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L’Écume des jours : l’adaptation réussie de Michel Gondry

L’Écume des jours : l’adaptation réussie de Michel Gondry

Publié le

Un film fourmillant d’idées

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L’Écume des jours au cinéma, c’est deux heures et cinq minutes qui nous plongent dans un autre monde. Celui du romancier avant tout : le couple Colin-Chloé, le tombeur et cuisinier Nicolas, le philosophe star Jean-Sol Partre dont Chick est dépendant, sa compagne Alise, la danse du biglemoi, Duke Ellington et le jazz. Ce fourmillement d’idées à la Boris Vian, illustré par le pianocktail (inventé par Joris-Karl Huysmans dans son livre A rebours – 1884) résonne parfaitement dans l’univers imagé de Michel Gondry.
Et son hyper-activité visuelle permet de rendre compte, à chaque image, à chaque scène, du monde du romancier. Tel un chef d’orchestre agile, Michel Gondry réussit le challenge de montrer l’histoire de L’Écume des jours à travers une mise en scène réjouissante sans forcément coller au verbe du romancier. Il se permet quelques libertés, illustrant par là que même si le livre, dès les premières minutes, est de marbre, il l’adapte à sa manière.
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Ainsi, le personnage d’Audrey Tautou n’a pas les cheveux frisés, ni les yeux bleus; de véritables “petits fours” sont servis et Colin et Chick prennent des pilules à la Jean-Sol Partre. Pour la deuxième fois dans sa carrière cinématographique, Michel Gondry n’utilise pas sa créativité pour raconter le fond de l’histoire (les créativités de Stéphane dans La Science des Rêves ou les adaptations suédées de Jerry dans Soyez sympas, rembobinez) mais la forme. Tout comme Eternal Sunshine Spotless Mind qui voyait la mémoire s’évader, L’Écume des jours éclaire ici, avec des inventions adéquates, des thèmes n’ayant aucun lien avec la création : une fuite en avant de l’amour, du temps et de l’argent. Des êtres, finalement.

Gondry reprend Vian à la lettre et à l’objet

L’Écume des jours, une adaptation cohérente et addictive