“Ayez le courage de dire non” : Nicolas Hulot appelle à s’opposer au Ceta

“Ayez le courage de dire non” : Nicolas Hulot appelle à s’opposer au Ceta

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© PHILIPPE LOPEZ / AFP

L'ancien ministre de la Transition écologique demande aux députés français de ne pas ratifier l'accord commercial avec le Canada.

À la veille du vote pour la ratification du Ceta, l’accord de libre-échange entre l’Union européenne (UE) et le Canada, Nicolas Hulot prend la parole. Dans une lettre ouverte publiée sur le site de Franceinfo, il demande aux députés d’avoir “le courage de dire non” au traité, demain à l’Assemblée nationale.

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Le Ceta vise avant tout à faciliter les échanges de biens et de services entre l’UE et le Canada en réduisant les droits de douane. Signé en 2016 et ratifié début 2017 par le Parlement européen, l’accord doit être validé par les 38 assemblées nationales et régionales d’Europe, dont le parlement français, afin d’entrer en vigueur de façon définitive.

“Nous avons échoué”

Nicolas Hulot débute sa tribune par un mea culpa. Il revient sur les échecs qui ont rythmé son mandat de ministre de la Transition écologique et solidaire : “Le plan d’action, que j’ai moi-même endossé à l’automne 2017, n’a pas produit les résultats escomptés et les attentes légitimes n’ont pas été comblées. Nous avons échoué […].” Puis il attire l’attention sur la nébuleuse qui entoure les clauses du Ceta.

Pour permettre à des produits canadiens d’accéder au marché intérieur européen, le traité implique l’abaissement de certaines normes sanitaires. Ce serait la porte ouverte à la prolifération de substances dangereuses et de perturbateurs endocriniens, explique l’ex-ministre. Par exemple, des herbicides et pesticides interdits en UE, comme la clothianidine utilisée sur les pommes de terre au Canada, se retrouveraient dans notre chaîne alimentaire.

“Mais alors pourquoi et pour qui ratifier le Ceta ? Pourquoi maintenant ? Pas pour notre santé, pas pour nos agriculteurs ni pour le climat, on l’aura compris”, s’inquiète Nicolas Hulot qui rappelle que la mise en place du Ceta servirait surtout les intérêts des lobbies industriels. Et de conclure avec fermeté : “Demain, comme le voudraient tant de Français, ayez le courage de dire non. Faisons enfin preuve de cohérence.”

“Il y a le courage de dire et il y a le courage de faire”

Il n’a pas fallu longtemps pour que tombent les réactions des pro-Ceta. Interrogé par Franceinfo, Jean-Baptiste Moreau, éleveur de bovins et député La République en marche (LREM) de la Creuse, affirme que l’accord “contient un certain nombre de clauses qui permettent une meilleure protection de l’environnement et une meilleure prise en compte des normes”. Invité sur France Inter, Marc Fesneau, ministre chargé des relations avec le Parlement, a cherché à décrédibiliser son ancien confrère avec une pique reprise sur son compte Twitter.

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Depuis l’ouverture des débats dans l’Hexagone, le Ceta divise, à gauche comme à droite. Et du côté des Français ? Un récent sondage IFOP commandé par le journal Fakir révèle que 50 % des interviewés seraient favorables au Ceta quand 31 % s’y opposent et 19 % ne se prononcent pas.