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Forrest Gump : une histoire de la contre-culture américaine en chansons

Publié le

par Théo Chapuis

Forrest Gump : une histoire de la contre-culture américaine en chansons

Elvis, animal avec “Hound Dog”

“Blowin’ in the Wind”, une hypocrisie hippie

Forrest Gump grandit vite. Son amour de jeunesse, Jenny, jouée par une Robin Wright à l’opposé de son personnage froid comme le gel de Claire Underwood dans House Of Cards, se tient toujours près de lui. Un soir, dans l’intimité de sa chambre d’étudiante, elle déclare à Forrest :

Moi, je veux être célèbre. Je veux être chanteuse comme Joan Baez. Je veux être seule sur une grande scène avec ma guitare, ma voix… rien que moi. Je veux toucher les gens au plus profond d’eux-mêmes.

Elle finit par y arriver et à chanter sous les projecteurs… devant une meute de G.I. en chaleur, les yeux rivés sur sa plastique. Peu importe, elle interprète sa propre version de l’hymne “Blowin’ In The Wind”. Tout comme une autre chanteuse du début des années 60 qui popularisa également la chanson, Joan Baez.
Figure emblématique de la contre-culture américaine des années 60, cette musicienne et pasionaria inspirera de nombreuses jeunes musiciennes, telles Emmylou Harris et Joni Mitchell. Que ce soit à Woodstock ou bien sur les planches des music-halls du pays entier, elle croisera également souvent Janis Joplin et d’autres icônes légendaires du mouvement hippie.
Ainsi, il n’est pas étonnant que cette passionnée de folk, qui eut le coup de foudre pour la musique de Pete Seeger ou Woody Guthrie, ait donné de la voix pour entonner la fameuse rengaine :

The answer my friend, is blowin’ in the wind / The answer is blowin’ in the wind…

J’ai écrit cette chanson en 10 minutes, aligné les mots comme un chant religieux […]. C’est dans la tradition du folk. Tu prends juste ce qui a été transmis.

“Fortunate Son”, blues rock et lutte des classes

Some folks inherit star spangled eyes / Ooh, they send you down to war, Lord / And when you ask ’em, “How much should we give?” / Ooh, they only answer “More! More! More!”, y’all
It ain’t me, it ain’t me, I ain’t no military son, son / It ain’t me, it ain’t me, I ain’t no fortunate one, one

Quand les Black Panthers voulaient récupérer Jimi Hendrix

Hey Joe, hey, Joe, I heard you shot your woman down, baby / He said, “Yeah, I did it, yes I did, I shot her” / You know I caught her messing’ ’round with another man

Heureusement, Forrest, lui, est trop amoureux de Jenny pour lui faire le moindre mal.

“Free Bird” et la mort du rêve hippie

Leur chemin s’étant séparé à nouveau, Jenny ne perd pas ses mauvaises habitudes et continue de fréquenter des toxicomanes. Un soir, prise par le doute, elle se rend sur le balcon de l’appartement, où elle se défonce avec ses amis. Là, seule dans le froid de la nuit, elle grimpe doucement sur la rambarde, se perche sur le rebord. Là, prise de vertige par l’effervescence urbaine qu’elle surplombe, elle finit par trébucher… et se rattraper in extremis. Avant de renoncer. Derrière, c’est la furie des guitares de Lynyrd Skynyrd qui lance l’appel désespéré de sa (quasi) tentative de suicide.
“Free Bird” a été écrite par un groupe maudit. Lynyrd Skynyrd, chantres du tout jeune hard rock, tranchent dans le vif des protest songs. La voix de Ronnie Van Zandt est puissante, les notes de guitare haut-perchées et “Free Bird”, sortie en novembre 1974, est un succès immédiat et l’épique conclusion de chacun des concerts du groupe. Ses paroles semblent chanter la faiblesse de chaque être humain.

Lord knows, I can’t change / Lord help me, I can’t change

Et après ?

Looking out at the road rushing under my wheels / Looking back at the years gone by like so many summer fields / In ’65 I was seventeen and running up 101 / I don’t know where I’m running now, I’m just running on…

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