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Mais que se passe-t-il au Kosovo ?

Publié le

par Lisa Coll

Plusieurs mesures concernant la frontière du pays avec la Serbie sont remises en cause.

Mais que se passe-t-il au Kosovo ?

Des Serbes du Kosovo prennent part à une manifestation dans la ville de Gracanica, le 25 mars 2022, contre le refus du Kosovo de les autoriser à voter aux prochaines élections en Serbie (© AFP)

Le gouvernement du Kosovo a décidé de reporter d’un mois l’entrée en vigueur de nouvelles règles à la frontière avec la Serbie qui avaient provoqué des tensions dimanche dans le nord du pays, où des barricades ont été érigées et des coups de feu tirés sur la police.

Ce report a été annoncé dans un communiqué du gouvernement à l’issue d’une rencontre avec l’ambassadeur des États-Unis au Kosovo Jeffrey Honevier. Les nouvelles règles, qui devaient entrer en vigueur aujourd’hui, prévoient que toute personne entrant au Kosovo avec une carte d’identité serbe dispose d’un document temporaire pendant son séjour dans le pays.

Pristina avait par ailleurs donné deux mois aux Serbes du Kosovo pour remplacer les plaques d’immatriculation serbes de leurs véhicules par des plaques de la République du Kosovo.

Le Premier ministre Albin Kurti avait précisé dimanche qu’il s’agissait d’une mesure de réciprocité, dans la mesure où la Serbie – qui ne reconnaît pas l’indépendance de son ancienne province à majorité albanaise proclamée en 2008 – en exige autant des Kosovars qui entrent sur son territoire.

Ces mesures avaient suscité de vives tensions dimanche dans le nord du Kosovo où vit une minorité serbe. La police kosovare a déclaré avoir été la cible de coups de feu, sans faire de blessé, et des barricades avaient été érigées sur des routes menant en Serbie.

Les deux points de passages ont été fermés à la circulation. Dans son communiqué, le gouvernement kosovar a exigé que “toutes les barricades soient levées et la liberté complète de mouvement rétablie” aujourd’hui.

Une situation qui n’a “jamais été aussi complexe”

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a salué dimanche soir dans un tweet la décision de Pristina, appelant “la levée immédiate de tous les barrages routiers”.

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Dimanche soir, des centaines de Serbes du Kosovo avaient massé camions, camions-citernes et autres véhicules lourds sur les routes menant aux points de passage de Jarinje et Brnjak, a constaté un journaliste de l’AFP.

Les Serbes du Kosovo ne reconnaissent pas l’autorité de Pristina, ni l’indépendance du Kosovo, et restent loyaux à Belgrade dont ils dépendent financièrement.

Dans un discours à la nation dimanche, le président serbe Aleksandar Vucic a déclaré que la situation au Kosovo n’avait “jamais été aussi complexe” pour la Serbie et les Serbes qui y vivent. “L’atmosphère a été portée à ébullition”, a déclaré M. Vucic, ajoutant que “la Serbie gagnera” si les Serbes sont attaqués.

De son côté, Albin Kurti a accusé M. Vucic de déclencher des “troubles”. “Les prochaines heures, jours et semaines peuvent être difficiles et problématiques”, a écrit le Premier ministre kosovar sur Facebook.

En septembre dernier, le nord de Kosovo a été le théâtre de vives tensions, après la décision de Pristina d’interdire les plaques d’immatriculation serbes sur son territoire, émaillées de manifestations quotidiennes et blocage de la circulation aux deux postes frontières.

Konbini avec AFP

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