Biarritz Surf Gang : un docu revient sur les surfeurs “barjes” des années 80

Biarritz Surf Gang : un docu revient sur les surfeurs “barjes” des années 80

Surf, drogue et bastons : une histoire cachée du surf français.

Ils furent les premiers à vriller à 360 degrés sur les vagues. Et sur la plage. La fête, l’alcool, la drogue, les bastons, l’adrénaline : les surfeurs de la bande de la Grande Plage de Biarritz ont vécu sans limite leur passion, relatée dans un film au parfum rebelle des années 80.

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Le temps a passé mais rien n’a vraiment changé, ils surfent et “s’engueulent” toujours autant. Michel Larronde, La Mouche, Nabo, Eric Graciet, Kikette, Sammy et Tcheuch ont marqué le surf des années 80 avec insouciance et insolence.

Pour la sortie lundi en VOD du film qui leur est dédié, Biarritz Surf Gang (déjà sorti en 2017 sur Canal Plus), réalisé par Nathan Curren et Pierre Denoyel, ces surfeurs ont refait leur monde, le temps d’un échange avec l’AFP.

Les cheveux encore longs pour certains, ils parlent de leurs jeunes années déjantées, se chambrent et se chamaillent joyeusement. Ils s’enflamment en parlant du surf d’aujourd’hui et des piscines à vagues. “Vous vouliez savoir ce qu’on fait entre les vagues. Et ben voilà, en un mot : on passe notre temps à s’engueuler !”, lance Frédéric Etchebar, dit Tcheuch.

La célèbre bande de la Grande Plage, c’est l’histoire d’une jeunesse qui veut vivre sans concession ni carcan. “On était une bande de branleurs comme y en a sur toutes les plages mais à Biarritz la plage est en plein centre-ville, ça a tout changé. Et parmi nous, y a eu les meilleurs surfeurs de la génération”, poursuit Tcheuch.

Ingérables 

Ils ont fait les beaux jours de l’équipe de France des années 1980 au début des années 2000. Mais ils étaient ingérables. Leur priorité : faire la fête, sur l’eau et hors de l’eau.

“On était noir le matin des fois !”, se souvient Michel Larronde, premier Européen à avoir surfé les grosses vagues à Hawaii, où il vivra durant 25 ans. “On était repéré, on avait les cheveux longs blonds, on trainait jusqu’à pas d’heure, on sortait de l’eau on allait en boîte”.

Le film est habilement construit en mélangeant les images Super 8 des gars de la bande, leurs témoignages d’aujourd’hui, un dessin animé très coloré pour parler des moments noirs de leurs histoires, et des interviews des surfeurs rivaux, tels que la star américaine Laird Hamilton (inventeur du surf tracté) ou le triple champion du monde Tom Curren.

Les Frenchies parlent de leurs voyages, du bonheur de prendre une bombe, des bagarres avec les Australiens venus sur la côte basque un peu trop en terrain conquis, les virées qui finissent en pujilat, leur folie – ils ont brûlé tous les meubles d’une maison qu’ils avaient louée en Australie pour se réchauffer, y compris la clôture –, les comportements insolents (Tcheuch a uriné sur la table d’un juge), les exclusions de l’équipe de France. Et de l’addiction.

“Tout goûter”

“À l’époque on nous disait : fumez pas le pétard, c’est pas bon. Tu fumes un pétard : comment ça c’est pas bon, tu te fous de ma gueule ?! Et voilà, ça a commencé comme ça”, livre Joël Darrigues, dit Nabo.

“Moi j’ai été un peu loin avec un autre qui est pas là, je suis tombé dans les méandres, je me suis relevé grâce au surf, les drogues dures m’ont fait du mal. J’avais un cerveau qui était avide de sensations, je voulais tout goûter et je me suis fait baiser. C’est tout, c’est pas compliqué”.

“Ce que je cherchais c’était prolonger le plaisir et les sensations que me procurait le surf”, explique Nabo dans le film. “Mais regarde Michel, il a trouvé cette adrénaline à Hawaii en surfant des vagues toujours plus grosses”. Kikette, lui, s’était exilé aux Canaries où il a fait de la prison. Vol à main armée pour se payer sa dose. Il buvait trois litres de whisky par jour.

Tous sont désormais revenus “au bercail”, et vont, presque, tous bien. Ils voyagent toujours, partagent des sessions et rêvent ensemble d’un voyage à Tahiti, pour retrouver leurs potes de jeunesse. “Quand tu vis avec une passion tu vis plus heureux, y a pas à chier” : conclut Nabo à la fin du film.

Konbini avec AFP