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Dissuasion nucléaire russe : quels sont (vraiment) les risques ?

Publié le

par Julie Breon

"Les élévations de stades, c’est le niveau auquel on a un risque d’utilisation. Là, on est au niveau deux sur quatre."

Dissuasion nucléaire russe : quels sont (vraiment) les risques ?

“La Russie est une puissance nucléaire extrêmement importante. Elle a une capacité de destruction massive, elle vient d’annoncer mettre en alerte ses forces de dissuasion dans le conflit ukrainien”, a affirmé Christine Dugoin-Clément, chercheuse associée à la chaire “risque” de l’IAE de Paris.

“Mettre ses forces de dissuasion en alerte, ça veut dire qu’on se laisse la possibilité de les utiliser. Ça permet aussi d’avoir un discours qui va dissuader ses adversaires de poursuivre l’action qu’ils sont en train de mener et qui nous dérange. L’espoir que l’Union européenne n’irait pas plus loin.”

“Le pays qui est le plus menacé, ça reste l’Ukraine”

“Les élévations de stades, c’est le niveau auquel on a un risque d’utilisation. Là, on est au niveau deux sur quatre”, a expliqué la chercheuse. Quand nous lui avons demandé quels étaient les pays dans le viseur de Vladimir Poutine, elle a assuré qu’en premier lieu, c’était évidemment l’Ukraine. Mais pas que.

“Les charges nucléaires sont placées sur toute la frontière occidentale de la Russie. Poutine n’a pas été précis, mais il a dit que suite au discours agressif et aux sanctions qui ont été prises, les sanctions n’ont pas été prises par l’Ukraine, mais ont été prises par les Occidentaux au sens large.”

“Utiliser la force nucléaire, c’est quand même traverser des lignes rouges extrêmement importantes”

Christine Dugoin-Clément assure que si Vladimir Poutine franchit le pas, “c’est quand même prendre le risque que les autres puissances nucléaires se positionnent”. On veut parler ici du Royaume-Uni, du Pakistan, Israël, l’Inde, la France, les États-Unis, la Corée du Nord et la Chine, notamment.

“Il y avait un vieux concept de la période de la guerre froide où ce que l’on appelait le ‘Mad’, ce qui veut dire ‘fou’, qui est aussi la ‘Mutual Assurance of Destruction”, qui partait du principe que lorsqu’on avait plusieurs puissances nucléaires, on arrivait à un équilibre puisqu’on savait très bien que si une puissance nucléaire déclenchait ce type d’arme, il y pourrait y avoir une réponse similaire de l’autre pays et avoir une destruction massive, mutuelle.”