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Quels sont ces ciné-clubs qui dénoncent la colonisation de la Palestine ?

Quels sont ces ciné-clubs qui dénoncent la colonisation de la Palestine ?

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© Zeugma Films

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Par Lise Lanot

Publié le , modifié le

Ciné-Palestine et Tsedek! projettent des films qui visent à créer des espaces d’échange autour de “la colonisation et des luttes qui lui résistent”.

Depuis 2015, le festival Ciné-Palestine (FCP) fait rayonner la “diversité et la qualité” du cinéma palestinien tout en mettant en lumière les luttes et problématiques du pays. Grâce aux événements organisés chaque année depuis presque dix ans, les films ont la possibilité de dépasser “les restrictions imposées par les frontières” et les cinéastes celle de “rencontrer leur public et créer un espace de rencontres et de débats autour du cinéma palestinien”.

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En dehors du festival, qui a lieu chaque année au mois de mai, le collectif organisateur prévoit chaque mois “un ciné-club dans des lieux divers et variés, pas forcément des cinémas” : fin 2023, le FCP avait notamment montré le très beau Alam au cinéma Le Luxy d’Ivry-sur-Seine ; Tell Your Tale, Little Bird au Dissident club, un bar militant parisien et Samouni Road.

Le collectif a également imaginé un minifestival, début janvier, sur le “lien indéfectible” entre la Palestine et l’Algérie, intitulé Regard sur : Algérie/Palestine – colonisation, mémoire et résistance.

Depuis sa création, et peut-être d’autant plus depuis l’intensification des bombardements depuis octobre 2023, le FCP a à cœur de “donner des noms et des visages aux Gazaouis, face à une représentation des médias qui les veut comme chiffres”. Cette année, le festival s’est également lié à Tsedek!, collectif juif décolonial formé en juin 2023 “pour offrir un espace aux juifs et juives qui souhaitent lutter contre le racisme d’État en France et le colonialisme dans l’État d’Israël/en Palestine”, retrace auprès de nous Charles, un des militant·e·s du mouvement. Convaincu du pouvoir des images, Tsedek! a, lui aussi, lancé son “ciné-club décolonial” :

“Nous souhaitons également nous réapproprier notre judéité, dans sa pluralité et sa complexité, alors que celle-ci est sans cesse confisquée par la modernité, l’État-Nation et le sionisme. Nous pensons que pour y parvenir, nous pouvons nous appuyer sur les images et le cinéma. […]

Avec ce ciné-club, nous proposerons des films qui illustrent tant la colonisation que les luttes qui lui résistent. On veut créer un espace de débat et d’échange autour des questions qui nous animent par le biais de l’image, du cinéma, du documentaire à la fiction, en passant par le cinéma expérimental ou la comédie romantique. Chaque séance sera accompagnée d’un ou d’une invité·e, du champ militant, de la recherche ou du monde artistique.”

La première collaboration entre Festival Ciné-Palestine et Tsedek! a eu lieu le 14 janvier dernier, au Point Éphémère, à Paris, avec la projection de deux films d’Ariella Aïsha Azoulay, suivie d’une discussion entre la réalisatrice et la sociologue Tal Dor, devant une salle comble. Ce mercredi 24 janvier, Tsedek! lance son ciné-club avec le documentaire 5 caméras brisées, d’Emad Burnat et Guy Davidi, projeté au Luminor, dans le 9e arrondissement parisien. Tsedek! présentera également La Zone d’intérêt, Grand Prix au Festival de Cannes, de Jonathan Glazer, au moment de sa sortie en salles, le 31 janvier. Le 13 février, Tsedek! sera de retour au Luminor avec Un seul héros, le peuple de Mathieu Rigouste. La projection sera cette fois-ci suivie d’une discussion avec le réalisateur et l’artiste-militante Habibitch et d’un “temps d’échange dans l’espace bar du cinéma Luminor, avec un stand de livres”.

Vous pouvez retrouver toutes les informations des séances et événements sur les comptes Instagram du Festival Ciné-Palestine et de Tsedek!