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Sur Prime, Anne Roumanoff claironne que “Tout va bien”

Sur Prime, Anne Roumanoff claironne que “Tout va bien”

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Même si aux alentours, ça crame fort.

Nous sommes en 2019. Mais si, mais si, 2019. Rappelez-vous : pas encore de covid, mais une gronde sociale sourde. Grève des transports, mobilisation des gilets jaunes, débats autour de la réforme des retraites… Une ambiance de fin du monde, quoi. Dans ce contexte électrique, tous y allaient de leur petit mot catastrophiste. Tous sauf Anne Roumanoff qui, en papesse de la positive attitude par météo ombragée, avait alors dévoilé Tout va bien.

Dans ce nouveau seul en scène, la sémillante ex-chroniqueuse d’Europe 1 n’a rien perdu de sa bonne humeur légendaire. Il y aurait pourtant de quoi, vu les sujets abordés. Grand débat national chapeauté, fracture numérique, #MeToo… Mais “TOUT-VA-BIEN” qu’on vous dit.

Le retour des interprétations, la surprise de l’intime

Coup de théâtre. Anne Roumanoff monte sur scène sans arborer (ou presque) la note vestimentaire écarlate qui l’accompagne depuis 30 ans de carrière. “Ô bah elle est plus en rouge”, plaisante l’humoriste, sourire aux lèvres, en devinant les pensées de son public. Caprice esthétique, ou symbole de rupture ? On serait tenté de répondre par la seconde option.

La comédienne s’épanouit dans une cinquantaine triomphante, et tient à le faire savoir. “Ma méthode pour rajeunir ? J’ai divorcé”, lance-t-elle. Au gré d’un spectacle séquencé en chapitres thématiques (la post-rupture, les exigences du politiquement correct, etc.), l’interprète campe, comme à son habitude, plusieurs personnages truculents.

Il y a cette bouchère larguée depuis la démocratisation de la “vifii”, une quinquagénaire en quête d’un nouveau partenaire ou encore des parents qui se soucient du devenir de leur ado. Autant de profils permettant à l’humoriste, çà et là, d’opérer quelques incursions vers le stand-up en abordant sa vie privée.

Un humour aux prises avec l’ère du temps

Anne Roumanoff n’hésite pas à intégrer à son spectacle l’actualité politique et sociale des Français. Macron, Castaner et Hollande en prennent pour leur grade. Retraites, manifestations et libération de la parole autour des violences sexuelles sont passées à la loupe façon Roumanoff.

Et – surprise – la comédienne quitte parfois les rivages du sketch classique au profit de formats détonants. Comme lorsqu’elle s’improvise voyante avec un membre du public invité sur scène. Mais aussi et surtout au moment où l’humoriste déclame une fable rimée dans laquelle un porc est accusé de harceler des poules. Et voilà le mouvement #MeToo convoqué sur les planches.

“C’est dur d’aller bien dans un monde qui va mal”, reconnaît sans grandiloquence la comédienne. Pour autant, faut-il détourner le regard ? Ce n’est en tout cas pas le parti pris d’Anne Roumanoff. Certes, la comédienne est là pour faire rire. Mais pas au prix d’un show qui éluderait les crispations contemporaines. Bien au contraire.

La preuve, l’humoriste est en tournée avec Tout va presque bien, une version légèrement modifiée de son précédent spectacle. Évidemment, le covid est passé par là. Au menu, donc : le charisme de Castex, la fermeture des restaurants, les vaccins… Mais toujours pas d’alarmisme à l’horizon !