Le président de la République était interrogé par Anne-Sophie Lapix et Gilles Bouleau à l’Élysée ce mercredi. « Nous sommes dans une situation préoccupante qui justifie que nous ne soyons ni inactifs, ni dans la panique », a-t-il en premier lieu déclaré, avant de poursuivre en assurant « nous avons appris de la première vague ». Toutefois, ce virus qui a fait plus de 32 000 victimes en France « revient », « repart et re-circule très vite dans notre pays », a-t-il déclaré.
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« Il y a des formes très sévères de ce virus à tous les âges », a martelé Emmanuel Macron, annonçant que la moitié des patients actuellement en réanimation ont moins de 65 ans. « Il nous faut réagir », a-t-il dit, expliquant qu’il y a en ce moment en moyenne 20 000 cas par jour. Et d’ajouter : « Nos services de réanimation sont dans une situation de saturation qui n’est pas soutenable. »
« Nous n’avons pas de lit en réserve, de lit caché », a-t-il dit. Afin de « protéger la diffusion du virus » et « protéger le système de santé », a-t-il assuré, Emmanuel Macron a donc, comme la rumeur le laissait entendre depuis plusieurs jours maintenant, annoncé la mise en place d’un couvre-feu. « Notre objectif doit être de réduire les contacts privés qui sont les plus dangereux », a-t-il argué, avant d’en donner les contours.
L’objectif : continuer « la vie économique »
Celui-ci va s’appliquer à la région Île-de-France et à huit métropoles : Grenoble, Lille, Lyon, Aix-Marseille, Montpellier, Rouen, Saint-Étienne et Toulouse. Il durera de 21 heures à 6 heures et débutera à compter de ce samedi « zéro heure ».
Pour l’heure, ce couvre-feu est à l’œuvre pour quatre semaines. Le gouvernement souhaite qu’il soit étendu à six : « Le gouvernement est en mesure de le décider pour quatre semaines. Nous irons devant le Parlement pour pouvoir essayer de le prolonger jusqu’au 1er décembre », a-t-il expliqué. « C’est le temps qu’il me paraît utile », a annoncé le chef de l’État.
L’objectif de ce dernier est de continuer à « avoir une vie économique, fonctionner, travailler », a justifié Emmanuel Macron, et de « continuer à avoir une vie sociale mais en réduire les aspérités », a-t-il dit, expliquant que par conséquent, les bars, restaurants, théâtres ou encore cinémas devraient avoir fermé leurs portes à 21 heures.
Le président de la République a annoncé la réactivation du chômage partiel à 100 % pour les employeurs de tous les secteurs concernés. « Des dispositifs supplémentaires », vont être mis en place, a-t-il promis, assurant : « Je ne veux pas que [les concernés] tombent en faillite. » « On va améliorer l’accompagnement économique », a-t-il encore dit.
Le retour des attestations de sortie, mais pas de limitation des déplacements entre régions
Comme lors du confinement, Emmanuel Macron a annoncé que le système d’attestations allait être remis en place « pour ceux qui travaillent de nuit », « ceux qui rentrent du travail après 21 heures », « ceux qui ont des urgences, par exemple, sanitaires ».
« Il n’y aura pas d’interdiction de circuler, il y aura une stricte limitation aux bonnes raisons », a-t-il expliqué, annonçant qu’il y aurait des « contrôles » et des « amendes » d’un montant de 135 euros. En cas de récidive, « c’est 1 500 euros », a-t-il ensuite rappelé.
Et Emmanuel Macron de déclarer : « Je pense qu’on prend des mesures proportionnées. » L’offre de transport en commun sera « évidemment mobilisée », a-t-il annoncé : « Il n’y aura pas de restriction des transports. » « Nous n’avons pas décidé de réduire les déplacements entre les régions », a également déclaré Emmanuel Macron, car « nous ne voulons pas infantiliser », a-t-il dit, expliquant que les Français pouvaient donc prendre des vacances pour La Toussaint.
« C’est dur d’avoir 20 ans en 2020 »
« Pas plus de six personnes à table quand on invite des amis », a en outre ordonné le chef de l’État, ajoutant : « C’est dur d’avoir 20 ans en 2020. »
Concernant le télétravail, Emmanuel Macron a déclaré qu’il n’était « pas la panacée », arguant : « Dans la mesure du possible, on va plutôt inciter les gens, pour les emplois où c’est pertinent, à faire deux à trois jours de télétravail par semaine. »
Au sujet des tests, le chef de l’État a reconnu les couacs, concédant : « On a rencontré des vraies difficultés sur ce sujet. » Et de promettre : « On va changer les choses. » « On doit progressivement aller vers une stratégie tout le mois de novembre et en décembre : ‘tester alerter, protéger' », a-t-il dit, ajoutant : « On en a au moins jusqu’à l’été 2021 avec ce virus. »
Les tests antigéniques, dont les résultats pourront être connus et accessibles en une demi-heure, vont être développés, a-t-il en outre assuré. Le président a aussi annoncé le lancement de l’application Tous anti-Covid, la nouvelle version de Stop-Covid, qui sera présentée le 22 octobre.
Enfin, Emmanuel Macron a annoncé que les bénéficiaires du RSA et des APL auraient une « aide exceptionnelle » de 150 euros plus 100 euros par enfant pendant les six semaines à venir.












