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5 choses (étonnantes) que le docu’ Planète Kinbaku nous a appris sur l’art du bondage

Publié le

par Antonin Gratien

Surprise n° 4 : certains adeptes l'associent... Au yoga.

5 choses (étonnantes) que le docu’ Planète Kinbaku nous a appris sur l’art du bondage

Visages extatiques, corps en suspension, chair torsionnée… Bienvenue dans l’univers du kinbaku. Une pratique venue du Japon féodal consistant, pour le “ligoteur” (nawashi), à entraver les mouvements d’un “modèle” à l’aide de cordes. Plus connu en Occident sous le nom de “bondage”, l’exercice a fait l’objet d’un vibrant documentaire paru en 2018, Planète Kinbaku. Son réalisateur Nathanael Friloux y lève le voile, étape par étape, pays par pays, sur les origines d’une technique de contrainte guerrière devenue un art érotique aux surprenantes déclinaisons. Et dont le nombre d’afficionados ne cesse d’enfler.

Focus sur 5 infos clés révélées par le film qui permettent de mieux comprendre la portée du kinbaku, loin des préjugés.

1. Avant d’appartenir aux arts, le kinbaku était un outil de capture chéri par les samouraïs

Il y a un peu plus de 600 ans, chaque région du Japon mettait au point ses propres astuces de nouage. Pas à destination de jeux sensuels, non. Plutôt pour emprisonner des malfrats ou des prisonniers de guerre. Police et samouraïs usaient du kinbaku afin d’immobiliser l’ennemi mais aussi, au passage, pour l’humilier. C’est seulement dans la paix que l’île a connu sous l’ère Edo (1600-1868) que la pratique s’est immiscée dans l’intimité des foyers, en se muant en savante activité érotique.

2. Au Japon, il y a des “bars” à kinbaku

Eh oui. Loin d’être réservé aux sombres alcôves des donjons BDSM, le bondage se pratique parfois, sur sa terre originelle du moins, dans l’écrin pour le moins plus passe-partout des débits de boissons. Là-bas, des publics experts et moins experts se ligotent les uns les autres tandis que d’autres observent, en refaisant le monde autour d’un verre de saké. Original.

3. Le kinbaku irrigue l’espace culturel

Certains sont peut-être familiers du travail de Nobuyoshi Araki, sulfureux photographe nippon dont les clichés représentent souvent des corps laiteux noués selon la tradition du kinbaku. C’est l’une des références majeures du genre au Japon. Mais depuis quelques années, l’influence esthétique du bondage a dépassé les frontières de son pays natal pour imprégner la culture occidentale.

En 2017, le festival du Burning Man faisait sortir de terre un “sanctuaire kinbaku” tandis que, la même année, l’artiste française Marika Leila Roux présentait à l’Opéra Garnier Study on Falling, un spectacle vivant en hommage à la pratique. Aujourd’hui, certains adeptes n’hésitent plus à métisser le bondage avec la danse, les arts du cirque, la photographie de mode. L’exercice est devenu si glamour qu’en 2010 Lady Gaga s’est faite photographie ligotée par Vogue Japon. C’est dire.

4. De nombreux adeptes associent le kinbaku au yoga

Et au développement personnel. La chose peut paraître étonnante, dans la mesure où le bondage prend racine dans une pratique plus tortionnaire que zen. Mais Planète Kinbaku nous entraîne par exemple dans une retraite d’Andalousie où une professionnelle propose des séjours mêlant ateliers de kinbaku dans des jardins baignés de soleil, séances de yoga et alimentation healthy. Avis aux amateurs !

5. D’autres cultivent une pratique sexualisée, (très) teintée BDSM

Il y a ceux qui font du kinbaku un cadre esthétique, ceux qui l’utilisent comme un outil zen d’exploration de soi-même et puis… Il y a les autres. Les “puristes” diront certains, qui usent des cordes comme un levier de domination pour provoquer une foule d’émois sensuels. Que ce soit à travers la souffrance, la contrainte ou la gêne. Au cours de séances sexualisés, le nawashi peut embrasser son modèle, le caresser. Mais aussi lui appliquer des pinces aux tétons, ou encore verser de la cire chaude sur son corps bref, mobiliser une gamme de techniques et d’outils propre au registre BDSM. Pour public plus averti, donc.

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