AccueilSociété

Présidentielle : des associations féministes réclament “un plan d’urgence pour l’égalité”

Présidentielle : des associations féministes réclament “un plan d’urgence pour l’égalité”

Publié le

Image :

© Valery Hache / AFP

"Jamais la société ne s’est autant alarmée des féminicides, et pourtant, nous continuons de compter nos mortes."

Lutte contre les violences conjugales, “Grenelle de l’égalité salariale” : sept dirigeantes d’associations féministes demandent aux candidats à l’élection présidentielle “un plan d’urgence” comprenant “dix mesures ambitieuses”, dans une tribune au Journal du dimanche.

À voir aussi sur Konbini

Un engagement sur dix mesures ambitieuses

Cette tribune est signée, entre autres, par Anne-Cécile Mailfert (Fondation des femmes), Dominique Guillien et Françoise Brié (Fédération nationale solidarité femmes), Danielle Bousquet (Fédération nationale des centres d’information sur les droits des femmes et des familles) et Sarah Durocher (Planning familial).

Jamais la société ne s’est autant alarmée des féminicides, et pourtant, nous continuons de compter nos mortes, relèvent-elles. “Si la société s’est aussi saisie de la question des violences sexuelles, il n’y a jamais eu aussi peu de condamnations judiciaires”, ajoutent-elles.

Autres paradoxes : “Si l’indignation progresse face à l’inégalité salariale, les femmes sont toujours discriminées. Si la préoccupation avance concernant le partage des tâches domestiques, les femmes en prennent toujours une part écrasante.”

D’où un “sursaut” réclamé aux prétendants à l’Élysée : ils doivent “s’engager sur dix mesures ambitieuses à mettre en place dans les cent premiers jours de la nouvelle mandature”.

Constitutionnalisation du droit à l’IVG, égalité salariale et lutte contre les violences conjugales

Première mesure : “investir un milliard d’euros par an pour mettre fin aux violences conjugales. En formant les professionnels pouvant être en contact avec des femmes victimes de violences, en triplant les places d’hébergement spécialisé et en augmentant le financement des associations.”

Autre demande : “constitutionnaliser le droit à l’IVG et rendre effectif l’accès à ce droit pour toutes les femmes sur le territoire français. Supprimer la double clause de conscience des praticiens [permettant à des praticiens de refuser de pratiquer un avortement, ndlr] et revaloriser cet acte médical.”

La tribune réclame de “lancer un Grenelle de l’égalité salariale pour revaloriser les métiers féminisés et garantir la présence des femmes dans les secteurs d’avenir, tout en luttant contre le temps partiel contraint et les discriminations en entreprise”.

“Mettre en place des tribunaux et des brigades spécialisés, formés à la lutte contre les violences faites aux femmes et volontaires”, “garantir l’éducation de chaque enfant à l’égalité, à la sexualité et à la vie affective”, “lutter contre l’industrie pornographique” sont d’autres demandes.

Ces dirigeantes plaident encore pour “allonger le congé obligatoire du second parent (congé paternité), revaloriser le congé maternité sans perte de salaire et instaurer un congé parental attractif pour les deux parents”.

Enfin, autre doléance : “créer une coordination nationale de la lutte contre les violences faites aux femmes sous l’égide du président ou de la présidente de la République”.

Konbini news avec AFP