Les travaux de restauration du Palais Garnier ont débuté au mois d’avril 2023. Depuis près de cinq mois, le bâtiment est recouvert d’imposants échafaudages qui ont servi de support à la dernière œuvre de JR. L’artiste français a annoncé sur son compte Instagram avoir été « invité par l’Opéra national de Paris » à laisser s’exprimer sa créativité. Pendant un petit mois, jusqu’au 25 septembre 2023, curieuses et curieux pourront se plonger dans l’immense trompe-l’œil en noir et blanc installé par ses soins.
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Intitulée Retour à la caverne, l’œuvre reproduit la façade en travaux de l’édifice napoléonien percée d’un trou béant, comme « l’entrée d’une immense caverne ouvrant sur une perspective de roche et de lumière ». L’artiste a puisé son inspiration dans l’histoire du lieu et ses siècles de représentations théâtrales et dansées, faisant allusion « aux codes romantiques du XIXe siècle mais aussi aux grands décors scéniques d‘opéra » et aux « éléments d’architecture Napoléon III ». Référence évidente à l’allégorie de la caverne de Platon, l’œuvre célèbre les arts et la façon dont ces derniers ouvrent les portes de notre curiosité, de notre ouverture d’esprit et de notre « compréhension du monde », insiste JR.
Réalisée en trompe-l’œil, une facétie appréciée de l’artiste, la fresque s’insère dans le paysage sans chercher à obstruer les échafaudages. En les laissant apparaître sur son tissu tendu, JR fait un « clin d’œil aux travaux réels et nécessaires qui servent physiquement de support à cette installation » et souligne la « permanente reconstruction » du lieu – et de toute chose, si on pousse un peu. L’Opéra de Paris indique que ses travaux de rénovation devraient se terminer « fin 2024 ». Voyant comme JR a affublé son titre de la précision « [Acte I] », il n’est pas impossible que l’artiste revienne faire quelques accrochages dans le 9e arrondissement parisien l’année prochaine et fasse respirer le quartier entre quelques affichages publicitaires géants – à l’instar de la grosse tête de Timothée Chalamet, égérie Chanel, qui ornait jusqu’ici la façade.











