les réseaux dans le sens d’un black-out généralisé ». Il s’agit de « pouvoir ponctuellement et temporairement suspendre des réseaux sociaux », a ajouté cette source.

« Nous avons besoin d’avoir une réflexion sur l’usage de ces réseaux chez les plus jeunes, dans les familles, à l’école, les interdictions qu’on doit mettre », a souligné le chef de l’État, selon des propos rapportés par la presse et confirmés par l’Élysée.

« On a pu le voir […] quand les choses s’emballent pour un moment, se dire : on se met peut-être en situation de les réguler ou de les couper », a-t-il dit. « Il ne faut surtout pas le faire à chaud. Je me félicite qu’on n’ait pas eu à le faire », a-t-il ajouté.

Les réactions n’ont pas tardé. « Couper les réseaux sociaux ? Comme la Chine, l’Iran, la Corée du Nord ? » a ironisé le président du groupe Les Républicains (LR) à l’Assemblée nationale, Olivier Marleix, sur Twitter, en déplorant une « provocation de très mauvais goût ». « OK, Kim Jong-un », s’est exclamée dans le même registre l’insoumise Mathilde Panot, en référence au leader nord-coréen.

« Ce serait renoncer à l’idée que la démocratie est plus forte que les outils qu’on détourne contre elle. Ce serait une erreur », a aussi estimé le député du parti présidentiel Renaissance Éric Bothorel. Le ministre chargé de la Transition numérique, Jean-Noël Barrot, a proposé mardi soir au Sénat la mise en place d’un groupe de travail, qui pourrait être intégré au projet de loi pour « sécuriser » Internet.