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Vivre dans l’univers de Mad Max : avantages VS inconvénients

Vivre dans l’univers de Mad Max : avantages VS inconvénients

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Par Antonin Gratien

Publié le , modifié le

Vous pouvez faire les fifous au volant mais…

Paysages de désolation, zones de non-droit, voitures filant à toute berzingue… Bordel, on est où, là ? Au cœur de la franchise ultra testostéronée Mad Max, bien sûr. Une saga dystopique étalée sur quatre films de George Miller paru entre 1979 et 2015. Quatre longs métrages pleins de bruit, de fureur et de monstrueuses cylindrées inscrits dans un écosystème cinématographique aux âpres contours qui, au premier abord, ne donne guère envie d’y glisser ne serait-ce qu’un orteil. Mais fait-il si mauvais vivre aux côtés de ce bon vieux Max ? Arguments pour, argument contre. Fight !

1. Vous pouvez devenir le bestie de Maxou…

Et ça, c’est la classe. Primo parce que Max Rockatansky (oui, le perso a un nom de famille), arbore les traits de rien moins que Mel Gibson, puis Tom Hardy – on a vu pire niveau casting. Secondo parce que Max se révèle assez vite être la “badasserie” incarnée. Le type fait une blague, tout le monde rit. Il dégaine son flingue, tout le monde la boucle. Max est l’as du pilotage, de la punchline acérée, des sessions survie en milieu hostile. D’évidence, être son ami, son pote ou même une vague connaissance pourrait faire office de life goal à part entière. Avec, en creux, l’espoir qu’un peu de son charisme déteigne sur vous.

… mais il est complètement fêlé.

On avait oublié de préciser. Max devient “Mad” à la fin du premier volet de la saga. Flic modèle spécialisé dans les courses-poursuites, il bascule dans une barbarie mutique après que son nouveau-né et sa femme sont assassinés par un gang criminel. Fini les blagues, terminé la bamboche. Max avance seul – ou avec un bouvier allemand maximum. Témoin de l’horreur d’un monde livré à toutes les violences, tous les excès, au fil des films, la part d’humanité de Max se réduit à peau de chagrin. Bientôt, une seule chose compte : survivre. Partant de là, pas sûr que traîner avec lui soit hyper fun. Perso, on passe notre tour.

2. Le cuir revient (enfin) à la mode…

C’est un peu LE fashion choc de la saga. Les protagonistes arborent en masse du cuir noir. Et attention, on ne parle pas juste d’un perfecto par-ci, d’une ceinture par là. Mais de véritables ensembles qui sont, de nos jours, trop malheureusement conspués par les magazines lifestyle. Bottes de cuir, gants de cuir, pantalon de cuir, veste de cuir… Vous saisissez l’idée. De cette garde-robe uniforme se dégage une aura sauvage, brutale – rock’n’roll. Clin d’œil de George Miller au mouvement punk ? À coup sûr. Et ça, on valide. L’occas’ inespérée de ressortir ces fameuses santiags que l’on pensait (injustement) condamnées au placard.

… mais c’est vraiment pas l’enjeu du moment.

À moins que vous ne soyez vraiment du genre dans la lune, vous aurez tôt fait de comprendre qu’au royaume des gangs de motards et autres “war boys” fanatiques, le style vestimentaire est le cadet de vos soucis. Après tout, dans Mad Max : Au-delà du dôme du tonnerre (1985), le globe entier a été ravagé par une guerre nucléaire. Des vertes prairies d’antan, il ne reste que poussière. Les civilisations que d’aucuns pensaient immortelles se sont effondrées pour laisser place, çà et là, à des tribus belliqueuses où l’on escroque, roublarde, et tue pour tout et pour rien. Surtout pour rien. En gros, l’heure n’est plus aux défilés – tout le monde s’en tamponne de vos santiags. Sorry, not sorry.

3. Vous pouvez vous éclater au volant…

Oubliez les galères du Code de la route. “Est-ce que je peux aller à 130 sous la pluie ?”, “En cas de rond-point, à qui la priorité ?” etc. Dans la tranche postapocalyptique de la franchise Mad Max, c’est clairement la cour de récré’, à peine la seconde enclenchée. Rien que ça double à droite, à gauche. Ça met des pointes de vitesse, ça drift en boucle. Quelle frime. Quel plaisir, aussi, faut avouer. Surtout lorsqu’on sait que personne n’est là pour sanctionner ces abus. L’humanité est un chouïa trop occupée à ne pas s’éteindre en tant qu’espèce pour s’amuser à distribuer les PV. Allez, donnez-vous en à cœur joie. Le bitume vous appartient – et personne ne vous regarde.

… mais il y a une légère pénurie d’essence.

C’est bien sympa les virées en auto avec les copines, les copains. Encore faut-il avoir quelque chose à mettre dans le réservoir de la bagnole pour assumer le chemin retour. Pas une mince affaire, lorsqu’on parle d’un monde où l’industrie de l’exploitation pétrolière s’est effondrée. En fait, ce carburant est carrément devenu – avec l’eau – la denrée la plus précieuse. Vitale, diraient certains. Alors pas question d’en gâcher le moindre centilitre pour assouvir vos caprices d’ado en mal de cascades. Capish ?

Récap’

Bon, bon, bon. On va pas se mentir : l’idée de passer rien qu’une petite demi-heure du côté de Mad Max a de quoi foutre les jetons aux plus bravaches d’entre nous. Il fait tout le temps trop chaud. On mange mal, on dort mal. L’espérance de vie ne dépasse guère les 40 ans. Tout n’est que violence aveugle, cupidité débridée, sadisme décomplexé.

Les (très menus) atours de l’univers ne sont, derrière leur vernis, que néant. Max était un emblème du cool ; il s’est mué en guerrier apathique et taiseux (on vous laisse dénombrer les répliques de Tom Hardy, dans Mad Max : Fury Road). La renaissance du cuir nous avait enchantés ; elle est dépourvue de sens dès lors que chacun ne songe qu’au moyen de survivre jusqu’à demain. L’idée de rouler sans restriction avait tout pour nous séduire ; l’amertume de ne pas pouvoir s’y adonner à fond à cause de la rade de carburant n’en est que plus grande.

Bref. Le monde-catastrophe de Mad Max, c’est en mode fiction qu’on l’apprécie. Sur un écran, bien, bien, éloigné de notre réalité. Que les fans (à distance) de l’univers se réjouissent : le tournage du préquel de Mad Max : Fury Road suit son cours. Ce nouvel arrivant de la franchise se concentrera sur l’histoire de Furiosa avec, dans le rôle-titre, Anya Taylor-Joy (The Witch, Split…). Rendez-vous à l’été 2024 pour prendre des nouvelles de l’univers Mad Max. Confortablement installé dans une salle climatisée. Les pieds en éventail, le pop-corn entre les mains. Cheers