Des pierres ont été brisées et des caveaux éventrés : une dizaine de tombes du cimetière israélite de Bayonne, dans les Pyrénées-Atlantiques, ont été dégradées au cours du week-end. Mardi, la dirigeante de la communauté juive locale a fait savoir qu’elle allait déposer plainte.
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Les dégradations ont été constatées par Déborah Loupien-Suares, présidente de la communauté israélite de l’agglomération de Bayonne-Biarritz, lorsqu’elle s’est rendue dimanche après-midi sur la tombe de ses grands-parents, a-t-elle indiqué à l’AFP, confirmant une information du quotidien Sud Ouest.
« Il y a des dégradations très importantes sur sept à dix tombes du cimetière, qui ont été ‘explosées' ». En plus des pierres tombales brisées et des caveaux éventrés, la plaque commémorative en l’honneur d’une petite fille déportée a été brisée, a-t-elle détaillé, exprimant son « indignation et [son] effroi ».
Mme Loupien-Suares a indiqué qu’elle allait porter plainte mardi auprès du parquet de Bayonne.
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« Il n’y a pas eu de tags ou d’inscriptions antisémites donc je ne veux pas enflammer le débat, je veux que l’enquête soit menée sereinement », a-t-elle souligné. Elle a toutefois suggéré que le cimetière juif pourrait avoir été ciblé, car elle est « allée voir dans le cimetière catholique qui est situé juste en face et qui est plus facile d’accès, mais il n’y avait pas de dégradations similaires ».
Le parquet a indiqué qu’une enquête de police était en cours et confirmé n’avoir « pas été avisé de tags antisémites ou d’inscriptions ».
Mme Loupien-Suares a précisé qu’elle s’était rendue au cimetière le vendredi 3 janvier, et qu’aucune dégradation n’était alors à déplorer. « Elles ont forcément eu lieu entre vendredi après-midi et dimanche », estime-t-elle.
Le maire de Bayonne Jean-René Etchegaray, qui s’est rendu sur place dimanche, a dit mardi sa « stupéfaction » et « grande peine ». Mais davantage qu’une « démarche idéologique », il veut « y voir un acte imbécile, inculte, qui traduit une certaine inconscience et auquel il ne faut peut-être pas donner plus de sens ».
Le préfet des Pyrénées-Atlantiques Eric Spitz s’est dit lundi soir « profondément choqué par ces profanations ». « Nous sommes très entourés par les autorités, a indiqué Mme Loupien-Suares. Mais c’est vrai qu’on n’est pas préparés à ce genre de choses. C’est la première fois que cela arrive à Bayonne, où la communauté juive est parfaitement intégrée depuis des années. »
Fin octobre, Bayonne avait été choquée par une attaque sur sa mosquée qui avait fait deux blessés, perpétrée par un sympathisant d’extrême droite, au discernement « partiellement altéré ». « Les événements se succèdent à quelques semaines d’intervalle, mais je ne veux pas y voir une tendance profonde de notre ville, qui a toujours été une ville de cohésion », a commenté M. Etchegaray.












