À Lyon, les activistes qui avaient aspergé un tableau de Monet sont poursuivies en justice

À Lyon, les activistes qui avaient aspergé un tableau de Monet sont poursuivies en justice

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© Riposte Alimentaire/X

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Par Konbini avec AFP

Publié le , modifié le

Les deux activistes sont convoquées devant la justice le 21 mai prochain pour "dégradation de biens culturels".

Deux écologistes qui avaient jeté de la soupe sur une toile vitrée de Claude Monet dans un musée lyonnais en février sont convoquées devant la justice pour “dégradation de biens culturels”, a-t-on appris de source judiciaire. L’audience se tiendra le 21 mai devant le tribunal correctionnel de Lyon.

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Le 10 février dernier, deux membres de Riposte alimentaire avaient aspergé le tableau de Claude Monet, Le Printemps, selon une vidéo diffusée par ce mouvement écologiste qui avait déjà revendiqué une action similaire contre La Joconde. Le musée des Beaux-Arts de Lyon avait dénoncé un acte de vandalisme et porté plainte. Des dégâts ont été constatés sur le cadre, mais pas sur la toile qui était “vitrée”, selon le musée.

Depuis l’automne 2022, en Europe principalement, des écologistes ont multiplié les actions visant des œuvres d’art pour alerter l’opinion publique sur le réchauffement climatique, collant par exemple leurs mains sur une peinture de Goya à Madrid, jetant de la soupe à la tomate sur les Tournesols de Van Gogh à Londres et étalant de la purée de pommes de terre sur un chef-d’œuvre de Claude Monet à Potsdam.

Mise à jour du 22/05/2024 : deux mois de prison avec sursis ont été requis par le procureur de Lyon contre ces activistes. “Je ne suis pas heureuse d’avoir dû faire ça”, a déclaré S., étudiante en art, mais “c’était une nécessité” face à l’urgence climatique. “Quand de manière aveugle, immature et inconsidérée on cherche l’attention pour faire parler d’une cause, on en dégrade une autre”, l’accès pour tous·tes à l’art, a déclaré le procureur.

Durant l’audience, les activistes ont raconté être “entrées en résistance civile”, après avoir constaté que “les moyens légaux” pour alerter sur le changement climatique “ne fonctionnaient pas”. “L’objectif n’est pas de dégrader l’art”, les deux assurant avoir pour cette raison porté leur choix sur un tableau sous vitre. La toile n’a pas subi de dommages.

Les deux avocates de la défense ont demandé la relaxe au nom de la liberté d’expression et de l’état de nécessité. Me Laurène Griotier a rappelé que l’impact négatif du changement climatique peut être considéré comme un péril imminent. Elles ont choisi ce tableau “parce que ça choque”, a ajouté Me Adeline Dubost, notant qu’on est “plus ému·e·s par de la soupe sur un tableau que par la réalité”. La mairie s’était constituée partie civile, demandant un euro symbolique de dommages et intérêts pour la réparation du cadre. La décision a été mise en délibéré au 18 juin.