X-Men 97 fait son grand retour à partir du 1er juillet sur Disney +. La série animée a déjà fait l’événement sur la Toile, avec la diffusion de la bande-annonce de sa saison 2 et ses millions de vues en quelques heures. Pourquoi un tel engouement ? Parce que le show est à la fois fidèle à la série de 1992 et aux comics, tout en proposant un divertissement d’une qualité supérieure à la moyenne des productions du MCU. Et oui.
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Parlez des X-Men, c’est ouvrir une fenêtre sur un univers vaste, riche, imagé certes mais tellement contemporain en même temps. Parce que les X-Men, c’est avant tout et surtout une bande de jeunes, qui se retrouvent du jour au lendemain en possession de pouvoirs qu’ils n’ont pas demandés, pas désirés et, par la force des choses, mis en marge de la société.
On est en 2026, le phénomène mutant n’existe pas (tant mieux ?) et pourtant c’est toute une génération qui se sent, elle aussi, en marge de son monde. Avant beaucoup d’autres, l’équipe atypique de super-héros créée par Stan Lee et Jack Kirby en 1963, à travers une mutation génétique anormale, faisait état de thèmes forts : la discrimination, la persécution, l’acceptation de soi, la xénophobie, le racisme et la quête de justice. Autant d’éléments encore trop actuels de nos jours. Eh… oui.
Parce que le générique est mythique
Des thèmes forts donc, c’est ce qui a fait la force de la série animée lancée en 1992 par Marvel et la Fox et simplement baptisée X-Men. Mais avant d’entrer dans l’art de l’écriture de cette série, il faut déjà se pencher sur son générique, emblématique et mythique, composée par Ron Wasserman (bien que ce soient Shuki Levy et Haim Saban qui soient crédités), le papa également du mythique générique Go, Go Power Rangers, des héros du même nom. Sans qu’on le crédite, là aussi. Et dès les premières notes, le charme opère.
Le logo doré des X-Men apparaît, fendu par le X-Jet, leur vaisseau, avec une partie de l’équipe et Cyclope, leur leader, à l’intérieur, Tornade et Rogue se contentant de voler à côté de lui. Le X qui s’enfonce dans l’océan, une explosion incroyable et chaque membre des X-Men présenté un à un comme dans une série live action américaine : le générique ne manque pas de plans iconiques. Comme le face-à-face final des X-Men et de la Confrérie des Mauvais Mutants de Magnéto. Remis au goût du jour par les Newton Brothers et avec quelques changements par rapport à celui diffusé entre 1992 et 1997, le générique de la série est aussi populaire que celui de Batman, la série animée. Un moindre mal, quand on sait que X-Men The Animated Series, est la réponse de Marvel à Batman, The Animated Series, pondu quelques semaines plus tôt à peine. El Clasico.
Parce que l’animation est de qualitay
La force d’X-Men 97 se définit d’abord par la qualité de son animation. L’idée de base était autant de reprendre les visuels et l’aspect de la série d’origine, tout en la modernisant un peu mais pas trop. En clair, associer le charme d’hier aux moyens d’aujourd’hui pour un rendu vintage. Le résultat est totalement à la hauteur, avec une fréquence d’images volontairement basse, pour coller à la DA « case de BD » de l’époque et pour accentuer certains gros plans sur les personnages, les rendant de facto plus expressifs. La mécanique marche et nous offre des scènes d’ores et déjà iconiques : on pense notamment à cette chute en solo de Cyclope lors du tout premier épisode, qui se sert de son laser optique pour atterrir en plein désert et rallie ensuite ses compagnons à la même manière de Steve Rogers dans Endgame.
« To me, my X-Men »… une séquence très fan service, qui vient s’ajouter à d’autres moments tout aussi stylisés, qui rappelleront à certains lecteurs les doubles pages mémorables de leurs comics préférés. Derrière ce travail de mise en scène et d’animation, on retrouve le studio Mir, une entreprise sud-coréenne spécialisée dans le domaine et qu’on ne présente plus aux fans de pop-culture. On leur doit des grands travaux pour Avatar et Le Dernier Maître de l’Air, une implication profonde dans plusieurs des films d’animation Batman pour Warner Bros et tout récemment, ce sont eux qui se sont chargés de la saison de l’excellente série Devil May Cry pour Netflix. Sacré CV.
Parce qu’elle ne nécessite pas de tout voir pour tout comprendre
Est-il nécessaire de revoir les cinq saisons précédentes d’X-Men 92 avant d’attaquer X-Men 97 ? Oui, pour avoir un panorama complet de l’histoire. Non, puisque finalement, tout est posé dans le premier épisode, avec une ouverture qui rappelle finalement celle du tout premier acte de la série de 1992 : un jeune mutant, Roberto Da Costa, se retrouve en danger, avant d’être secouru et adopté par les X-Men, tout comme Jubilee à l’époque. Avec la sempiternelle menace des Sentinelles, des machines spécifiquement conçues pour enrayer la race mutante, en toile de fond. Même introduction, même enjeu. Et surtout même façon de procéder, avec un personnage inédit qui permet aux stars de la série d’être introduite une à une à ses côtés et de dévoiler, en quelques répliques, leurs motivations et leurs traits de personnalité.
