Les 5 meilleures bandes originales des films de Paul Thomas Anderson

Les 5 meilleures bandes originales des films de Paul Thomas Anderson

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Par Thomas Andrei

Publié le

Boogie Nights, 1997


Dans son second film, PTA raconte l’histoire d’une pornstar de bas étage, jouée par Mark Wahlberg. On pourrait parler de la scène d’ouverture, montrant le jeune Mark faisant la vaisselle dans un club douteux, mais votre mémoire adolescente a certainement du retenir quelque chose de plus primaire : le corps d’Heather Graham.
Oui, Heather est belle, assez directe quand il s’agit de sexe, mais ce n’est pas tout. Avant de coucher pour la première fois avec le personnage campé par Mark Wahlberg, Heather choisit une chanson pas forcément formatée pour des rapports de ce type. “Brand New Key” est une chanson folk de Melanie Safka, sortie en 1971 sur son album Gather Me. Le morceau raconte une histoire de petite fille, de clefs, de vélos et contraste superbement avec le côté très cru de la scène. On se souviendra aussi de scènes bercées par “Fat Man” de Roberta Flack et bien sûr “99 Luftballons” de l’allemande Nena.

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Magnolia, 1999


Magnolia est sans nul doute le premier chef d’œuvre de PT Anderson. Il s’agit par contre d’un film long et pénible que vous ne pouvez pas forcément vous envoyer tous les dimanches. Les impressions que vous en gardez sont ainsi assez imprécises. On pense au visage fermé de Tom Cruise, à un William H. Macy génialement neurasthénique et aux yeux déprimés du regretté Philip Seymour Hoffman.
Toutes ces images un peu floues au grain 1990s si charmant sont en revanche bercées par une voix très claire, celle d’Aimee Mann. La songwritter américaine signe là ses plus jolies chansons avec l’aide du grand Jon Brion. Si on doit retenir un morceau, ce sera « Save Me ».

Punch-Drunk Love, 2002


Punch-Drunk Love est également son dernier film un peu aérien étudiant les relations entre bipèdes. Jon Brion, spécialisé dans ce genre d’atmosphères un peu légères et naïves signe du coup sa dernière BO pour Anderson.
Juste derrière, le compositeur signe une des plus belles bande son des années 2000 pour Michel Gondry et son grandiose Eternal Sunshine of the Spotless Mind. Pour revenir à PDL, le morceau le plus remarquable du film est probablement cette version retravaillée de « He Needs Me », un morceau d’Harry Nilsson également présent dans Popeye de Robert Altman.

There Will Be Blood, 2007


En 2007, Paul Thomas Anderson revient avec un monstre, une œuvre kubrickienne et furieuse intitulée There Will Be Blood. A des années lumières de ses films précédents, le film est porté par un terrifiant Daniel Day-Lewis et se déroule à la croisée des XIX et XXème siècles. Basé sur Pétrole !, un bouquin sorti en 1927 par Upton Sinclair, TWBB raconte l’histoire d’un impitoyable magnat du pétrole dans sa conquête de l’or noir.
Jonny Greenwood signe ici sa première BO complète, et c’est un miracle. Le son est pesant, prégnant, et vous engloutit comme une mare de pétrole. La musique de Greenwood combat le caractère inhumain et brutal du personnage de Daniel Day-Lewis et sert aussi de dialogue aux scènes basées sur son fils sourd et muet. La scène la plus incroyable du film reste probablement celle où un Daniel-Day Lewis couvert de pétrole contemple le désastre causé par l’explosion d’un des puits.

The Master, 2012


Les fans hardcore de PTA sont très clairs : Magnolia est le meilleur film des années 90, TWBB est le plus grand film des années 2000. Après ça ils s’attendaient bien logiquement à ce que The Master arrive en tête des grandes productions des années 2010, et furent forcément un peu déçus. Le film dépeint la vie de Freddie Quell, un vétéran de l’armée américaine et obsédé sexuel qui rencontre un gourou joué par Philip Seymour Hoffman.
The Master reste un film merveilleux, bien aidé une nouvelle fois par l’inquiétante toile musicale dressée par Jonny Greenwood. La bande son sublime la folie psychotique de tous les personnages, mais utilise aussi des standards jazz plus légers signés Ella Fitzgerald, Madisen Beaty et Jo Stafford. Le film se termine sur un anti-climax et un morceau superbe écrit par Larry Coleman en 1953 et chanté ici par Helen Forrest, « Changing Partners ». A ce moment là on se dit que la seule chose dont le personnage principal avait besoin était une nuit d’amour dans un lit douillet.