Disney : pourquoi Raya et le Dernier Dragon est considéré comme raciste

Disney : pourquoi Raya et le Dernier Dragon est considéré comme raciste

Le dernier Disney ne plaît pas à tout le monde.

Dans un contexte de recrudescence d’actes anti-asiatiques aux États-Unis, la population internationale se mobilise pour condamner le racisme ambiant. Dans un élan fédérateur, des manifestants comme des internautes étaient nombreux à partager leur colère et leur soutien à la communauté asiatique le week-end dernier, suite aux fusillades meurtrières dans des salons de massage en Georgie.
Depuis que la pandémie de Covid-19 – dont la première infection signalée aurait eu lieu dans un marché de Wuhan en Chine – a dévasté le monde, le nombre d’actes racistes à l’égard des personnes d’origine asiatique a explosé depuis un an. Alors président, Donald Trump ne cessait de qualifier le virus de “peste chinoise”.
Pour lutter contre les préjugés et les discriminations envers les communautés asiatiques, Pixar a mis en ligne deux courts-métrages portant précisément sur le thème de l’immigration en février dernier.
Cette démarche solidaire, véhiculant ainsi des valeurs d’ouverture et de bienveillance, avait été saluée par le monde entier. Aujourd’hui, Disney fait pourtant face à une polémique raciste pour son dernier film Raya et le Dernier Dragon, réalisé par Don Hall, Carlos Lopez Estrada, Paul Briggs et John Ripa.

Comme on peut le lire dans les colonnes de Madmoizelle, Disney est accusé de ne pas avoir spécifié les origines de l’héroïne et des influences du film. Dans le monde imaginaire de Kumandra, Raya est une jeune guerrière qui s’est donné pour mission de rassembler les peuples divisés pour rétablir la paix et l’harmonie dans son royaume, où jadis les humains et les dragons vivaient en harmonie.
Bien que l’histoire soit une fiction inventée par Adele Lim et Qui Nguyen, deux scénaristes respectivement d’origine malaisienne et vietnamienne, le récit a offensé plusieurs spectateurs. Erna Mahyuni, une éditorialiste du Malay Mail, a partagé son agacement :

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“On ne sait pas quelles sont les références de ce film. Est-ce que Raya est cambodgienne ? Thaï ? Laotienne ? Malaisienne ? Et je crois que ce qui a agacé pas mal de personnes en Asie du Sud-Est, c’est la façon dont Raya était présentée, elle est un méli-mélo de différentes cultures, cela donne l’impression que pour Disney toutes les personnes d’Asie du Sud-Est sont interchangeables.”

Cette dernière a souligné que si le film était très apprécié aux États-Unis et cartonnait au box-office, le public asiatique portait beaucoup moins le film dans son cœur, comme en témoigne ce tweet d’une internaute :

“Un rappel amical pour dire que les personnes d’Asie du Sud-Est ne sont pas contentes de Raya et le Dernier Dragon. C’est comme s’ils avaient mis toute la région dans un même panier et embauché très peu d’acteurs d’Asie du Sud-Est pour les rôles. C’est nul, comme si Disney ne se souciait pas de nous respecter.”

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Un casting qui ne passe pas

Outre-Atlantique, le casting est composé des célèbres Kelly Marie Tran, l’actrice de Star Wars victime de cyberharcèlement, et l’actrice et rappeuse Awkwafina. Toutes deux ont changé l’histoire d’Hollywood : l’une est la première femme de couleur à avoir obtenu un rôle important dans Star Wars et la première Asiatique à avoir fait la couverture de Vanity Fair, tandis que l’autre est à ce jour la première comédienne d’origine asiatique à avoir remporté un Golden Globes. À leurs côtés, on retrouve Gemma Chan, Sandra Oh ou encore Benedict Wong.
Ce casting a donc interpellé la communauté asiatique, jugeant qu’il aurait été préférable d’engager des acteurs et actrices issus de pays d’Asie du Sud-Est et non d’origine chinoise ou coréenne, comme le rapporte Erna Mahyuni :

“Ce qui est drôle c’est que la diaspora asiatique en Amérique apprécie ce film, et ils ont une bonne raison pour cela : presque toutes les doublures sont des acteurs d’origine asiatique. Mais à part pour le rôle principal, il s’agit de personnes qui viennent de Chine, de Corée… Je ne pense pas qu’on demanderait à quelqu’un d’Asie du Sud-Est d’être dans un film qui évoque la Chine, donc pourquoi l’inverse se fait-il ?”

En France, Disney a notamment fait appel à Anggun, Frédéric Chau, Jade Phan-Gia mais aussi à Émilie Rault et Géraldine Nakache pour les rôles principaux de Raya et Sisu, le dragon. Quoi que l’on pense de cette polémique, elle a le mérite de souligner la sous-représentation des Asiatiques au cinéma. Frédéric Chau était d’ailleurs venu s’exprimer sur le sujet, le temps d’une interview à retrouver ici :
https://www.facebook.com/watch/?v=268299780809931