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Carlota Dudek, la B-girl qui rêve de décrocher une médaille aux JO 2024

Talents of tomorrow 2024 by Konbini

Carlota Dudek, la B-girl qui rêve de décrocher une médaille aux JO 2024

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© @worlwidezem/Konbini

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Par Yasmine Mady

Publié le

C’est Carlota, avec un seul t, B-girl Señorita Carlota pour les fans de breakdance.

Depuis quinze ans, on reçoit des artistes et personnalités mondialement connu·e·s de la pop culture, mais on a aussi à cœur de spotter les talents émergents dont les médias ne parlent pas encore.

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En 2024, après une première édition des Talents of tomorrow, on repart en quête de la relève. La rédaction de Konbini vous propose une série de portraits sur les étoiles de demain, qui vont exploser cette année. Des personnalités jeunes et francophones qu’on vous invite à suivre et soutenir dès maintenant.

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Portrait. Carlota Dudek, aka B-girl Señorita Carlota, jeune danseuse et athlète de 21 ans, fait partie de l’équipe de France de breaking. Pour la jeune prodige, qui pratique depuis ses 6 ans, la danse a rapidement été une évidence – son plan A. C’est à l’école primaire qu’elle fait ses premiers pas ; entre midi et deux, initiée à la danse grâce à une intervention scolaire. C’est aussi là qu’elle fait la rencontre de Naim, celui qui deviendra ensuite son coach.

Originaire du sud de la France, Carlota a fait ses débuts dans un crew junior qui répondait au nom de Break The Mars, short pour “break de Marseille”. Bien que le breakdance soit une discipline considérée comme masculine, dans ce crew, Carlota fait la rencontre de nombreuses filles, ce qui lui a permis de s’affirmer pleinement. C’est avec fierté que Carlota raconte comment elle a su trouver un espace d’empowerment à travers le breakdance et la culture hip-hop :

“Mes premiers battles étaient contre des adultes, contre des garçons. Moi, j’avais sept ans. Petite aussi, je faisais des battles avec des personnes en situation de handicap. On ne fait pas de différence. On vient avec un esprit ouvert parce qu’on sait que l’inspiration, on peut la puiser de partout. Et le fait d’être avec des garçons, ça m’obligeait à sortir de ma coquille et de ne pas avoir peur de faire les choses. Je les voyais se jeter au sol et essayer de faire de choses et je disais : ‘OK, vas-y toi aussi’.”

“Each one, teach one”, en français “tout le monde apprends de tout le monde” est un principe de base de la culture hip-hop, une philosophie qui a permis à Carlota de grandir dans sa pratique dès le plus jeune âge et pour laquelle, aujourd’hui encore, elle a une grande reconnaissance, surtout envers les personnes avec qui elle continue de progresser. “C’est un apprentissage énorme. En fait, je me sens comme une éponge dans le sens où je prends, je prends, je prends. Je prends les infos, ce qui me parle, ce qui me correspond et je me développe et comme ça, j’évolue beaucoup plus vite.”

Si elle a commencé à danser à 6 ans, Carlota est aujourd’hui une jeune femme de 21 ans. Affirmer sa féminité dans sa danse, spécifiquement en tant que B-Girl, c’est quelque chose qui lui tient à cœur. Lorsqu’on discute de ses inspirations, elle ne manque pas de nommer d’autres femmes comme B-Girl San Andrea ou encore B-Girl Kate dont la fluidité, la propreté et la détermination dans leurs manières de danser respectives l’inspirent tout particulièrement : “J’appuie sur le fait d’avoir une danse assez féminine. Justement, on fait des mouvements assez techniques qui demandent de la force. Donc on a ce côté un peu masculin. Mais du coup j’essaye d’y apporter une touche de féminité et de danser avec une certaine élégance.”

“On a ce côté un peu masculin. Mais du coup j’essaye d’y apporter une touche de féminité et de danser avec une certaine élégance”

Carlota est d’origine Cubaine et s’inspire naturellement de ses origines à la fois dans ses mouvements et dans son incarnation. Son nom officiel dans les compétitions,”B-Girl Señorita Carlota”, donné par son coach et dont elle n’était pas fan au départ, est devenu un nom qu’elle a fini par apprécier. C’est une manière pour elle d’incarner ses origines et de les représenter. Son amour pour sa culture, c’est ce qui rend la danse de Carlota si particulière et touchante. Lorsqu’on la regarde danser, on sent qu’elle raconte et qu’elle se raconte : “Je suis d’origine cubaine et ça m’a beaucoup influencé. Déjà, dans mes mouvements, j’intègre pas mal de pas de salsa. Mais il y a une autre nuance, c’est que je ne peux pas m’empêcher de sourire quand je danse et ça, je sais que ça me vient de Cuba. Cette positivité et cette persévérance.”

