Le président Emmanuel Macron a annoncé jeudi 2 septembre vouloir expérimenter à Marseille, dans 50 écoles « laboratoire« , et ce dès la rentrée 2022, la liberté du choix des enseignants par les directeurs, une annonce qui a déclenché l’ire des syndicats enseignants.
À voir aussi sur Konbini
Le chef de l’État a insisté sur le fait de « pouvoir d’abord choisir les enseignants, pour être sûr qu’ils sont pleinement motivés, qu’ils adhèrent au projet« , en reconnaissant dire « plein de gros mots pour beaucoup de gens ».
« C’est quoi cette histoire ? On a des rats dans les écoles, on n’a pas envie de devenir des rats de laboratoires », a vivement réagi auprès de l’AFP le secrétaire départemental du syndicat d’enseignants SNUipp Sébastien Fournier.
Très déçu par ces annonces, cet enseignant marseillais note : « On nous annonce 200 policiers supplémentaires, mais aucun enseignant supplémentaire ».
Au niveau national, Stéphane Crochet, secrétaire général du SE-Unsa, a dénoncé des mesures « hors-sol » : « Jamais il n’y a eu de remontées, que ce soit à Marseille ou ailleurs, que nous sommes face à des écoles où les enseignants seraient inadaptés aux projets d’écoles ».
« Cette annonce intervient en plus dans une période où nous discutons, tous les syndicats, avec le ministère sur la question des directeurs d’école, qui a été soulevée durant le Grenelle de l’Éducation (qui a duré trois mois, ndlr) », a insisté Stéphane Crochet.
« Indignes de la République »
Pour expliquer cette « innovation« , le président a développé : « Les parents me disent : ‘à tel endroit les profs ne viennent plus’, ça arrive parce qu’il y a des gens qui sont fatigués de travailler trop longtemps dans les quartiers difficiles ». « On doit permettre à nos enseignants de choisir ces quartiers et les projets pédagogiques qui vont avec, c’est pas le cas aujourd’hui« , a-t-il déploré.
Les syndicats s’attendaient à des annonces sur le bâti, alors que 174 écoles marseillaises, « indignes de la République » selon le maire de gauche Benoît Payan, ont besoin de travaux lourds de rénovation.
Le président a annoncé « une société avec un pilotage de l’État » pour financer notamment ces travaux, sans préciser le montant que l’État est prêt à mettre, assurant qu’il n’y avait « pas d’autre territoire où il y a autant de difficultés sur le bâti scolaire ».
« Je veux ici qu’on puisse en quelque sorte innover et mettre en place à côté de ces investissements dans les bâtiments, une méthode radicalement nouvelle pour l’éducation de nos enfants », a insisté Emmanuel Macron, estimant que cette école, « elle n’existe pas en France aujourd’hui ».
Le président a esquissé des aspects de cette « école du futur », qu’il veut expérimenter à Marseille, évoquant notamment beaucoup d’élèves « qui sont allophones » : « eh bien on doit permettre peut-être d’avoir des aides » ou encore « d’adapter les rythmes scolaires ».
Il a évoqué son souhait, si cette expérience est concluante, de la généraliser « dans d’autres territoires de la République« .












