Invoquant le colonialisme, des étudiants d’Oxford décrochent un portrait d’Elizabeth II

Invoquant le colonialisme, des étudiants d’Oxford décrochent un portrait d’Elizabeth II

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© BIANCA DE MARCHI / POOL / AFP

Une décision que le ministre de l’Éducation a qualifiée d'"absurde".

C’est une polémique qui a fait la une des journaux britanniques : des étudiants de la prestigieuse université d’Oxford, en Angleterre, ont provoqué une polémique mercredi en retirant un portrait de la reine Elizabeth II d’une salle commune en invoquant le colonialisme.

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Les membres du comité de la Middle Common Room (MCR) du Magdalen College, une association d’étudiants de troisième cycle, ont voté en faveur du retrait de ce portrait car “pour certains étudiants, les représentations de la monarque et de la monarchie britannique représentent l’histoire coloniale récente”, rapporte mercredi The Times, citant le compte-rendu d’une réunion de ce comité.

Le ministre de l’Éducation, Gavin Williamson, a jugé “absurde” la décision des étudiants. Celle-ci relance le débat sur le racisme et le colonialisme au Royaume-Uni, pays poussé à l’introspection depuis les manifestations du mouvement Black Lives Matter. Elizabeth II, qui célébrera l’an prochain ses 70 ans de règne, “est la cheffe d’État et symbolise ce qu’il y a de mieux au Royaume-Uni. Au cours de son long règne, elle a travaillé sans relâche pour promouvoir les valeurs britanniques de tolérance, d’ouverture et de respect dans le monde”, a écrit M. Williamson sur Twitter mardi soir.

Elizabeth II, victime de la cancel culture ?

“Comment osent-ils !”, s’indigne le tabloïd Daily Express en référence aux étudiants. La reine est devenue “la plus récente victime de la ‘cancel culture’ [culture de l’annulation, ndlr]”, s’est insurgé le quotidien conservateur The Telegraph.

Le président du MCR, Matthew Katzman, a déclaré au Mail Online que cette action “a été prise après une discussion sur le but d’un tel espace, et il a été décidé que la salle devrait être un lieu accueillant et neutre pour tous les membres”. Il a ajouté que “aucune position n’a été prise sur la reine ou la famille royale – la conclusion était simplement qu’il y avait de meilleurs endroits pour accrocher cette image”.

Au Royaume-Uni, les manifestations du mouvement Black Lives Matter, lancées suite à la mort de George Floyd aux États-Unis, ont fait ressurgir le passé colonial et impérialiste occulté, et ont dénoncé les inégalités persistantes et accentuées par la crise du Covid-19. En juin 2020, des militants avaient jeté à l’eau la statue de l’esclavagiste Edward Colston qui se situait dans le port de Bristol. À Londres, la statue de Robert Milligan, un planteur esclavagiste du XVIIIe siècle, avait été déboulonnée avec l’assentiment du maire travailliste de la ville, Sadiq Khan.

La présidente du Magdalen College a déclaré que les étudiants n’étaient pas représentatifs de ce collège réputé créé il y a plus de 550 ans, mais a défendu leur droit à la “liberté d’expression et au débat politique”. “Être étudiant signifie plus qu’étudier. Il s’agit d’explorer et de débattre de différentes idées. Parfois, cela consiste à provoquer la génération plus âgée”, a-t-elle tweeté, avant d’ajouter : “On dirait que ce n’est pas très difficile à faire ces jours-ci.”

Konbini news avec AFP