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Ne nous remerciez pas : voici notre sélection (objective) du meilleur de Jackass

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Ne nous remerciez pas : voici notre sélection (objective) du meilleur de Jackass

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Faire du funambulisme au-dessus d'un étang de crocodiles n'était peut-être pas "l'idée du siècle".

Jackass. Traduisible en bon français par “bourricot” ou “casse-cou”, ce mot évoque d’emblée le pire du pire de la crétinerie, en faisant surgir pêle-mêle à l’esprit d’improbables défis où les gamelles, les hématomes et les chutes au “BOUM” sévère sont la norme – merci aux têtes brûlées des Jackass, donc, qui, depuis l’an 2000 et jusqu’à nos jours, partagent leurs pitreries sur les ondes dans un seul but : faire marrer un bon coup.

Parmi cet océan de grand n’importe quoi made in US décliné à travers deux séries, trois DVD et pas moins de sept films, pas facile d’opérer une sélection serrée des perles de la pitrerie. De la crème de la farce, du banger du WTF. Alors à Konbini, comme on est sympa, la rédac’ a décidé de vous concocter son top maison, en retraçant le parcours hors normes des plus célèbres abrutis du globe, depuis les origines indie du show proche de l’univers skateboard aux cascades spectaculaires des dernières années, en passant par le tragique décès d’un de ses membres historiques. 

Voilà, c’est un peu notre cadeau de Noël à nous. Florilège.

1. L’anté-jackass : déjà si cons ?

Flashback. Fin 90’s, un certain Johnny Knoxville, farceur notoire depuis l’enfance, tient une idée qui, pense-t-il, fera sa gloire : tester sur lui-même des armes d’auto-défense, puis écrire des articles dessus. À sa grande surprise, personne n’adhère au projet – sauf Jeff Tremaine, alors rédac’ chef d’un magazine dédié au skate, Big Brother. Emballé, le type l’embauche carrément pour filmer ces expériences limite – et multiplier les conneries. Ce qui donne naissance à une série de mini-vidéos où notre brave Johnny se met en danger dans des situations plus débiles les unes que les autres avec pour éléments contextuel, souvent, du bitume et des roues. Dont acte cette vidéo de 1999, dans laquelle ledit Johnny se mange une voiture. En marche. Sans protection. Volontairement. Tout l’esprit Jackass est déjà là. Sacrée archive.

2. Jackass ft Tony Hawk : une rencontre gravée dans la gamelle

Complètement décalé, ces vidéos attirent l’attention du mastodonte MTV, toujours friand de contenu “urbains” (et pas franchement finauds), qui décide de transformer l’essai en offrant une émission à Johnny. Sans manquer de placer au “scénario” l’un de ses créateurs vedettes, un certain Spike Jonze (Dans la peau de John Malkovich, Her…), alors reconnu comme un as du clip, proche du milieu skateboarding. C’est un deal. Knoxville, Tremaine et Jonze deviennent les producteurs exécutifs de ce qui deviendra l’inoxydable Jackass.

Commentaire de Van Hoffer, qui était PDG de la chaîne à l’époque, concernant ce projet pour le moins décalé ? “On savait qu’on tenait là une bande d’abrutis pourvu d’une très haute tolérance à la douleur“. En témoigne cette rencontre culte entre les Jackass originels et “la” star de la planche à roulette d’alors, Tony Hawk. Le but ? Faire une “loop”. Déguisés en poulet, et alors que les membres de la prod’ sabotent sciemment la cascade. À l’œil du contemporain habitué aux surenchères XXL du cassage de gueule, ça pourrait avoir l’air de rien. Mais back in the 2000’s, on était déjà dans l’ultra trash. Raison pour laquelle, en puriste que nous sommes, cette vidéo a trouvé une place de choix dans notre sélection.