Cette positivité et cette persévérance ont mené Carlota à pouvoir vivre de sa passion aujourd’hui, et c’est sa plus grande fierté. Malgré les stigmates qui peuvent exister autour de la pratique du breakdance, elle y a toujours cru, s’est laissée porter par sa passion et ne compte pas s’arrêter de sitôt : “Je sais qu’en faisant ce que j’aime, je vais continuer d’exceller et m’épanouir pleinement et c’est qui m’aide à tenir quand c’est plus dur et que je n’ai pas toujours les résultats que je veux. Je préfère faire des sacrifices pour quelque chose que j’aime sincèrement. Je ne me vois pas faire une formation et rester derrière un bureau.”

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En 2018, elle participe aux Jeux Olympiques de la Jeunesse au Brésil. C’était un peu les premiers pas du breakdance aux JO, avant l’entrée par la grande porte à Paris cette année, où la pratique fera ses véritables débuts officiels dans l’histoire de la compétition. Le breakdance étant une discipline artistique, Carlota appréhendait l’accueil de la pratique dans ce tout nouveau monde. Finalement, elle est rentrée avec une cinquième place et des étoiles plein les yeux. “C’était fou. C’est un tout un nouveau monde. Tout le monde était très gentil, très bienveillant, On s’encourageait entre nous, entre pays, entre disciplines. Et là, je me suis dit oui, c’est ça le sport. Il y a de belles valeurs, des valeurs qui nous correspondent.”

Et s’il y a des personnes qui doutent de la place du breakdance dans une telle compétition car ce ne serait “pas assez un sport”, et que les B-girl et B-boy ne seraient “pas assez des athlètes”, Carlota leur propose très justement de “venir faire un battle contre elle” : “Quand on parle de danse, on pense que c’est juste du mouvement. Mais quand tu vois vraiment quelqu’un en face de toi en train de faire du break, tu te rends compte de l’aspect technique. Ce n’est pas anodin, on tourne sur la tête, on tourne sur les mains, tu te rends compte déjà que rien que là, il y a une difficulté physique qui est énorme.”

Les JO ont toujours été un rêve pour Carlota, avant même que sa discipline n’intègre la compétition. Sa défaite aux JOJ au Brésil lui a donné la détermination pour prendre sa revanche, et c’est pleine d’amour qu’elle nous a raconté ses premiers souvenirs avec cette prestigieuse compétition internationale alors qu’elle n’était encore qu’une enfant, à Cuba avec son grand-père : “Les JO, c’est quelque chose auquel j’ai toujours rêvé. Je me rappelle regarder des jeux à Cuba avec mon grand-père et je disais : ‘mais c’est excellent’. Le fait de voir que des gens font le déplacement dans le monde entier, que ça rassemble les meilleurs athlètes de toutes les disciplines. Et puis la fierté quand tu as quelqu’un de ton pays qui gagne, ce sont des émotions fortes que j’ai toujours voulu vivre. Je voulais faire partie de cette joie.”

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Pour 2024, elle rêve de décrocher une médaille aux Jeux Olympiques de Paris. Pas seulement pour elle, mais aussi pour sa famille et pour le drapeau bleu, blanc, rouge. Mais elle ne s’illusionne pas et se focalise pour l’heure sur les qualifications. “Les Jeux, c’est vraiment pour moi l’opportunité de m’accomplir en tant que danseuse et d’aller repousser mes limites, mettre quelque chose de concret sur tout ce que j’ai travaillé et le partager avec mes adversaires, avec le public français, que ce soit un beau moment et le récompenser avec la plus belle des médailles. Et on sait qu’il n’y aura qu’une édition pour le break, c’est un one-shot. Donc t’as envie d’être non seulement le premier représentant, mais le seul à aller prendre cette médaille-là.”

Ce que Carlota se souhaite pour l’année à venir, c’est de s’accomplir en tant que danseuse et d’exceller dans sa danse et ses mouvements. Nous, ce qu’on lui souhaite, c’est de continuer d’être ce rayon de soleil et de briller sur tous les sols qu’elle foulera – que ce soit celui de son garage, sa safe place, là où elle aime particulièrement danser, ou sur le sol des JO.

Vous pouvez suivre Carlota Dudek sur Instagram.