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Primrose Hill, le moyen-métrage du réalisateur d’Amanda, est en accès libre sur Internet

Publié le

par Manon Marcillat

Pour entrer dans la filmographie de ce réalisateur précieux, on vous conseille le visionnage.

Primrose Hill, le moyen-métrage du réalisateur d’Amanda, est en accès libre sur Internet

© Les films de la grande ourse

Primrose Hill, le deuxième moyen-métrage de Mikhaël Hers, le réalisateur d’Amanda et Les Passagers de la nuit avec Charlotte Gainsbourg et Noée Abita actuellement en salles, est disponible gratuitement sur MK2 Curiosity. Il prolongera ce film en forme de préambule réalisé en 2007 dans Memory Lane, son premier long-métrage sorti en 2010.

Dans Primrose Hill, un peu à la façon de Rohmer dans Le Rayon vert, le cinéaste filme, une heure durant, les déambulations animées de Stéphane, Joëlle, Xavier et Sonia, une bande d’amis musiciens. Ici, la lumière froide de l’hiver a remplacé l’été rohmerien et les protagonistes ne foulent ni l’herbe de la colline londonienne, dont le film tire son nom, ni le bitume parisien, mais les pavés de la banlieue ouest de Paris.

Dans de longs travellings dans le parc de Saint-Cloud, les quatre amis, dont on ne comprend pas immédiatement les liens, parlent musique, amour, sexe, désœuvrement et accidents de la vie tandis qu’une voix off, dont on ne connaît pas l’identité, évoque le manque que ces quatre jeunes adultes lui inspirent. Dans Primrose Hill naissaient les fondements du cinéma de ce réalisateur précieux : la cinégénie de la ville et le manque des êtres chers.

Dans Memory Lane, Mikhaël Hers fera de nouveau la part belle à cette banlieue de l’Ouest parisien que l’on voit peu au cinéma et dans Ce sentiment de l’été, son bouleversant second long-métrage réalisé en 2015, c’est entre Berlin, Paris et New York que les étés se succéderont.

Dans Amanda, le cinéaste rendra hommage à la Ville Lumière meurtrie par les attentats, avec beaucoup de réalisme. Main dans la main, les deux jeunes héros ne cesseront de courir jusqu’à la conclusion du film, où ils reprendront leur souffle à Londres, sur les hauteurs de Primrose Hill.

Ses passagers de la nuit ont, quant à eux, élu domicile dans les dédales de la Maison ronde et les tours du 15e arrondissement parisien, figées dans une sorte de nostalgie des années 1980. À la fin du film, les membres de cette famille de cœur se retrouveront sur les hauteurs du parc de Saint-Cloud et boucleront ainsi la boucle d’un corpus de moyens et longs-métrages qui se répondent entre eux.

Si on ne comprend pas immédiatement qui est le protagoniste en voix off de Primrose Hill – une sœur en fuite ou disparue –, Mikhaël Hers posera ici la première pierre de son exploration du deuil, qu’il traite avec une pudeur et une dignité constantes dans Ce sentiment de l’été et Amanda, et du manque, au cœur des Passagers de la nuit.

Au fil de ses films, Hers s’inscrit en alter ego du Norvégien Joachim Trier, le réalisateur de Julie (en 12 chapitres), lui-même obsédé par la mort, la maladie et Oslo, sa ville de cœur, qu’il filme à la perfection. Les deux cinéastes ont également partagé un acteur, Anders Danielsen Lie, malade chez l’un et endeuillé chez l’autre.

Primrose Hill est à découvrir ici.

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