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Les albums du Wu-Tang et A Tribe Called Quest entrent à la bibliothèque du Congrès

Publié le

par Inès Richardson

Avec Alicia Keys et Buena Vista Social Club, Enter the Wu-Tang (36 Chambers) et The Low End Theory entrent enfin dans les archives.

Les albums du Wu-Tang et A Tribe Called Quest entrent à la bibliothèque du Congrès

À l’occasion de l’ajout annuel de vingt-cinq enregistrements “significatifs en culture, histoire ou en esthétisme” datant d’il y a au moins dix ans dans la bibliothèque du Congrès, Carla Hayden, directrice, a sélectionné les œuvres d’A Tribe Called Quest et du Wu-Tang Clan, deux piliers révolutionnaires du rap new-yorkais des années 1990.

En 1991, A Tribe Called Quest dévoilait sa deuxième sortie studio et instaurait la fusion définitive du jazz et du rap. Si le groupe new-yorkais a installé une lourde tendance du rap nineties, le Wu-Tang Clan débarquait deux années plus tard avec son premier album, façonnant le son du rap hardcore et réaffirmant la capacité créative de la scène East Coast.

Classés désormais au prestigieux National Recording Registry, The Low End Theory et Enter the Wu-Tang (36 Chambers) frappent toujours l’esprit et les oreilles depuis près de trente ans. Jugés comme des “trésors audio”, les deux albums rentrent enfin dans les archives américaines. Le rappeur Q-Tip et sa bande d’A Tribe Called Quest ont déclaré être “honorés que [leur] travail soit ajouté au prestigieux National Recording Registry parmi tant d’autres œuvres étonnantes”.

De la pop au jazz en passant par la musique latine… et des émissions

Les dernières sélections nommées au registre s’étendent de 1921 à 2010 en proposant rock, pop, R’n’B, hip-hop, country et jazz. Par ailleurs, des enregistrements historiques sont aussi ajoutés à la liste avec de célèbres discours du président Franklin D. Roosevelt, les émissions de WNYC sur le 11-Septembre et une interview en podcast avec le comédien Robin Williams.

La liste de cette année met à l’honneur d’autres artistes de renommée internationale. Représentant à nouveau New York City, Alicia Keys entre à la bibliothèque du Congrès avec son premier album, Songs in a Minor, aux côtés d’Ellington at Newport de Duke Ellington et de Canciones de mi padre de Linda Ronstadt.

Toujours avec éclectisme s’ajoute également à ces archives prestigieuses l’album homonyme du groupe Buena Vista Social Club, paru en 1997. Après que le guitariste Ry Cooder et le producteur Nick Gold ont réuni un ensemble vingt musiciens cubains en 1996, ce classique a fait connaître à la musique cubaine et latine le succès dans le monde.

De nombreuses archives hip-hop

La bibliothèque du Congrès de Washington, considérée comme la plus grande du monde, offre un accès aux archives créatives des États-Unis – et à de nombreux documents du monde entier – à la fois sur place et en ligne. Au fil des années, elle a notamment archivé de nombreux classiques du hip-hop américain.

Parmi eux, The Chronic de Dr. Dre, album grâce auquel Snoop Dogg s’est fait un nom avec “Nuthin’ but a ‘G’ Thang” et “Bitches Ain’t Shit”, The Miseducation of Lauryn Hill de Lauryn Hill, Straight Outta Compton de NWA, Raising Hell de Run-DMC, The Blueprint de Jay-Z ou encore Illmatic de Nas, premier album du rappeur sorti en 1994, alors qu’il était âgé de seulement 20 ans, changeant l’histoire de la musique américaine en neuf morceaux.

La directrice de la bibliothèque du Congrès, Carla Hayden, est revenue sur l’importance d’archiver de tels monuments de notre culture :

“Ce registre national des enregistrements va préserver notre histoire par le biais de ses enregistrements vibrants de musique et de voix qui ont reflété notre humanité et forgé notre culture pendant les 143 dernières années. Nous avons reçu à peu près 900 candidatures directement du peuple cette année et nous sommes vraiment reconnaissants de ce mouvement qui aide la bibliothèque du Congrès à préserver les différents sons de notre histoire et de notre culture.”

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