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Entre gel et appropriation culturelle, on vous raconte l’histoire des baby hair

Publié le

par Coumbis Hope Lowie

Mais qu’est-ce qu’il se passe avec les baby hair ? C’est quoi ? On les fait comment ? Ça va à tout le monde ? C’est de l’appropriation culturelle ou pas ?

Entre gel et appropriation culturelle, on vous raconte l’histoire des baby hair

Rabbani and Solimene Photography

Si vous ne savez pas de quoi on parle, c’est que vous ne traînez pas assez sur Instagram et TikTok. Ouvrez l’une de ces applications et vous verrez plein de filles (et de garçons) avec des petits cheveux collés sur le haut du front ou sur les tempes.

Mais pourquoi ? Parce que c’est beau et surtout, ce sont des baby hair. Et ils viennent de loin. De très loin, même. Les années folles, Gatsby le Magnifique, le début de la radio, les chapeaux cloches… Ça vous parle ? On espère que oui, parce que l’ère des baby hair commence en 1920 avec Joséphine Baker. LA Joséphine Baker.

La meneuse de revue et résistante la plus célèbre du monde popularise cette coupe, très mouillée, dans la communauté noire américaine. Tout le monde veut sa coupe courte avec la petite mèche bouclée sur le front. Sinon, à quoi bon ?

Avant Baker, on aurait dit que la planète entière (ou du moins, l’Amérique du Nord) ne savait pas quoi faire de ses cheveux de bébé. Après son passage, ils sont graissés, plaqués et mis en forme. Et il faut que la courbe soit belle, sinon, on rentre chez soi.

Comme toutes les trends, celle-ci passe un peu à la trappe jusqu’à ce que, dans les années 1990, les rappeurs et chanteurs de R’n’B – hommes comme femmes – s’emparent des baby hair. Ces petits cheveux rebelles ont de nouveau le vent en poupe et tout le monde “plaque ses bords” (“laying edges”, en anglais) comme jamais.

Mais il est où, le souci, du coup ? À cette époque, les baby hair sont super tendance dans la communauté noire mais ils sont vus comme très “ghetto” par le reste de la société.

Et, heureusement, les Afro-Américains s’en fichent et ils plaquent, plaquent et plaquent (à la bonne franquette) jusqu’à ce que le monde entier se mette à plaquer.

Les latinos d’Amérique du Sud sont les premiers à saisir la vibe et maintenant, même l’univers de la mode et les influenceuses TikTok ont investi dans un bon pot de gel.

C’est cool et très joli (quand c’est bien fait) mais ça en énerve quelques-uns, voire beaucoup de monde. Et surtout les premières concernées, les Afro-Américaines. Sur leurs réseaux sociaux comme Twitter et sur leurs blogs, on peut lire le même sentiment. Et il se résume à ça : “Quand on le fait, c’est cheap, et quand eux le font, c’est high fashion.” Pourquoi ? Elles misent sur le racisme et la condescendance et elles n’auraient pas vraiment tort.

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Beaucoup de trends afro-américaines sont critiquées jusqu’à ce qu’une autre tranche de la société américaine s’y mette. Ça a été le cas pour les longs ongles, les boucles d’oreilles créoles, les diamants sur les dents… Il est temps que ça change, non ?

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