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On vous dit tout sur la “taxe anti-rap” qui secoue le monde de la musique

Publié le , modifié le

Par Timothée Van Poecke

Pourquoi taxer le streaming musical impacte plus le rap que les autres styles de musique ? On vous explique tout.

On vous dit tout sur la “taxe anti-rap” qui secoue le monde de la musique

Un nouveau projet de loi démange l’industrie du rap. Des députés viennent de déposer un amendement pour taxer le streaming musical. Spotify, Deezer ou encore Apple Music sont directement visés.

Déjà envisagée en juin par la ministre de la Culture Rima Abdul-Malak, l’idée de cette taxe prend forme petit à petit. Le 30 septembre, six députés de la Nupes ont déposé un projet de loi qui vise à ce que les applications de streaming musical reversent 1,5 % de leurs revenus au Centre national de la musique (CNM).

Alors qu’aucune plateforme de streaming audio du marché français n’arrive à être rentable, la mise en place d’une taxe pourrait se répercuter de deux manières différentes. Soit par une hausse du prix des abonnements des plateformes de streaming, soit par une baisse des redevances versées aux artistes et producteurs.

Quel rapport avec le rap ?

Le rap est l’un des styles de musique les plus dépendants du streaming. Depuis le premier semestre 2020 et selon le Syndicat national de l’édition phonographique (Snep), 87 % de la consommation des albums de rap, dans le Top 200 France, se fait par le streaming. À titre de comparaison, la variété atteint 17 %, la pop 38 %, le rock 57 % et l’électro/dance 78 %.

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Le rap est aussi l’industrie musicale qui contribue le plus à la part des productions françaises dans les classements. En 2020, 85 % des morceaux dits “urbains” au Top 200 Albums étaient des productions françaises, contre 55 % pour la pop, 20 % pour le rock et 60 % pour l’électro/dance.

Ce marché énorme est aussi l’un des moins représentés dans les demandes de subvention. En 2018, 107 des 1 046 subventions accordées par la Société civile des producteurs de phonogrammes en France (SPPF) concernaient un projet de rap francophone. L’absence d’artistes et de professionnels issus du rap dans ces instances en est l’une des principales raisons. Ce style de musique deviendrait alors l’un des principaux contributeurs de la taxe contre le streaming, sans jamais en obtenir les fruits.

Manifestation

Augmenter le prix des abonnements des plateformes de streaming semble improbable quand on connaît les difficultés financières qu’elles rencontrent. Pour Ludovic Pouilly, vice-président chargé des relations avec l’industrie musicale et les institutions de Deezer, cette taxe va bénéficier aux plus grosses entreprises américaines. “Augmenter nos tarifs servirait les intérêts d’autres plateformes sur le marché, en particulier Google, Facebook, Amazon et Apple. Ils peuvent s’acquitter de la taxe car la musique n’est pas leur principale source de revenus”, explique-t-il à Politico.

Taxer les artistes semble être l’option la plus probable, et ceux-ci commencent d’ores et déjà à s’exprimer sur le sujet. Sur les réseaux sociaux, quelques rappeurs et personnalités de l’industrie, comme Niska, Dosseh, Houssbad ou encore Oumar Samaké, ont exprimé leur mécontentement.

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