Le Conseil d’État a validé mercredi 23 décembre la fermeture des théâtres et cinémas décidée par le gouvernement jusqu’au 7 janvier au moins, au vu du « contexte sanitaire » et du « risque d’augmentation de l’épidémie à court terme« .
Le maintien de la fermeture des lieux culturels avait été annoncé par le Premier ministre Jean Castex, le 10 décembre dernier, une décision qui avait « suscité la totale incompréhension de l’ensemble des acteurs du secteur« . Le monde de la culture avait alors saisi la justice administrative pour attaquer cette décision gouvernementale, estimant la mesure « éminemment inéquitable et disproportionnée« . Plusieurs associations de professionnels du cinéma et du théâtre avaient alors déposé neuf recours.
Ils ont été examinés lundi par la plus haute juridiction administrative qui estime que « la décision du Premier ministre, à la date de la présente ordonnance, ne porte pas une atteinte manifestement illégale aux libertés fondamentales dont se prévalent les requérants« .
Le Conseil d’État a toutefois donné partiellement raison aux plaignants en précisant que si la situation venait à s’améliorer sur le front du coronavirus, « leur fermeture ne pourrait être maintenue au seul motif qu’il existe un risque » de contamination dans ces lieux.
Il souligne aussi l’efficacité des protocoles sanitaires mis en place dans les salles de spectacles, où le risque de transmission du virus est dès lors « plus faible que pour d’autres évènements rassemblant du public en lieu clos« .
« Le Conseil d’État relève le caractère adéquat des protocoles sanitaires particulièrement stricts ainsi que les atteintes graves aux libertés« , ont souligné auprès de l’AFP les avocats Vincent Brengarth et William Bourdon, faisant part de la « déception » des théâtres parisiens qu’ils défendaient.
Mais ils y voient aussi un « espoir » de réouverture pour des salles fermées depuis le début du deuxième confinement fin octobre : « Dès que la situation s’améliorera, les théâtres attendent du gouvernement qu’il tire toutes les conséquences de cette décision importante du Conseil d’État et de sa motivation.«
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