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La consommation de drogues des 16-25 ans grimpe en flèche depuis la crise sanitaire

Publié le

par Damien Garcia

Une étude britannique révèle que de plus en plus de jeunes se réfugient dans la drogue, pessimistes au sujet de leur avenir.

La consommation de drogues des 16-25 ans grimpe en flèche depuis la crise sanitaire

Depuis 2021, au Royaume-Uni, la consommation de drogues a augmenté de 50 % chez les jeunes (16-25 ans). Le rapport suggère que la pandémie de Covid-19 pourrait être à l’origine d’une partie de cette augmentation significative. Outre le récent régime restrictif, la jeunesse anglaise est aussi épuisée émotionnellement par les enjeux qui touchent toute la société, que ce soit la crise climatique ou l’inflation. Une récente étude de The Prince’s Trust NatWest Young Index a révélé que “le bonheur et la confiance des jeunes ont atteint le point le plus bas en 13 ans d’histoire de cette enquête.”.

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Remède face à l’angoisse

La drogue deviendrait ainsi un exutoire pour une partie grandissante de cette génération. Suite à un rapport de The Mix, une jeune de 20 ans qui utilise la kétamine comme moyen d’évasion a confié au média Vice : “Je ne peux pas vraiment contrôler mes émotions, alors parfois, quand je suis en colère ou triste, je ressens juste le besoin de faire quelque chose pour les étouffer pendant un moment”.

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Le rapport de The Mix révèle également qu’un cinquième des consommateurs se drogue pour “échapper à ses problèmes”. C’est 75 % de plus que l’an passé.

Ce qui est vrai pour nos voisins d’Outre-Manche l’est aussi pour nous. En France, la fréquence des troubles anxieux ou dépressifs a augmenté de 25 % durant la première année de pandémie, d’après l’OMS.

Une transition difficile

Une étude IPSOS-FondaMental datant de 2021 révèle également que 30 % des 18-24 ont une maladie psychique, soit 11 % de plus que le reste de la population. La transition des études supérieures au monde du travail s’avère plus compliquée que prévu. Les confinements à répétition ont limité les interactions sociales des jeunes à des visioconférences. Résultat : ils ne savent pas comment aborder cette transition vers la vie adulte.

Un article du Monde révèle que près d’un jeune sur deux déclarait avoir “perdu le contrôle sur sa consommation d’alcool ou de drogues dures suite aux confinements”. L’alcool aussi est devenu un moyen de mettre ses problèmes de côté. Un jeune sur cinq déclare avoir perdu le contrôle “au moins dix fois dans l’année” en ayant bu.

Le fléau des drogues dures

En 2018, seuls 2 % des étudiants admettaient prendre de la cocaïne, contre 11 % en 2021. Ce n’est pas tout : “14 % des jeunes déclarent avoir essayé l’ecstasy, la MDMA, le GHB, ou encore le LSD”. Ces drogues et leurs effets addictifs et néfastes inquiètent bien plus que le cannabis, qui lui est de plus en plus légalisé à travers le monde.

Sur TikTok, on peut trouver le #pingtok. Ce dernier est utilisé accolé à des vidéos de consommateurs avec les yeux dilatés (une réaction liée à la prise de certaines drogues). Avec le #c0ketok, des jeunes partagent avec fierté leur consommation de drogues, d’autres mettent en garde, ou se plaignent des effets néfastes de la cocaïne.

@lizcrustyb0ng #addictionawareness #addictionrecovery #itcangetbetter #pingtok #pingerzzzz #mentalhealthmatters ♬ Omg u lot using my sound - Bailey

Face au manque d’accompagnement et d’aides auquel sont confrontés les jeunes, ces publications s’avèrent dangereuses. Si on reprend l’étude de The Mix mentionnée précédemment, seuls 28 % des jeunes consommateurs qui ont rencontré des problèmes d’addiction ont pu être aidés. Ce chiffre représente plus de 2 millions de jeunes au Royaume-Uni.

L’anxiété et la solitude ayant été renforcées par les différents confinements, en France, l’État a mis en place le dispositif “Mon Psy”, qui donne accès à huit séances gratuites.