C’est l’une des grandes curiosités de l’été, un an après un été 2024 faste (Euro, JO) et alors que se profile, en 2026, le prochain Mondial. Pour son édition 2025, et alors qu’elle était jusqu’ici reléguée en arrière-plan dans l’intérêt des fans de foot, la Coupe du monde des clubs, qui aura lieu du 14 juin au 13 juillet prochain, s’est offert un lifting spectaculaire pour tenter de s’imposer sur le devant de la scène. Et si, assurément, il ne sera pas simple pour elle de rivaliser d’importance avec les grandes compétitions historiques, la Coupe du monde des clubs a fait en sorte de mettre un maximum d’arguments de son côté pour séduire.
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Nouveau format, plateau sexy
Avant toute chose, un petit point historique : la Coupe du monde des clubs n’est factuellement pas une nouvelle compétition. Créée en 2000, elle avait pris la suite de l’ancienne Coupe Intercontinentale à partir de 2005, avec un format qui regroupait chaque année les vainqueurs des 6 confédérations (UEFA, CONMEBOL, CONCACAF, CAF, AFC, OFC) et le champion du pays hôte.
À partir de 2025, la compétition va donc passer en mode « Coupe du monde » sur un format bien connu avec 32 équipes et 8 groupes de 4, avec les deux premiers de chaque groupe qualifiés pour les 8e de finale. Pas de match aller-retour. Avec donc 63 rencontres au total. Autre nouveauté, la compétition aura lieu non plus tous les ans mais tous les quatre ans.
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La qualification des 32 équipes (12 équipes européennes, 6 équipes sud-américaines, 4 nord-américaines, 4 africaines, 4 asiatiques, une d’Océanie et une équipe du pays hôte) s’est établie principalement sur deux critères : une place pour chacun des vainqueurs des quatre dernières compétitions majeures de chaque continent, puis le classement continental pour les confédérations ayant un nombre de places le permettant. A noter que deux équipes maximum par pays peuvent participer. De quoi offrir un plateau de rêve puisqu’hormis peut-être le FC Barcelone (qui paye ses résultats mitigés sur la scène européenne sur la période de sélection, entre 2021 et 2024), et Liverpool (qui paye la limite des 2 clubs maximum par pays), les meilleures équipes d’Europe seront là.
Une stratégie agressive
Nous aurons donc un line-up assez séduisant… quand bien même un tantinet orienté. En effet, la présence de l’Inter Miami en qualité d’équipe hôte aurait de quoi faire sourire puisque sur la période requise, le club n’a remporté aucune compétition continentale, ni même la MLS. Mais question business et rayonnement, la présence de la franchise de David Beckham où évolue actuellement Lionel Messi était une aubaine à saisir pour le président de la FIFA, Gianni Infantino, à l’heure de mettre la Coupe du monde des clubs dans les meilleures dispositions pour conquérir son public. Et le gain par l’Inter Miami du « bouclier des supporters » 2024, qui récompense symboliquement la meilleure équipe de phase régulière en MLS, est tombé à pic pour justifier l’incruste.
Dans la même idée, et conscient là-encore de l’impact potentiel auprès des sponsors, des diffuseurs et du public, Infantino a récemment plaidé pour qu’un des clubs participants recrute Cristiano Ronaldo, dont l’aventure avec le club saoudien d’Al-Nassr va prendre fin dans quelques jours. Ce souhait, Infantino l’a formulé sur la chaîne Twitch de IShow Speed, un influenceur à la portée mondiale et qui confirme l’intention de la FIFA de conquérir un public international, jeune et tourné vers le numérique.
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La présence des deux GOAT est un enjeu parmi les enjeux, au cœur d’une stratégie de conquête agressive. En effet, la Coupe du monde des clubs sera disponible gratuitement sur DAZN pour cette première édition, histoire de rendre la compétition la plus accessible possible et de contribuer à l’installer le plus efficacement possible. Et preuve du potentiel d’audience de la compétition, TF1 a annoncé début mai qu’elle diffuserait deux rencontres de la compétition : le premier match du Paris SG, nouveau champion d’Europe, face à l’Atlético de Madrid le 15 juin, ainsi que la finale, le 13 juillet.
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Mais toute cette stratégie n’aurait de sens qu’avec la garantie d’un spectacle à la hauteur de la mise en valeur du produit. Et pour cela, il fallait avant toute chose, s’assurer que les clubs prennent ce tournoi au sérieux en y amenant leurs meilleurs joueurs. Avec un prize money d’un milliard de dollars, à répartir entre les 32 équipes (avec 475 millions au titre de la participation, et 525 au titre de la performance), la FIFA a dégainé son argument d’adhésion le plus efficace. Tout simplement « la plus grosse dotation jamais attribuée à une compétition comprenant une phase de groupes et une phase à élimination directe », soulignait Gianni Infantino lui-même dans un communiqué en mars dernier.
Quant à la logistique et l’organisation, le choix des États-Unis comme pays hôte présente un double intérêt. D’abord, permettre au pays une sorte de « warm-up » à douze mois d’accueillir la Coupe du monde des nations (passée à 48 participants). Mais aussi (surtout ?), pouvoir s’appuyer sur le potentiel d’entertainment des États-Unis. Un aspect loin d’être anodin quand on sait que Gianni Infantino, encore lui, évoquait récemment la possibilité dans le futur d’un show façon Super Bowl pour la finale du Mondial. Cette nouvelle compétition peut permettre de donner le ton et voir les marges d’évolution possibles en termes de divertissement, autour et pendant les matchs. Attention toutefois, car malgré de réels progrès depuis quelques saisons, l’affiliation culturelle entre les États-Unis et le football n’est pas aussi évidente que cela. Ainsi, et à quelques jours du début de la compétition, beaucoup de billets, y compris pour le match d’ouverture, restaient disponibles à la vente, et certaines baisses de prix spectaculaires laissent craindre une audience en deçà des attentes.
Des victimes collatérales
Le nouveau joujou de la FIFA doit mettre absolument tous les atouts de son côté, et il fallait pour cela lui laisser un maximum de place. Et qu’importe si cela doit se faire au détriment d’autres compétitions pourtant bien plus ancrées. C’est ainsi que la Coupe d’Afrique des Nations initialement prévue à l’été 2025 a été décalée de 6 mois (elle se jouera finalement en décembre 2025-janvier 2026) afin de ne pas entrer en collision avec la Coupe du monde des clubs.
Question calendrier, là-encore, il y a de quoi s’interroger, à l’heure où les cadences et la santé des joueurs font l’objet de nombreux questionnements. Au-delà du risque de saison à rallonge pour les plus sollicités d’entre eux, c’est surtout une année de « vacances » qui saute avec l’insertion de cette Coupe du monde des clubs dans le calendrier. Jusqu’à présent, les joueurs internationaux de premier plan pouvaient prétendre à un été de repos complet toutes les deux saisons environ (le Mondial et l’Euro ont lieu tous les 4 ans sur les années impaires uniquement, la Copa America également, depuis 2021). L’une des deux années vacantes sera désormais occupée par la Coupe du monde des clubs, ce qui ne leur laisse théoriquement plus qu’une seule année sur quatre sans compétition estivale. Des considérations qui semblent bien relatives au vu des enjeux car pour la FIFA, l’essentiel est évidemment ailleurs avec l’obligation de frapper fort dès maintenant pour s’implémenter dans l’esprit (et dans le cœur ?) de fans désormais habitués à consommer le football de façon quasi quotidienne. En théorie, tout est là pour que ça marche. Désormais, place à la pratique.












