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Au musée Bourdelle, déjeunez dans un resto planqué au cœur des ateliers du sculpteur

Lunch with a view

Au musée Bourdelle, déjeunez dans un resto planqué au cœur des ateliers du sculpteur

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Atelier de sculpture, 2023. (© Pierre Antoine)

Et découvrez les collections permanentes et les expositions temporaires pour le dessert.

Après deux ans de travaux de sauvegarde et de consolidation, le musée Bourdelle rouvre ses portes en fanfare avec des espaces complètement rénovés, un parcours repensé, une exposition du peintre Philippe Cognée et l’inauguration d’un nouveau café-restaurant, le Rhodia, baptisé en hommage à la fille du sculpteur français.

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En plein cœur des cités d’artistes du Montparnasse du XIXe siècle, ce lieu boisé de 450 mètres carrés situé à Paris accueille depuis 1885 Antoine Bourdelle et ses vastes collections riches de 5 000 sculptures, 6 000 dessins, 300 peintures et 15 000 photographies.

Son atelier fut sanctuarisé à la mort de l’artiste, en 1929, par son épouse Cléopâtre, puis donné à la Ville de Paris en 1947. Il a rouvert au public deux ans plus tard, dans le respect de ses objets et œuvres. Et depuis mars 2023, l’ancien appartement de la fille de Bourdelle et de son mari, le décorateur Michel Dufet, se fait l’écrin d’un nouveau restaurant qu’on a pu tester.

Atelier de sculpture, 2023. (© Pierre Antoine)

Mangez dans la lumière

Dès l’entrée, on remarque la lumière diffuse provenant de larges verrières, noyant la salle aux murs jaunes et au mobilier moderne. Au-dessus, une mezzanine cachée surplombe les tablées. “Dufet a mis à profit son expertise en matière d’aménagement de bateaux. […] Pour le décor, [il] avait aussi choisi de rendre hommage à Bourdelle par des appliques à structure métallique recouvertes de reproductions de projets dessinés par le sculpteur pour le théâtre des Champs-Élysées, aujourd’hui refaites à l’identique”, détaille le communiqué de presse.

La récente rénovation a été pensée par le cabinet Same Architectes – en collaboration avec la designer Alizée Freudenthal – qui a créé des pièces sur mesure. On retrouve des luminaires Céline Wright “et du mobilier chiné des années 1950-1960” comme ces “chaises d’Olavi Hänninen et Pierre Gautier Delahaye”, une bibliothèque signée Pierre Cruège, mais aussi des tables semi-circulaires “en travertin” pour trois personnes et des grandes tables familiales de huit personnes conçues par le céramiste Cyril Dennery.

Derrière la carte saisonnière aux inspirations latines : Jean-René Chassignol, le fondateur des restaurants Isana, et ses équipes, qui proposent “une carte vive et réconfortante, nourrie de clins d’œil à la vie de l’artiste”, pour petit-déjeuner, déjeuner ou goûter.

Rhodia, café-restaurant, musée Bourdelle. (© Marielle Gaudry)

En vrac : empanadas, soupe du jour et viande du jour, poulet et patate douce rôtis, ceviche de lieu noir, flan à la fleur d’oranger, riz au lait épicé à l’orange confite, bol de chia au jus de figue de Barbarie, tarte aux poires, cake de polenta, pâte de haricots noirs, golden latte, lait de poule et houmous mexicain. C’est frais, singulier et coloré.

Parmi les clins d’œil à l’artiste dont nous investissons les ateliers : la madeleine d’Antoine, la soupe à l’ail de son Sud-Ouest natal, la salade Bourdelle et le goûter des Dufet. Les formules du midi portent les noms de Rhodia, Cléopâtre et Michel.

Philippe Cognée mis à l’honneur

Pour sa réouverture, le musée présente la plus importante rétrospective du peintre et sculpteur français Philippe Cognée à travers sa série Le Catalogue de Bâle. Des centaines et des centaines de petits formats sont exposés sur des pans de murs qui forment un labyrinthe.

Exposition Philippe Cognée, “La peinture d’après”, musée Bourdelle, 2023. (© Nicolas Borel)

Réalisée entre 2013 et 2015, cette série “est constituée d’un millier d’œuvres élaborées selon un même protocole : l’artiste, après avoir déchiré des pages issues des catalogues d’Art Basel, peint une copie de et sur la reproduction d’une œuvre”.

On tombe donc dans des “repeintures” de sculptures de Jeff Koons ou Alberto Giacometti, des installations de Damien Hirst et Yayoi Kusama, des photographies célèbres ou “moins connues, voire oubliées”. Un parcours hypnotique qui nous force à chercher dans notre mémoire pour reconnaître ces œuvres reproduites à l’identique.