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Lilou Ruel, 18 ans et championne du monde de freerunning : “C’est plus qu’un sport, je le considère comme un art”

Publié le

par Lisa Drian

Elle revient sur sa passion, son parcours et ses meilleurs moments passés grâce à cette discipline.

Lilou Ruel, 18 ans et championne du monde de freerunning : “C’est plus qu’un sport, je le considère comme un art”

Ce qu’elle adore dans cette discipline, c’est la liberté : “On peut apprendre les choses qu’on veut, on peut s’habiller comme on veut, on peut s’entraîner où on veut, tu peux créer tes propres figures, tu peux créer ton propre style, sauter de toit en toit, avoir des sensations que peu de gens connaissent.” Lilou découvre cette discipline à 9 ans et demi. Depuis, elle s’entraîne tous les jours, ou presque.

L’interview intégrale en vidéo :

Elle enchaîne les projets, les compétitions partout dans le monde. En 2021, c’est la consécration, elle devient championne du monde de cette discipline qui se rapproche du parkour. Les deux disciplines sont complémentaires : pour le parkour, il s’agit de se déplacer d’un point A à un point B le plus vite possible alors que le freerunning comprend entre autres des acrobaties, des vrilles, des roulades entre autres.

“Je n’ai pas un entraînement régulier comme la gymnastique, par exemple, où tu as un coach. Là, tu n’as pas d’entraînement tel jour à telle heure, tu t’entraînes où tu veux, quand tu veux avec qui tu veux. Si un jour, j’ai des courbatures je ne m’entraîne pas mais si j’ai une compète qui va arriver, je m’entraîne tous les jours bien sûr”, détaille-t-elle.

“Si tu tombes, tu meurs”

Lilou invite au maximum à pratiquer cette discipline “incroyable” mais pas n’importe comment : “comme tout sport extrême, il faut faire hyper attention, il ne faut pas commencer seul·e. Entraînez-vous toujours avec des amis, faites ça dans la sécurité. Je me suis très peu blessée en 9 ans parce que je connais les risques, je sais que si je me blesse, je vais en avoir pour des mois et des mois. Alors entraînez-vous, mais en sécurité !”

Des anecdotes, elle en a des dizaines. L’endroit le plus dangereux où elle a pratiqué ce sport ? Lors une compétition à Matera en Italie, elle sautait de toit en toit. Lilou finit par résumer : “Si tu tombes, tu meurs.” Grâce à cette discipline, Lilou peut accéder à des endroits normalement interdits au grand public : “J’ai pu monter sur un pont qui donnait directement sur la tour Eiffel, je courais sur le pont et je voyais la tour Eiffel juste là, c’est fou !”

Elle se souvient parfaitement de sa plus grosse frayeur, lors d’une compétition à Athènes : “C’était une compétition sur des bateaux, je devais faire une roulade vrillée entre deux bateaux et j’avais peur que mon pied glisse. Je l’ai fait une première fois ça s’est super bien passé, je me suis ditje vais le refaire une deuxième fois, encore mieux’, je me suis lancée et mon pied a glissé comme je l’avais imaginé. De peu, j’ai failli tomber entre les deux bateaux, dans l’eau. En l’air, je n’étais pas bien, mon cœur s’est un peu emballé”, raconte-t-elle aujourd’hui avec le sourire.

La première femme à réaliser un saut de 15 mètres

Le 3 mai 2022, Lilou réalise un projet qu’elle avait en tête depuis un an. Cela faisait des mois qu’elle s’entraînait à réaliser le saut le plus mythique du parkour, réalisé pour la première fois en 1997 par le cascadeur David Belle repris dans le film Banlieue 13. Ce saut, “le plus connu au monde”, n’avait jusqu’alors jamais été réalisé par une femme. “C’est un vrai gros rêve, ce serait un exploit si j’y arrive.” Spoiler alert : elle a réussi sans encombre.