« État policier », « glaçant », « honteux » ou encore « déshonorant » : les réactions politiques se multiplient après la publication d’images de Mantes-la-Jolie.
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D'autres images de l'interpellation de dizaines de lycéens, aujourd'hui à Mantes-la-Jolie. pic.twitter.com/ghv8K91e7l
— Violences Policières (@Obs_Violences) 6 décembre 2018
Ces images de dizaines de jeunes agenouillés, mains sur la tête, entourés de CRS, font polémique depuis hier soir. Elles ont été tournées après une mobilisation lycéenne à Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines. Le commentaire de la personne qui filme a contribué à susciter l’indignation : « voilà une classe qui se tient sage ». On y entend aussi clairement les consignes d’un CRS : « mains sur la tête, on regarde droit devant ! ». À quelques exceptions près, la classe politique s’est émue de ces images et les réactions indignées se sont multipliées.
« Où vivons-nous donc ? Sous quel régime ? »
Éric Coquerel, député France Insoumise de Seine-Saint-Denis, a choisi de s’adresser directement au ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, en ces termes : « Condamnez et punissez les actes indignes de certains policiers présents à Mantes-la-Jolie, forçant des lycéens à s’agenouiller et mains croisées sur la tête. »
La sénatrice Europe Écologie Les Verts, Esther Benbassa, professeure à l’université, a déclaré ne souhaiter « à aucune classe d’être sage comme celle-ci », et s’est interrogée : « où vivons-nous ? Sous quel régime ? »
#MantesLaJolie. La France, pays des Droits de l’Homme. Comment certains policiers y traitent les mineurs. Où vivons-nous donc? Sous quel régime? Sénatrice, mais prof aussi, je ne souhaite à aucune classe, jamais, d’être «sage» comme l’est celle-là. pic.twitter.com/0rhQLmOdUM
— Esther Benbassa (@EstherBenbassa) 6 décembre 2018
Le politologue et candidat de la France Insoumise aux élections européennes de mai prochain, Thomas Guénolé, a vu dans ces images les « méthodes d’un État policier ». Et d’ajouter : « les CRS qui ont agi de la sorte sont la honte et le déshonneur de leur uniforme ».
Pour l’eurodéputé d’Outremer Younous Omarjee, c’est carrément : « la nausée ». Ce dernier s’est ému en déclarant : « Dites-moi que cela n’est pas vrai. Dites-moi que cela ne se passe pas en France. » Des méthodes également contestées par Florian Philippot, président des Patriotes, qui s’est exprimé sur Twitter : « rétablir l’ordre oui. Ces méthodes inutiles et très choquantes, non. Pas en France. »
Jean-Michel Blanquer (@jmblanquer) : "Il y a eu des images choquantes parce qu'on est dans un climat de violence exceptionnelle" #le79Inter #MantesLaJolie pic.twitter.com/pSUpiLKYzp
— France Inter (@franceinter) 7 décembre 2018
Concernant le leader de Génération.s et ancien candidat à l’élection présidentielle Benoît Hamon, c’est la justification du ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer, ce matin sur l’antenne de France Inter, qui ne passe pas :
« Aussi glaçante que la violence des scènes de lycéens collés contre le mur à Mantes-la-Jolie leur justification froide, dénuée d’empathie et de responsabilité par Jean-Michel Blanquer parlant de duperie par l’image ce matin. »
« Fake news »
En revanche, du côté de Julien Auber, député de la 5e circonscription du Vaucluse et secrétaire général adjoint des Républicains, l’opinion diverge. Il s’est dit « frappé de voir qu’alors que nos forces de l’ordre essayent de protéger la République des casseurs depuis 3 semaines, on polémique à Mantes-la-Jolie en introduisant le soupçon. Ça c’est choquant ! »
Fatima El Ouasdi, collaboratrice parlementaire du député LREM des Côtes-d’Armor, Éric Bothorel, a, elle, considéré que cette méthode d’interpellation, puisqu’ayant permis de « maîtriser » les adolescents, était justifiée :
Et si Twitter arrêtait de se regarder le nombril cinq minutes ?
— Fatima El Ouasdi (@FatiElo) 6 décembre 2018
Les forces de l'ordre sont là pour maintenir l'ordre. En l'occurrence, ils ont réussi à maitriser des dizaines de jeunes, sans faire de blessés à #MantesLaJolie.
Valérie Pécresse, des Républicains, a quant à elle souhaité que ces images soient replacées dans un « contexte d’extraordinaire tension ». Puis la présidente de la région Île-de-France a déclaré : « l’obsession des policiers, c’est de ne pas blesser un lycéen […] on se félicite aujourd’hui qu’il n’y ait pas eu de blessé » à Mantes-la-Jolie.
Mobilisation des lycéens : "Nous avons eu des vraies scènes de guérilla", estime Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France pic.twitter.com/jfWwgCH9iX
— franceinfo (@franceinfo) 7 décembre 2018
Le tout sans oublier Cendra Motin, députée La République en Marche de la 6e circonscription de l’Isère, qui a parlé de « fake news » alors qu’elle était invitée sur BFMTV jeudi 6 décembre.
Sur BFMTV, Cendra Motin, députée LREM de l'Isère, parle de "fake news" après ce tweet sur les arrestations à Mantes-la-Jolie https://t.co/hODH77m1dX pic.twitter.com/fqZgR4zGyF
— Paul Guyonnet (@Pauluskupa) 6 décembre 2018
Image d’illustration : © Céline AGNIEL / AFP












