Le célèbre guide gastronomique français Michelin a décerné lundi 68 nouvelles étoiles, dont une troisième à deux restaurants de l’ouest du pays : Le Coquillage de Hugo Roellinger et l’établissement éponyme de Christopher Coutanceau (deux ans après la lui avoir retirée). Ces deux promotions portent à 31 le nombre d’adresses triplement étoilées en France, après la rétrogradation il y a dix jours de la maison Georges Blanc à Vonnas (sud-est).
À voir aussi sur Konbini
Le palmarès a été dévoilé à Metz (est), lors d’un événement très attendu auquel ont été conviés tous les chefs étoilés de France ainsi que les futurs récompensés. Hugo Roellinger (Saint-Méloir-des-Ondes en Bretagne) et Christopher Coutanceau (La Rochelle) succèdent à Jérôme Banctel, chef du Gabriel à Paris, et Fabien Ferré, qui avait obtenu l’an dernier trois étoiles d’un coup pour la réouverture de La Table du Castellet (sud-est), un fait rarissime.
L’édition 2025 compte également neuf nouveaux restaurants deux étoiles, dont Maison Nouvelle de Philippe Etchebest à Bordeaux et trois tenus par des chefs japonais. Blanc de Shinichi Sato et Sushi Yoshinaga de Tomoyuki Yoshinaga à Paris remportent un deuxième macaron seulement un an après avoir décroché une première étoile, tandis que l’Abysse Monte-Carlo, à Monaco, de Yasunari Okazaki est distingué dès son ouverture.
Si, l’an dernier, aucune femme ne faisait partie du haut du palmarès, cette année le Michelin a récompensé d’une deuxième étoile la cheffe Fanny Rey et son compagnon pâtissier Jonathan Wahid pour leur restaurant l’Auberge de Saint-Rémy, à Saint-Rémy-de-Provence (sud), ainsi que l’établissement Rozó à Marcq-en-Baroeul (nord), tenu par le chef Diego Delbecq et sa compagne pâtissière Camille Pailleau.
Un nombre record de 57 nouveaux restaurants obtiennent par ailleurs un premier macaron, dont 28 qui n’étaient auparavant pas recommandés par le guide rouge. Au total, la sélection du Michelin recommande désormais 654 tables étoilées (31 trois étoiles, 81 deux étoiles et 542 une étoile) réparties à travers toute la France. Pour ne pas gâcher les festivités, les rétrogradations avaient été annoncées en amont. Cette année, pas de tempête médiatique à la Marc Veyrat en 2019 ou à la Guy Savoy en 2023 mais la perte de la troisième étoile pour la maison Georges Blanc, après 44 ans au sommet.
Les festivités avaient commencé dimanche soir, avec un match de football opposant des chefs étoilés, parmi lesquels Fabien Ferré, qui a obtenu l’an dernier trois étoiles d’un coup pour la réouverture de la Table du Castellet (sud-est), les frères doublement étoilé Gaël et Mickaël Tourteaux ou encore le triplement étoilé Arnaud Donckele, face à des anciens du l’équipe professionnelle FC Metz, dont le champion du monde Robert Pirès, avant un dîner des chefs réunissant professionnels et journalistes.
Autant décrié que respecté et craint par les chefs, le Michelin fait toujours la pluie et le beau temps sur la gastronomie mondiale. « C’est clairement le seul guide que tout le monde cite en référence », estime Rémi Dechambre, journaliste gastronomique au Parisien Week-end. « Malgré lui, et avec lui, (le Michelin) incarne la gastronomie française », souligne Estérelle Payany, critique culinaire chez Télérama.
« Il y a de plus en plus de chefs qui s’en méfient et qui s’en défient, parce que le guide Michelin conserve son opacité, qu’il fait des choix parfois un peu étonnants. Mais il n’en demeure pas moins que ça reste le maestro de la gastronomie française en termes de classement », estime de son côté Franck Pinay-Rabaroust, rédacteur en chef du média culinaire « Bouillant(e)s ». Créé en 1900 par les frères André et Edouard Michelin à destination des automobilistes, le guide Michelin est aujourd’hui présent en Europe, en Asie, en Amérique du Nord et du Sud, et se décline dans plus de 50 destinations












