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Après trois mois de relation, mon copain m’a “ghostée”

Publié le

par La Zep

Des déclarations d’amour à l’indifférence, Nairobi a subi pendant des mois les changements d’humeur de son copain, jusqu’à finir "ghostée".

Après trois mois de relation, mon copain m’a “ghostée”

Image d’illustration : © la ZEP

En troisième, un nouveau garçon fait son apparition dans ma classe. Je ne l’ai jamais vu auparavant. Il est nouveau, il ne connaît personne. Dans cette classe, je n’ai pas d’amis. Je préfère rester seule. Il vient me parler et quand il faut faire des groupes, il se met avec moi pour ne pas que je reste seule.

On commence à former un duo. On se parle tout le temps, que ce soit en classe, dehors ou sur les réseaux sociaux. Avant d’aller en cours, on s’attend toujours pour faire la route ensemble. Mes camarades de classe nous taquinent, nous disent qu’on s’aime en cachette, qu’il se passe forcément quelque chose. À force, ça devient chiant pour nous, parce qu’on est juste meilleurs potes. C’est tout. On a une forte complicité. Cela ne veut pas dire que l’on s’aime pour autant. Alors, on décide de les laisser parler.

Au début, tout est beau et rose

Pendant les vacances, on se parle en permanence sur les réseaux sociaux, on discute de tout et n’importe quoi. On cherche toujours un moyen de relancer la conversation. Je réalise que je l’aime. Je lui fais ma déclaration le 24 décembre 2020. Heureusement, c’est réciproque. Tout est beau, tout est rose. On se parle tous les jours, comme quand on était meilleurs amis, mais là on est en couple.

La rentrée arrive, j’ai à la fois peur et hâte de le retrouver. Peur qu’il change d’attitude face aux autres, hâte parce que je ne l’ai finalement pas beaucoup vu pendant les vacances scolaires. En classe, on se fait discrets pour ne pas être embêtés par les autres.

Il me laisse “vu sur vu”

Au bout du troisième mois de relation, son comportement change. Il commence à traîner avec d’autres filles et à moins me calculer. C’est moi qui dois toujours aller vers lui. Sur les réseaux sociaux, c’est pareil, il me laisse “vu sur vu”. Un fantôme. Je découvre un autre visage, complètement différent.

Un mec qui fait comme si je n’existais pas, et comme s’il était célibataire. Je lui fais part de ces changements d’attitude. Il s’énerve d’un seul coup : “Arrête de me casser les couilles.” Puis, me menace de me bloquer sur les réseaux sociaux. Il a changé d’humeur, d’un coup.

Je laisse couler. D’autres disputes apparaissent. Je lui demande ce qu’il se passe. Il m’assure que tout se passe bien et qu’il est toujours amoureux de moi. Bêtement, je le crois et j’acquiesce tel un toutou. Les jours suivants, il se comporte à nouveau “normalement” avec moi, répond à mes messages, m’envoie des Snaps. Je suis soulagée, sur le moment je me dis “ouf”. Mais ça ne dure pas…

Le dernier mois de notre relation

On fait notre premier bisou au bout du quatrième mois de relation. Le premier bisou de ma vie, me concernant. Je suis trop contente, et lui aussi. J’ai l’impression que notre relation évolue. Jusqu’à ce que je le voie traîner à nouveau avec des filles, alors même que lui m’interdit de parler à des mecs. Le culot.

Je lui explique que son attitude ne me convient pas. Il me répond que je suis trop jalouse. Puis, il fait à nouveau le mort pendant plusieurs jours. Je n’ai aucune nouvelle de lui sur les réseaux sociaux. Rien. Cette fois, je décide de ne pas aller vers lui. Une semaine passe, il m’envoie un Snap pour s’excuser et redevient “ normal ”, gentil, attentionné et doux avec moi. Je lui pardonne tout, je l’aime trop. Ça, c’est une leçon à retenir : ne jamais aimer une personne plus qu’elle ne t’aime parce que tu finiras par souffrir.

Le dernier mois de notre relation est celui de trop. Il ne me parle quasiment pas, il me laisse encore “en vu” sur Snapchat. Quand je le vois le lendemain à l’école, il fait comme si de rien n’était. Il se comporte normalement. Ça me fait péter des câbles. Il se fout clairement de ma gueule. Je ne dis rien. Il finit par mettre un terme à cette relation.

Les garçons, je m’en méfie

Il m’envoie ce message : “Tu parles toujours à des gars, ça me saoule. Je te quitte.” C’est évidemment faux. Il veut trouver une excuse pour me quitter. C’est dur de retourner en cours le lendemain, car il est dans ma classe. Il ne me parle plus. C’est comme si je n’existais plus à ses yeux.

Cette année, je suis au lycée. Lui, dans un autre. On s’est croisés lors d’une soirée. Il m’a parlé comme si de rien n’était, comme s’il ne s’était pas mal comporté, comme s’il ne m’avait pas ignorée durant l’été. Il a même eu le culot de draguer ma meilleure amie devant moi. De mon côté, c’est mort. Je ne lui parle plus. Cette histoire m’a rendue triste, je ne voulais même plus aller en cours.

Maintenant, je me méfie des gens et des garçons. J’ai encore du mal à m’en remettre et, pour l’instant, je ne veux pas d’une nouvelle relation avec un garçon. Je me concentre sur les cours, mais je ne perds pas espoir de trouver le bon.

Nairobi, 15 ans, lycéenne, Grande-Synthe 

Ce témoignage provient des ateliers d’écriture menés par la ZEP (la zone d’expression prioritaire), un média d’accompagnement à l’expression des jeunes de 15 à 25 ans, qui témoignent de leur quotidien comme de toute l’actualité qui les concerne.

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