La crise sanitaire avait mis en pause la vague de contestations de cet hiver. Lors de son allocution présidentielle le 16 mars dernier, Emmanuel Macron avait annoncé la suspension de « toutes les réformes en cours », y compris de celle concernant le système des retraites. Mais le nouveau gouvernement compte mener à bien cette réforme. Et au plus vite.
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À peine arrivé à Matignon, Jean Castex a immédiatement remis le sujet sur la table. Interrogé sur BFMTV ce matin, il expliquait déjà : « C’est acté. Nous allons séparer ce qui est le futur régime universel, plus juste, nécessaire, avec, disons-le, en toile de fond, le devenir des régimes spéciaux. » Il a également fait savoir qu’il comptait réunir « tous les partenaires sociaux » avant le 20 juillet.
Lors de sa prise de parole devant les sénateurs ce mercredi après-midi, le nouveau chef du gouvernement a tenu le même discours, arguant :
« Refuser de parler des retraites lorsque dès avant la crise, mais a fortiori avec la survenance de cette dernière, l’équilibre des comptes et donc la sauvegarde du système actuel se trouve compromise, serait irresponsable. Irresponsable. »
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« Cette réforme des retraites est irresponsable et elle est injuste »
Et le Premier ministre de poursuivre : « Je vais vous dire ce que je compte faire : premièrement, je vais rouvrir le dialogue, toutes les organisations syndicales viendront discuter avec moi […] et nous nous mettrons d’accord sur une méthode et un calendrier. »
Puis il a ajouté, dans un second temps : « je traiterai et j’aborderai la question des retraites dans un cadre global », évoquant à cette occasion également la réforme de l’assurance chômage qu’il juge « indispensable » car « elle aussi impactée par la crise ».
Se voulant rassurant, il a en outre assuré : « je vais rouvrir le dialogue, toutes les organisations syndicales viendront discuter avec moi. » Avant de conclure : « nous n’avons pas d’autres choix que de sauvegarder notre système de protection sociale. »
Une prise de parole qui n’a pas convaincu la sénatrice de Seine-Saint-Denis et présidente du groupe CRC (communiste républicain citoyen et écologiste) Éliane Assassi, qui lui a répondu : « cette réforme des retraites est irresponsable et elle est injuste ». « Je dois dire M. le Premier ministre que vous êtes là sur un très mauvais chemin », lui a-t-elle dit.












