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Orelsan : On a classé (objectivement) tous ses albums

Publié le , modifié le

Par Aurélien Chapuis

On révise ensemble tous les projets d'Orelsan pour savoir (enfin) lequel est le meilleur.

Orelsan : On a classé (objectivement) tous ses albums

Pour établir ce classement, on a décidé d’utiliser aussi les albums communs d’Orelsan avec Gringe sous le nom Casseurs Flowters dont la BO de leur film. On a aussi décidé d’intégrer la réédition Epilogue de La Fête est finie comme un album à part entière car les 11 morceaux qui le composent sont trop importants pour les laisser dans l’album.

7. Orelsan et Gringe sont les Casseurs Flowters (2013)

Un album récréatif où Orelsan et son ami de toujours Gringe s’en donnent à cœur joie dans toutes les directions avec toutes les idées les plus folles, les plus irréalisables, les morceaux les plus cryptés. Au final, c’est la bande-son de leur série Bloqués, un petit segment divertissant entre deux blockbusters.

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6. Perdu d’avance (2009)

Un premier album réussi où se dessine tout de suite le profil d’Orelsan, le rappeur de province frondeur et détendu qui assume tout. L’alliance avec Skread est le gros point positif avec des productions faites sur mesure qui ressemblent un peu à ce qu’il faisait avec Nessbeal à la même époque. On sent aussi l’influence du roi sans couronne sur certaines structures de couplets ou de morceaux. Quelques titres ont un peu vieilli 13 ans après mais il reste des moments forts comme “Pour le pire”, “50 pourcents”, “Courez courez” et surtout l’excellent final “Peur de l’échec”. Mais quand le morceau le plus marquant reste le freestyle “Jimmy Punchline”, on se dit que c’est un premier album test avec ses qualités et ses défauts qui manque d’un certain souffle.

5. Comment c’est loin (2015)

Après le retour solo, l’album de groupe, la série, voici le film. Le parcours d’Orelsan dans les années 2010 est particulièrement exemplaire et cette bande originale en est un parfait marqueur. Très éclectique et en même temps très ramassée, l’album est un superbe mélange de productions d’illustrations de Skread et de morceaux barrés de passe-passe passe avec Gringe et des vrais voyages musicaux avec des narrations hyper créatives, entre scénario découpé, dialogues de film et rap au kilomètre. Des titres comme “J’essaye, j’essaye” avec la grand-mère d’Orelsan ou le touchant “Inachevés” avec Gringe marque à la fois une fin comme un début d’autre chose de plus grand.

L’influence des ovnis anglais comme The Streets se ressent de plus en plus dans la vision d’Orelsan, une influence qui explosera sur La Fête est finie. On apprécie la présence d’Akhenaton qui a réalisé parmi les BOs les plus créatives du rap et du cinéma à la française avec Comme un aimant ou Taxi. Le mélange avec la légende anglaise Wiley est très très fort.

4. Epilogue (2018)

La version étendue de La Fête est finie est un album à part car il développe certaines histoires, offre des versions alternatives, tout en plaçant des morceaux de bravoure plus précis et aiguisés. On est comme dans un multiverse Orelsan avec plusieurs facettes possibles qui se rencontrent. “Fantômes”, “Adieu les filles”, “Rêves bizarres” avec Damso, “Discipline”, en 11 morceaux, Orel plane facile sur le succès de La Fête est finie avec de la technique, de la clairvoyance et de la provocation. Une prolongation salvatrice.

3. Civilisation (2021)

L’attente était énorme et donc dure en remplir. Civilisation avait tout pour plaire autant que décevoir. Mais voilà Orelsan, Skread et Ablaye avaient un atout de leur manche : l’incroyable série documentaire Montre jamais ça à personne de Clément Cotentin, le frère d’Orelsan. L’album devient alors le point d’orgue d’une histoire hors-norme et notre vision en est donc beaucoup plus proche. Encore plus personnel que La Fête est finie, on sent que Civilisation a sûrement été l’album le plus dur à faire pour Orelsan.

Il y évoque toutes ses contradictions, ses doutes, il se recentre sur lui, sa famille, sa femme, tout en réfléchissant large sur le monde que l’entoure, comme observateur, toujours avec cette rime qui paraît juste, honnête. Orelsan est un rappeur qui accepte de vieillir et de rester sincère avec lui-même dans ses propos. Certains morceaux font un peu redites mais restent efficaces, d’autres ont peu de replay value mais la qualité est toujours au rendez-vous, de plus en plus même. La fin de l’album est totalement imparable, l’enchaînement “Dernier verre”, “Ensemble”, “Athéna”, “Civilisation” est sûrement un des meilleurs de l’histoire de rap français, même si le rap s’éloigne de plus en plus. Un album contrasté mais qui reste le haut du panier.

2. Le Chant des sirènes (2011)

Le retour le plus incroyable du rap en France. On le pensait terminé, écrasé par les polémiques, rendu aphone par des débats interminables et infondés. “Raelsan” a détruit absolument toutes les certitudes. Le véritable Orelsan naît dans les cendres du précédent. Nouvelle image, nouvelles sonorités. Certaines très contemporaines avec des touches de Dubstep vieillissent plus difficilement mais “Le chant des sirènes”, “Finir mal” ou “Des trous dans la tête” restent des témoins d’une époque où le rap français était à l’agonie et qu’Orel en explosait les dernières étiquettes. Et cet album place tous les jalons des incroyables années 2010 d’Orelsan et sa clique. “Ils sont cools” ? Oui. Ils vont créer une histoire unique dans la musique française en étant juste eux-mêmes. La victoire de la sincérité.

1. La Fête est finie (2017)

L’album somme. Il y a tout dedans. L’écriture de tubes pop, la narration très fouillée suite à la série et au film, le rap technique, l’humour et la sincérité de proximité. Le premier extrait est un électrochoc, “Basique”, sens du timing incroyable. Orelsan est dans sa zone, tout lui réussit. Nekfeu et Dizzee sur un morceau à l’équilibre fou, une mise en musique fouillée, des arrangements dingues. Tout est réussi jusqu’à l’incroyable final, “Notes pour trop tard”, testament d’une génération. Difficile de faire mieux, difficile de ne pas le mettre premier, même si on le voulait.