Une conversation philosophique avec Benedict Cumberbatch, sex-symbol british et intello

Une conversation philosophique avec Benedict Cumberbatch, sex-symbol british et intello

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Par Lydia Morrish

Publié le

Connu pour interpréter des personnages complexes et extrêmement intelligents, de Sherlock au docteur Strange, Benedict Cumberbatch nous a entraîné dans une conversation philosophique sur le mysticisme et la sexualité. Nerd is the new sexy.

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Rendu célèbre par ses rôles plus british qu’une tasse d’Earl Grey, Benedict Cumberbatch fait frétiller toute une base de fans frénétiques, appelés les “Cumberbitches” (si, si). Mais quand on lui évoque ces classements qui le sacrent “homme le plus sexy au monde” (ou du moins du Royaume-Uni), étrangement, il semble mal à l’aise.

Si l’acteur de 40 ans a bien conscience de ce statut, qui a inspiré à Jimmy Kimmel un sketch basé sur le concept du Bachelor, cela n’a jamais été son objectif lorsqu’il est devenu acteur, et il le dit honnêtement : “Écoutez, cela fait dix ans que je fais ce métier, et j’ai joué des personnages très intelligents avant qu’on ne me mette sur ces listes d’hommes sexy, qui me laissent songeur”, m’explique-t-il dans un hôtel huppé du centre de Londres, où nous sommes entourés par autant de projecteurs que de caméras. Je lui demande si jouer des personnages plus intelligents et moins sexy comme Sherlock Holmes, Alan Turing et, plus récemment, le docteur Stephen Strange, est un moyen pour lui de contrebalancer cette étiquette qu’on lui accole. “Je ne prends rien de tout cela au sérieux. Non, je ne base pas mes choix de carrière sur l’idée de détourner ce genre d’attentions à mon égard, me répond-il dans un rire gêné.

Depuis qu’il a joué le rôle de l’arrogant je-sais-tout Patrick Watts aux côtés de James McAvoy dans Starter for 10 en 2006, il enchaîne les rôles d’intellos. Le docteur Strange, Sherlock Holmes, Alan Turing, Julian Assange, Thomas Edison… Benedict Cumberbatch n’incarne que des personnages brillants. Alors si le but n’est pas de se détacher de cette étiquette de sex-symbol, qu’est ce qui l’attire vers ces rôles ? “Probablement le fait que je sois si éloigné d’eux”, explique-t-il modestement avant d’ajouter : “J’aime le défi.”

La spiritualité, un thème important dans ses films comme dans sa vie

Mais ce qui semble le connecter à son dernier rôle sur grand écran, celui du docteur Strange dans le blockbuster mystique de Marvel, aussi surprenant que cela puisse paraître, c’est la spiritualité. Doctor Strange retrace le parcours d’un arrogant neurochirurgien devenu maître des arts mystiques après qu’un sorcier, l’Ancien (Tilda Swinton), l’a pris sous son aile. Le film a été acclamé pour ses effets visuels psychédéliques impressionnants nous faisant pénétrer dans un univers multidimensionnel.

La spiritualité est un thème important dans Doctor Strange, comme dans la vie de Benedict Cumberbatch, ce qui n’enlève rien à son charme. (S’il a vraiment un palais de l’esprit comme Sherlock Holmes, il n’en laisse en tout cas rien paraître pendant l’interview).

L’acteur évoque d’ailleurs un épisode de son adolescence durant lequel il a rencontré un groupe de moines bouddhistes tibétains “dans un petit village près de Darjeeling”. “Au cœur du bouddhisme tibétain, nous avons vécu une expérience incroyable en rencontrant un groupe extraordinaire de gens et une autre culture, me raconte-t-il en plongeant ses yeux dans les miens. C’était peu de temps après la publication du livre de Stephen Hawking Une brève histoire du temps, que j’essayais de lire. Je m’étais aussi intéressé à des livres sur la pensée occidentale et le mysticisme oriental. C’était quelque chose de très fort que de lire ces ouvrages qui s’intéressaient à ces philosophies dans cet environnement.”

Son expérience au Népal, dit-il, lui a donné une raison de plus d’endosser la cape du docteur Strange. “L’idée que cet homme pragmatique, pétri de logique occidentale et de médecine moderne, se retrouve jeté dans une multitude d’univers et d’interprétations alternatives de ce que pourrait être nos expériences au-delà de notre réalité sensorielle, détaille-t-il avant de reprendre son souffle, cela avait un attrait romantique pour moi.”

Doctor Strange est un film très important pour Benedict Cumberbatch, de par son approche spirituelle des méthodes de pensée. Alors que nous évoquons le pouvoir de l’esprit, il s’arrête sur une notion en laquelle nous pouvons tous croire : “L’idée que l’esprit a le pouvoir d’altérer notre réalité est une philosophie fabuleuse et en laquelle je crois. Oui je pense qu’il a ce pouvoir, je le pense vraiment.”

Avant même de mettre les pieds sur le tournage de Doctor Strange, Benedict Cumberbatch a souhaité s’imprégner du monde dans lequel il allait s’immerger. “J’ai un peu étudié la neurochirurgie et j’ai rencontré des neurochirurgiens”, raconte-t-il, avant d’évoquer les avantages du métier. “Qui d’autre à l’opportunité de faire ça, à part ceux qui vont interpréter leur rôle ? C’est fantastique… Un des avantages du métier d’acteur est d’avoir la chance d’être perpétuellement en train d’apprendre pour pouvoir plonger dans différents mondes et essayer de leur donner le plus d’authenticité possible.”

Finalement, peut-être est-ce sa soif de connaissance et son intérêt pour différentes cultures qui font de Benedict Cumberbatch un personnage aussi fascinant. Plaire n’est peut-être pas sa priorité, mais il m’a charmée malgré tout.

Doctor Strange sort en Blu-Ray 3D, Blu-Ray & DVD le 6 mars 2017.

Traduit de l’anglais par Sophie Janinet