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Shaïna, agressée sexuellement à 13 ans : maximum un an avec sursis pour les coupables

Shaïna, agressée sexuellement à 13 ans : maximum un an avec sursis pour les coupables

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© Archives personnelles

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Par Astrid Van Laer

Publié le

Le frère de la victime, Yasin, s’est dit "content mais en même temps dévasté".

En 2017, alors qu’elle n’avait que 13 ans, Shaïna a été victime d’un viol collectif. Deux ans plus tard, en 2019, son petit ami, apprenant qu’elle était enceinte, l’avait poignardée puis brûlée vive. L’été dernier, nous avions rencontré son frère Yasin, qui réclamait justice pour Shaïna. Le meurtrier présumé de l’adolescente était alors en détention provisoire, et son frère regrettait qu’elle soit “morte pour rien”.

En ce qui concerne le procès des agressions sexuelles en 2017 à Creil contre Shaïna, le verdict est tombé ce mardi. Le principal accusé vient d’être condamné à un an de prison avec sursis et un autre prévenu a été relaxé. Le jeune homme, alors petit ami de Shaïna, était âgé de 14 ans au moment des faits, en août 2017. Il a été condamné à 12 mois avec sursis probatoire pendant deux ans.

Le désignant comme “le meneur” d’un trio d’agresseurs, le parquet avait requis contre lui deux ans de prison dont un avec sursis probatoire. Deux autres prévenus, alors âgés de 16 et 17 ans, ont été condamnés à huit mois de prison avec sursis probatoire pendant deux ans.

Tous trois ont été reconnus coupables d’agression sexuelle et violences en réunion mais relaxés pour la diffusion d’images pornographiques d’une mineure. Un quatrième garçon, également mineur au moment des faits et jugé pour une autre agression sexuelle, une semaine avant celle de ce trio, a été relaxé. Le procureur de la République a indiqué réfléchir à un appel dans son cas.

“Shaïna a été reconnue comme victime, ce n’est pas une menteuse”

Devant le tribunal correctionnel pour enfants, où le procès se tenait à huis clos, les avocats des prévenus avaient plaidé la relaxe, invoquant un dossier vide.

“Grâce à ses déclarations constantes, Shaïna a été reconnue comme victime. Ce n’est pas une menteuse”, s’est félicitée mardi Negar Haeri, avocate de la famille de Shaïna, se disant toutefois “très triste qu’elle ne soit pas là pour s’en rendre compte, c’est insupportable”. “Il reste beaucoup à faire quant à ce type d’affaire, que la justice a encore du mal à traiter”, a-t-elle estimé.

L’engrenage, selon la plainte de Shaïna, s’était enclenché quand son petit ami l’avait prise en photo dénudée et s’en était servi pour la faire chanter. Elle l’avait rejoint dans une clinique désaffectée, où le trio l’avait violentée. Des images de la scène diffusées sur Snapchat avaient valu à Shaïna, selon son frère, une réputation de “fille facile” l’exposant à un “acharnement” dans sa cité.

Le 1er mai 2019, elle avait porté à nouveau plainte pour avoir été passée à tabac par son ex-petit ami, des faits encore en cours d’instruction. Puis le 25 octobre 2019, enceinte de quelques jours, elle a été poignardée puis brûlée vive dans un cabanon de sa cité. Des faits pour lesquels un autre jeune de 17 ans, avec qui elle avait une liaison, a été mis en examen.

À la sortie du tribunal, Yasin s’est dit “content mais en même temps dévasté”. Dans un message posté sur Twitter, le jeune homme a déclaré : “Trois d’entre eux sont reconnus coupables. Verdict : douze mois avec sursis. La justice a su montrer que Shaïna avait raison, bravo, mais ne prend pas au sérieux l’enfer de ma sœur. Content et abattu.”

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Konbini news avec AFP