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J’ai écouté pour la première fois Opéra Puccino d’Oxmo Puccino

Publié le , modifié le

Par Timothée Van Poecke

À 24 ans, je décortique un des classiques du rap français et je vous partage mon ressenti.

J’ai écouté pour la première fois Opéra Puccino d’Oxmo Puccino

J’ai 24 ans, je suis journaliste musique, et en tant que mordu de rap, j’ai des devoirs à faire. Quand je parle de “devoirs”, je parle d’écouter des albums et des morceaux qu’une personne qui se revendique “passionnée” devrait avoir écoutés. La discographie d’Oxmo Puccino fait donc forcément partie de ma liste de choses à grignoter.

La vision que je me fais d’Oxmo aujourd’hui, c’est celle d’un artiste respecté, sincère et connu pour une certaine forme de sagesse. J’ai le sentiment que la scène rap français actuelle interprète sa carrière de la même manière. Que ce soit sur Paradise avec Hamza, Météo avec Jäde ou sur “26 décembre 1999” avec Lacrim, Oxmo est là pour raconter une histoire plus que pour montrer qu’il sait kicker. Il est devenu le “père” de beaucoup, et quand j’écoute Opéra Puccino, je comprends un peu mieux cette évolution.

Me parle pas d’âge

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Quand j’ai écouté pour la première fois, d’une traite, Opéra Puccino, je me suis rappelé l’âge auquel Oxmo a enregistré ce projet. À 23 ans, sortir un album aussi mature et profond, c’est fort. Vanter les qualités d’écriture de “Black Jacques Brel”, ce n’est pas très original, mais je vais quand même le faire. Après tout, je suis là pour donner mon avis.

Comme beaucoup (je suppose), la première chose que je me suis dite quand j’ai écouté le projet était : mais quel travail sur l’écriture. Quand on parle de poètes dans le rap aujourd’hui, on pense forcément au bon vieux Oxmo, et à juste titre. Dégager autant d’émotions et de messages en étant aussi précis sur les rimes, c’est un art qui lui est propre et qui lui va comme un gant. On peut pleurer ou se sentir pleinement investi par les histoires d’Opéra Puccino et c’est ce qui fait, selon moi, la grandeur de ce disque.

Storyteller

On reste encore un peu dans l’art de raconter des histoires. Ce qui m’a aussi particulièrement marqué sur Opéra Puccino, ce sont les interludes qui accompagnent le projet. Un mélange de sincérité et de fiction qui apporte une réelle plus-value au disque. J’ai le sentiment que la scène actuelle se sert d’interludes pour simplement créer une ambiance, de la même manière que “Black Mafioso” sur l’album. Mais en ce qui concerne “Peu de gens le savent”, c’est plus que ça. Il raconte la réalité de la rue d’une manière si naturelle. Je crois d’ailleurs que c’est l’un de mes interludes préférés du rap français.

À chaque fois que j’écoute un projet dévoilé avant 2000, je me dis toujours que j’aurais aimé vivre la sortie de ce disque. C’est différent d’écouter aujourd’hui un album qui a plus de vingt ans que de le vivre dans le contexte d’une époque particulière. Qu’est-ce qui était à la mode en 1998 ? Quelles attentes le public avait sur Oxmo ? Quelles sont les petites histoires qui accompagnent Opéra Puccino ? À mon niveau, écouter un projet, ce n’est pas suffisant.

Je reconnais les qualités d’Opéra Puccino, je comprends pourquoi on le décrit comme un classique du rap français, mais ça ne le fera pas entrer dans ma playlist pour autant. Un projet d’Oxmo, dans la forme, c’est très différent de ce que la majorité du public actuel attend. Dix-huit titres de rap et de poésie, ça fait du bien, mais une fois de temps en temps. Je considère cependant qu’il est toujours important de se replonger dans ce genre d’œuvres pour garder des repères et se rappeler les différents âges d’or du rap français. Je dis tout ça, mais je garde quand même “Qui peut le nier !” près de moi, mon titre favori d’Opéra Puccino.

Mon top 3

3. Peu de gens le savent (interlude)

2. Le jour où tu partiras ft. K-Reen

1. Qui peut le nier !