En réalité, X-Men 97 se place autant comme une suite directe de celle d’origine, autrement dit comme une saison 6, que comme un soft reboot de l’ensemble. Magnéto remplace le Professeur Xavier comme leader des X-Men. Certains membres ont des enjeux personnels à régler, comme l’arrivée d’un bébé pour Cyclope et Jean Grey ou la gestion d’une romance compliquée pour Rogue et Gambit. Mais le décorum et le fond restent les mêmes : les X-Men évoluent dans un monde qu’ils souhaitent préserver par-dessus tout, alors que ce dernier ne les comprend pas, les méprise, les redoute et pour une bonne partie d’entre eux, veut les voir disparaître. Dans son discours et dans son propos, X-Men 97 dépeint la société moderne, tout comme la série d’origine dépeignait celle des années 90, avec, en fil rouge, le débat autour de ce rêve d’unité entre les Mutants et les humains.
Parce qu’elle rend honneur aux comics et aux X-Men, plus que les films finalement
Si le MCU a eu droit à son âge d’or, a propulsé un personnage comme Iron Man au rang d’icône et offert aux Avengers une véritable place dans la pop culture (hors comics), entre autres (on n’oublie pas la révélation des Gardiens de la Galaxie, l’avénement de Thanos comme grand méchant de la pop culture etc), il ne faut pas oublier que les X-Men étaient très populaires avant ces derniers et que Marvel avait déjà capitalisé sur eux par le passé. Il y a eu les films de Bryan Singer (X-Men, X-Men 2, X-Men : Days of Future Past, X-Men : Apocalypse), de Matthew Vaughn (X-Men, Le Commencement), de James Mangold (Wolverine, le combat de l’immortel, Logan), et enfin, ceux de Gavin Hood (X-Men Origins : Wolverine), Tim Miller (Deadpool), David Leitch (Deadpool 2), Josh Boone (Les Nouveaux Mutants) et Simon Kinberg (X-Men : Dark Phoenix). Et dans tout ce contingent, il y a eu de tout : de l’excellent, du très bon, du bon, du pas très bon et de l’oubliable. On vous laissera le soin de faire votre tier-list vous-même ou d’aller commenter celle réalisée par nos soins il y a six ans maintenant.
Au-delà des films, c’est parfois les scénarios proposés qui ont pêché ou leur fidélité aux comics. Certains personnages ont clairement été mis en avant dans les longs-métrages, au détriment d’autres. Magnéto, le Professeur Xavier, Jean Grey ou encore Wolverine ont bien mangé, par exemple, alors que des personnages populaires comme Gambit ou Bishop (coucou, Omar Sy) ont été relégués soit aux oubliettes, soit au simple rang de caméo. Même Mystique, portée par Jennifer Lawrence, a eu un meilleur développement que certains X-Men.
Ce n’est pas le cas de la série animée. Celle-ci réhabilite les uns et conforte les autres. Et la première saison de X-Men 97 en est la preuve. Déjà vu partout, Wolverine est par exemple plus en retrait, là où Gambit a enfin un traitement à sa hauteur. Même chose pour Tornade et surtout pour Cyclope, le leader du groupe, particulièrement massacré dans les films, car trop éloigné de son statut de mutant puissant et de chef autoritaire et charismatique. Les personnages sont mieux développés, comme Magnéto, trop vite rangé au statut de méchant dans la série d’origine et bien plus complexe dans celle-ci.
La force de l’écriture de la série ne s’arrête pas seulement là. Hier, X-Men avait une capacité à adapter les plus grands arcs des comics en quelques épisodes, comme l’Ère d’Apocalypse, Days of Future Past, la Saga du Phénix Noir ou encore les Sentinelles. Une méthode qui avait fortement influencé les films, sans que ces derniers ne réussissent toujours dans l’exercice… C’est encore le cas aujourd’hui avec X-Men 97, avec le Hellfire Saga, l’Opération Tolérance Zéro, la perte des pouvoirs de Tornade, celle de l’adamantium de Wolverine ou encore le massacre de l’île de Genosha, avec, à chaque fois, une réécriture de l’intrigue pour impliquer le maximum de personnages présents. La formule marche, avec un fan service certain, un potentiel nostalgique certain et des références à gogo. Le tout prouve surtout qu’adapter une œuvre n’est pas à la portée de tous, qu’elle ne peut pas (et ne doit pas aussi) être toujours 100 % fidèle, à condition d’être bien amenée et d’apporter quelque chose de nouveau. En dix épisodes, X-Men 97 avait réalisé un sans-faute il y a deux ans. Ce qui n’est pas le cas de toutes les productions Marvel. Réponse dès le 1er juillet pour savoir si la méthode est toujours aussi efficace, avec une saison 2 placée sous le signe de la multi-temporalité et plusieurs équipes de mutants annoncés au programme.