3. Du sport sans dessus-dessous : une marque de fabrique

Assez vite, les Jackass se “professionnalisent” dans la réinterprétation de disciplines sportives, avec un charme low cost tellement Y2K qu’il nous fait encore fondre. Mais de quoi s’agit-il, exactement ? Eh bien, de trottinette sur dénivelé de colline, de kayak en “milieu urbain” (comprenez : sur des fontaines publiques) et même de snowboard avec… un surf. Diffusé à très, très, large audience sur MTV entre 2000 et 2002 au gré de trois saisons épiques, ces contenus ne manquent pas de faire des émules. Un peu partout, une jeunesse avide de sensations fortes se lance dans des “jackasseries” en reproduisant plusieurs cascades. Alerte rouge, capitaine !

Aux yeux de certains politiques, cette mode devient un enjeu de santé publique : on ne voudrait pas que les teenagers se blessent. Ulcéré par le contenu certes ultra border de Jackass, le sénateur du Connecticut Joe Liebergman exige publiquement en 2001 que MTV fasse plus de prévention. Face aux pressions, la chaîne arrête la diffusion du show avant 20h, puis annule complètement la rediffusion d’anciens épisodes. Ce match de boxe sur échasse pourrait-il servir de mauvais exemple aux ados du monde entier ? Mmmh. Disons que ça n’est pas à exclure. 

4. Jackass, le film : level up dans la déconne

Fini, les cascades de galériens sur roues. Le crew de turbo-déglingo, sûr de son audience, débloque environ 5 millions de dollars auprès de MTV pour changer d’échelle, et voir les choses en grand. Enfin “en grand”, façon de parler. Comme à son habitude, les Jackass se vautrent avec une gourmandise de gosse dans les “blagues” les plus crasses (manger de la glace recouverte d’urine) et les plus demeurées (manger du concentré de wasabi). Mais où est passé le budget ? Éléments de réponse avec cette séquence où les “bourricots” se sont lancés le défi de parcourir en funambule un étang grouillant de crocodiles. C’est évidemment plus drôle si les compétiteurs sont à poil, et que leurs potes leur glisse de la barbac’ sous le slip. Au cas où les bestiaux n’auraient pas assez les crocs. Culte.

5.  Ryan Dunn, un départ qui clôt l’aventure Jackass ?

La fête est finie – pour un temps, au moins. En 2011, les fans de Jackass apprennent avec stupeur le décès d’une des figures originelles du crew, Ryan Dunn, des suites d’un accident de voiture, peu après la sortie de Jackass 3. Suite au drame, Johnny Knoxville avait annoncé qu’ils ne tourneraient plus jamais Jackass parce que “Jackass sans Ryan, ça n’est pas Jackass”. Tout simplement. Figure emblématique, le regretté cascadeur avait répondu présent à tous les rendez-vous du crew, en s’illustrant par son infaillible bonne humeur. Même lorsqu’il se faisait littéralement péter les rotules par la japonaise Naoko Kumagai, kickboxeuse trois fois championnes du monde dans différentes catégories. Hommage.

6. Jackass, 22 ans de longévité et toujours pas en rade de couillonades

C’était un come back que certains n’osaient plus espérer. En 2022, nos têtes brûlées (pour beaucoup quadragénaires, ou quinquas…) revenaient en force avec le bien nommé Jackass Forever. Et si de mauvaises langues auraient pu croire qu’au grand âge de ces messieurs, il y aurait comme une panne d’inspi’ eh bien… Qu’ils ravalent leur venin. Nos croulants (on abuse un peu), aux côtés de nombreuses nouvelles têtes, empilent comme à leur habitude les trucs-que-papa-interdisait-fort-de-faire-étant-môme. Exemple définitif avec ce jeu du “vomitron”, où les challengers orbitent à haute vitesse pour voir qui… vomira le premier sur l’autre. Ajoutez à cela la mise en scène d’une attaque armée sur fond de Chevauchée des Valkyries et vous obtenez l’une des séquences les plus épiques du show. Ah, nos Jackass… Changeront-ils jamais ? Sans doute que non. Pour le meilleur – mais surtout pour le pire.

Jackass Forever, c’est sur Prime Video.